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Le Journal
Volume 33 - numéro 12 - 1er juillet 2001

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Compte rendu des activités de formation

Apprivoiser les forces du stress

Jean Breton

Les mots « vigilance » et « conscience » sont revenus sans cesse au cours de la conférence sur le stress, donnée par le docteur Serge Marquis à l'invitation du Programme d'aide aux membres du Barreau du Québec (PAMBA). Deux mots essentiels pour commencer à se protéger contre le stress au quotidien.

(Photo: Réjean Meloche)Le stress  n'est pas une mauvaise chose en soi, explique le docteur Serge Marquis, spécialiste  en médecine communautaire et consultant dans le domaine de la santé  mentale au travail. « Il s'agit en fait d'une réaction organique  qui prépare le corps au passage à l'action. C'est lorsqu'elle  ne joue pas son rôle que la réaction devient nocive, lorsqu'elle  se maintient trop longtemps ou qu'elle se répète trop fréquemment  sans qu'il y ait mobilisation de la personne qui l'éprouve. »
(Photo: Réjean Meloche)Le stress n'est pas une mauvaise chose en soi, explique le docteur Serge Marquis, spécialiste en médecine communautaire et consultant dans le domaine de la santé mentale au travail. « Il s'agit en fait d'une réaction organique qui prépare le corps au passage à l'action. C'est lorsqu'elle ne joue pas son rôle que la réaction devient nocive, lorsqu'elle se maintient trop longtemps ou qu'elle se répète trop fréquemment sans qu'il y ait mobilisation de la personne qui l'éprouve. »

Le stress n'est pourtant pas une mauvaise chose en soi. Selon le Dr Marquis, spécialiste en médecine communautaire et consultant dans le domaine de la santé mentale au travail, il s'agit d'une réaction organique, issue d'une sagesse primitive, qui prépare le corps au passage à l'action. Cette réaction d'alarme est tout à fait saine. C'est lorsqu'elle ne joue pas son rôle qu'elle devient nocive, lorsqu'elle se maintient trop longtemps ou qu'elle se répète trop fréquemment sans qu'il y ait mobilisation de la personne qui l'éprouve.

« Vais-je en mourir? »

Avec tout le talent d'un grand communicateur, le Dr Marquis a bien établi la différence qui existe entre le stress salutaire, celui qui nous permet de rester en vie ou de maintenir notre équilibre, et celui qui, de plus en plus, empoisonne nos existences. Il était difficile de ne pas se reconnaître dans ces portraits de « stressés » qui supportent de moins en moins les contrariétés d'une journée de travail « normale »: un réveille-matin qui ne sonne pas, un feu rouge persistant, un appareil récalcitrant, un ascenseur qui se fait trop attendre, etc.

Vigilance. Prise de conscience. Une fois que cela est fait, la question qu'il faut se poser est: « Vais-je en mourir? », histoire de prendre du recul, de « décrocher », dit-il non sans une pointe d'humour.

Prendre son temps

Parmi les changements importants qui ont entraîné un accroissement du stress quotidien, le Dr Marquis a attiré l'attention de ses auditeurs sur le développement des technologies de l'information qui, d'une façon ou d'une autre, ont bouleversé notre rapport avec le temps. Le télécopieur, par exemple, a créé l'illusion de l'instantanéité des communications entre les personnes et un sentiment d'urgence qui nous transforment intérieurement et modifient nos relations avec les autres. D'après lui, il est essentiel de « réharmoniser » notre rapport au temps, de récupérer notre pouvoir d'attention, notamment en prenant des pauses là où il est impossible de faire autrement: à un feu rouge, devant un ascenseur ou en attendant le métro.

Respirer

Rappelant qu'il faut donc se donner du temps ­ et surtout s'accorder le droit à l'erreur ­ pour changer ses mauvaises habitudes, le Dr Marquis a proposé différentes avenues pour gérer le stress nuisible.

Tout d'abord, il est possible d'agir sur le plan physique pour calmer une réaction de stress. La respiration profonde, l'automassage des différents points du visage et l'autohypnose possèdent des vertus relaxantes que les participants à l'atelier ont d'ailleurs eu l'occasion d'expérimenter. Ces techniques sont simples et, avec un peu d'entraînement, deviennent des réflexes qui se déclenchent à point nommé dans les situations qui ont tendance à taper sur les nerfs.

Sur le plan psychologique, il y a lieu aussi d'être vigilant et « de faire la distinction entre les menaces que nous imaginons, que nous anticipons, et les menaces bien réelles ». Car le cerveau, lui, ne fait pas cette différence et, dans les deux cas, se met en position d'attaque ou de défense.

Identifier ses sources de stress

Le Dr Marquis a insisté ensuite sur l'importance de faire une « mise au point » de notre vie en identifiant les différentes sources de stress qui affectent les personnes.

Pour se faciliter la tâche, il suffit de dresser un tableau qui compte trois colonnes. Dans la colonne de gauche, on indique nos sources de stress au travail, dans les loisirs, la vie personnelle, la vie familiale et les finances personnelles. Dans la colonne de droite, on dresse une liste des sources de plaisir dans les mêmes catégories. Ici, il faut commencer à se poser des questions si, par exemple, on ne trouve rien à écrire sous la rubrique « Sources de plaisir au travail »... La colonne du centre, elle, est réservée au « passage à l'action »: on y inscrit les pistes de solution pour résoudre le problème que constitue chaque source de stress identifiée.

Et si on n'arrive pas à formuler de solution à telle ou telle source de stress? Il est peut-être temps alors de demander de l'aide!

Se positionner

En conclusion, le Dr Marquis a partagé ses réflexions sur la solution des conflits interpersonnels, ces désaccords générateurs de stress intense où les émotions occupent une place importante. Selon lui, il faut d'abord cesser de croire que nous avons le pouvoir de changer les autres. Au « tu » accusateur du « tunnel à conflit », il a opposé le « je » qui se positionne pour établir un « espace relationnel », un dialogue. Ainsi, une phrase aussi simple que « Je ne me sens pas bien à ce sujet » pourrait faire toute la différence si on trouvait seulement le courage de la prononcer...

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