Près de 950 finissants des facultés de droit ont pris cette année le chemin de l'École du Barreau. Les centres de formation professionnelle de Montréal, Québec, Sherbrooke et Ottawa ont accueilli leurs étudiants, le 22 août dernier, par une cérémonie officielle marquant le début de cette dernière étape qui doit les préparer à l'exercice de la profession. Elle a pour but de présenter le rôle du Comité de la formation professionnelle, les principales activités de la formation ainsi que les services offerts par l'École.
Malgré une atmosphère amicale et détendue, on pouvait presque palper, dans la grande salle du palais de justice de Montréal, les appréhensions et la nervosité qui émanaient des quelque 250 bacheliers en droit présents sur les 500 nouvellement admis au Centre de Montréal. Tous espèrent ardemment devenir avocats et avocates!
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« (...) notre profession a besoin de votre jeunesse et du renouveau que vous lui apporterez », de dire le bâtonnier Francis Gervais, venu accueillir les étudiants du Centre de Montréal |
« Je vous souhaite tous de réussir car notre profession a besoin de votre jeunesse et du renouveau que vous lui apporterez », s'est exclamé le bâtonnier Francis Gervais avant de présenter l'invité d'honneur de la cérémonie, Pierre A. Michaud, juge en chef du Québec.
Le juge Pierre A. Michaud |
C'est avec sagesse et humour que le juge Michaud s'est adressé à l'auditoire. Il a brièvement rappelé le contexte qui prévalait lorsque lui-même s'est présenté aux examens du Barreau, au début des années 1960. L'examen, qui s'étalait sur deux jours, « du matin à la tombée du soleil », portait sur la matière au programme durant les quatre années d'études de droit et se passait sans l'aide de codes ou de notes de cours.
« Le taux d'échec était assez élevé, de se rappeler le juge en chef. La lecture des journaux me laisse comprendre que le taux d'échec est encore, aujourd'hui, bien élevé malgré tous les changements apportés. Une chose est certaine, pour reprendre l'expression d'un instructeur du Canadien: Y'en aura pas de facile!, a lancé le juge en chef à la cohorte de jeunes juristes, pour qui les six examens du Barreau constituent autant de buts à compter.
Puis, le juge Michaud a tenu à livrer quatre messages fort judicieux, tant pour les futurs membres du Barreau, que pour ceux déjà admis: cultivez la cordialité dans vos rapports avec vos collègues, vos professeurs et tous ceux et celles avec qui vous aurez à traiter; donnez l'heure juste à votre client, donnez l'heure juste au juge, à vos collègues et à tous ceux avec qui vous avez des rapports professionnels; ne vous limitez pas à la confrontation: soyez imaginatifs, créatifs et pratiques; enfin, impliquez-vous dans les affaires du Barreau. « Il n'y a pas de mission plus exaltante que la défense des droits et intérêts des personnes. Bref, l'idéal de justice que nous devons poursuivre mérite tous les efforts », a conclu le juge en chef.
Le Comité de la formation professionnelle, présidé par Me François Fontaine, est responsable de l'École du Barreau du Québec et s'assure de la compétence des nouveaux membres du Barreau. Les activités de la formation professionnelle supervisées par le Comité comprennent trois volets: la synthèse des connaissances juridiques acquises, le développement des habiletés pratiques, pierre angulaire des activités de l'École, et le stage.
Avant d'en faire le tour, la vice-présidente du Comité, Me Nicole Gibeau, a mis les pendules à l'heure, rappelant à tous les détenteurs d'un baccalauréat en droit que l'accession à la profession d'avocat était un privilège. Elle a insisté sur le fait qu'en sortant de l'université tous n'ont pas le même bagage de connaissances mais que tous devront donner un sérieux coup de barre pour atteindre leurs objectifs à l'École du Barreau. « Assistez aux cours. Profitez de toute la compétence professionnelle au sein de cette grande famille qui vous accueille. C'est une année de transition entre les aspects intellectuels acquis à l'université et ceux de la pratique. Prenez-moi au sérieux et ne ratez pas cette chance! Je ne suis pas alarmiste, je suis pratique », a fait valoir la vice-présidente avec beaucoup de conviction.
Président du Sous-comité du programme et professeur à l'École depuis sept ans, Me François Bousquet a commenté les outils mis à la disposition des étudiants pour réussir leur année scolaire. Le programme comprend en tout 11 secteurs d'enseignement dispensé selon trois méthodes: des exposés théoriques, des séminaires pratiques et des séances individuelles obligatoires d'évaluation formative.
Sept secteurs de droit substantif sont appuyés par la Collection de droit, dont la réputation n'est plus à faire. Au soutien des quatre autres secteurs, la Collection des habiletés constitue un ouvrage de doctrine unique sur les habiletés professionnelles, soit Rédaction, Consultation, Négociation et Représentation. Enfin, des guides d'activités pour chacun des secteurs font office de véritables clients « virtuels ».
« Considérez dès à présent que vous faites vos premiers pas dans la profession », a insisté Me Bousquet en prévenant en outre les étudiants que faire son Barreau à temps partiel n'était pas précisément une bonne idée!
Puis la directrice du Centre de Montréal, Me Lyse Tremblay, a glissé un clin d'œil à ses étudiants, histoire de les détendre un peu. En effet, elle a invité Me Sylvain Lussier et son alter ego, Sol, à présenter un monologue sur l'étude et la pratique du droit. Un tour d'horizon croustillant des souvenirs de Sol à la « Fatuité du droit », notamment ceux de son cours de « droit prostitutionnel ».
Habituée de clore la cérémonie d'accueil, Me France Mainvillle, responsable des services aux étudiants et des stages, a annoncé de bonnes nouvelles: plus de 200 offres de stage sont déjà affichées à l'École. « Ces dernières années, on a beaucoup développé le marché des cabinets d'entreprise et celui des stages à l'étranger. Prenez votre temps pour trouver le stage qui vous convient. Il y a énormément de possibilités », a-t-elle annoncé aux futurs stagiaires.
Le message à retenir de cette journée d'accueil est clair. Vous rêvez de devenir avocat et avocate: l'École du Barreau vous accueille et vous aide à réaliser votre rêve. Donnez-vous votre chance: travaillez très fort, regardez du côté des codes et des lois et persévérez!
Outre Montréal, c'était également la rentrée dans les centres de Québec, Sherbrooke et Ottawa.
À Québec, sous le thème L'année à L'École du Barreau: un défi surmontable, un peu moins de 200 étudiants ont fait leur entrée au Centre de formation. Pour les accueillir, on retrouvait Me Catherine La Rosa et Me Errrol Payne, membres du Comité de la formation professionnelle, le juge Louis Marie Vachon et Me Mabel Dawson, directrice du Centre de Québec.
Le Centre de Québec a voulu cette année mettre l'accent sur le rôle des étudiants, explique Me Dawson. « Cela permet aux étudiants de réaliser que s'il survient un accident de parcours, ce n'est pas fatal », souligne la directrice du Centre de Québec. Et pour en faire foi, deux stagiaires, Francine Gagnon et Véronique Bruno, et un ex-représentant de classe, Danny Galarneau, sont venus témoigner de leur expérience. Me Véronique Sinclair Desgagnés, avocate en pratique privée depuis cinq ans, a pour sa part livré son point de vue sur l'importance de la formation pour l'intégration réussie du nouvel avocat sur le marché du travail.
En Estrie, l'accueil de quelque 120 étudiants admis à l'École du Barreau s'est déroulé en présence du doyen Louis Marquis, de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke, Me Carleton Monk, membre du Comité de la formation professionnelle, Me Claude Leblond, responsable du secteur Droit pénal, et Me François Tôth, directeur du Centre de Sherbrooke.
Chacun a rappelé l'importance d'acquérir, durant cette année scolaire, la synthèse des connaissances apprises à l'université, notamment à décloisonner les champs de connaissance pour aborder globalement un problème.
Enfin, à Ottawa, un peu plus d'une centaine d'étudiants ont fait leur entrée à l'École du Barreau. Le doyen Louis Perret, de la Faculté de droit, Section de droit civil, de l'Université d'Ottawa, Me Charles Belleau, membre du Comité de formation professionnelle, et Me Jean-Paul Osborne, directeur du Centre, ont présenté le programme de l'année à un groupe d'étudiants particulièrement enthousiastes. Me Pierre Dallaire, ex-bâtonnier de la section de Hull, a par la suite partagé son expérience en pratique privée. (L. V.)