ATTENTION : Les archives du Journal du Barreau vous sont présentées telles qu'elles ont été déposées sur le Web au moment de leur publication. Il est donc possible que certains liens soient non fonctionnels et que certains renseignements soient périmés.
Pour toute question ou commentaire concernant le journal, communiquez avec journaldubarreau@barreau.qc.ca
Le Journal
Volume 33 - numéro 12 - 1er juillet 2001

ACTUALITÉ JURIDIQUE
Un air de déjà vu!
L'UdM et les HÉC s'associent
BARREAU DE MONTRÉAL
La justice a bonne mine...
CHRONIQUES
AUTOROUTE DE L'INFORMATION
RECENSIONS JURIDIQUES
PROPOS DU BATONNIER
RESPONSABILITÉ PROFESSIONNELLE
PARMI NOUS
JUSTICE ET SOCIÉTÉ
ÉTYMOLOGIE JURIDIQUE
COLLOQUES, CONFÉRENCES, SÉMINAIRES...
L'art de la plaidoirie civile
L'enseignant: un modèle pour la société
Un droit... en construction
CONGRÈS 2001
Le courtage immobilier
Femmes et profession juridique
Le coût économique de la rupture
Les principaux signets juridiques
Apprivoiser les forces du stress
La mondialisation des marchés
Votre client songe au suicide?
Frais et sursis en droit criminel
Droit national et bijuridisme canadien
Mondialisation et démocratie
Chasseurs d'empreintes
Le e-government et le droit de l'énergie
Provision pour frais et garde conjointe
Informatique et responsabilité professionnelle
L'incorporation des bureaux d'avocats
Le droit d'auteur
ENTREVUE
Mondialisation, nouvelles technologies et pratique du droit au Canada
PAMBA
PAMBA élargit son champ d'action
TRIBUNE LIBRE
On Canada's sanctions against Brazil

Mariage, divorce et démariage

Isabelle Huard

La saison estivale est souvent propice aux célébrations du mariage. Toutefois, l'envers de la médaille démontre qu'au Québec, c'est plus de 17 000 couples qui divorcent à chaque année. Le droit familial représente environ 60 % à 75 % des causes entendues en Cour supérieure et ce, à travers la province.

Voyons donc les origines et les significations linguistiques des mots mariage, divorce et démariage.

Mariage

Le verbe « marier » a eu plusieurs sens et plusieurs constructions: en beaucoup de pays de l'Antiquité grecque, les lois faisaient du mariage une obligation. Ces lois ordonnaient même dans certains cas l'union entre proches parents, même entre frères et sœurs. À l'origine, au XIIe siècle, « marier » signifiait donner sa fille en mariage. Mais bien vite, le verbe prit d'autres sens: « marier quelqu'un » c'était l'épouser.

Au niveau du droit ancien, on parlait de mariage inégal lorsqu'il y avait union entre noble et roturier. Ces mariages étaient valables mais les conventions portées au contrat pouvaient être annulées. Autrefois, on faisait également mention de mariage par paroles de présents, qui était déclaré devant notaire en cas de refus du curé de le célébrer.

Divorce

L'histoire du mot illustre bien la différence entre un mot et une chose. Par exemple, sous l'ancien régime français, le mot divorce existait, mais pas la chose, impossible, interdite: la première Loi sur le divorce date de la Révolution française, votée rapidement le 20 septembre 1792.

Il est pertinent de souligner quelques particularités linguistiques du mot divorce, et en particulier du verbe divorcer. Premier étonnement, le verbe divorcer n'est pas pronominal, on ne devrait pas dire se divorcer. On dit se marier et à l'inverse, on dit se désunir, se séparer, s'éloigner, se fâcher, etc. Divorcer est donc une exception.

La tournure se divorcer n'existe donc pas en français contemporain, bien qu'on l'entende encore au Québec.

En ancien français d'ailleurs, on parlait d'un mariage divorcé, au sens de mariage cassé, rompu devant l'autorité civile qui l'avait prononcé (ce terme ne pouvait toutefois s'appliquer qu'à l'histoire antique).

Démariage

Le démariage est une procédure ne faisant intervenir ni avocat ni magistrat qui permettrait d'annuler un mariage civilement dans les cas où les époux seraient d'accord sur tous les points de leur séparation. Le mariage, actuellement, est un contrat, et le divorce un jugement, prononcé par un juge aux affaires matrimoniales. Le mot démariage, avec son préfixe « dé », est la symétrie du mariage et délie ce qui a été lié.

Ce mot de démariage semble être un néologisme, mais pas exactement puisqu'il existait déjà en ancien français pour évoquer la rupture d'un mariage. D'ailleurs, il a perduré longtemps dans la culture maraîchère: le démariage consistait à éclaircir les plants pour ne laisser en place que les plus beaux. Autre intérêt du démariage: la symétrie est également syntaxique puisqu'« on se marie, on se démarie », alors qu'il faut encore divorcer, et non se divorcer.

Le tout rappelle un proverbe espagnol affirmant que « Ceux qui sont mariés sont nombreux et ceux qui se repentent de s'être mariés ne le sont pas moins. »

Sources: Site Internet d'Éducaloi (www.educaloi.qc.ca), Larousse du XXe siècle, site Internet de Parler au quotidien, site Internet de proverbes et citations (www.multimania.com/suisse/proverbes.htm)

Retour au site Web du Barreau du Québec