Montesquieu a donné une définition célèbre du mot loi : « Les lois sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses. » C'est en espagnol que la première apparition du mot loi (lei) a lieu au Xe siècle. Provenant du latin lex et legis, le mot possède plusieurs sens dans la langue juridique.
Au sens matériel, la loi désigne une règle générale ou obligatoire dans une société donnée et sanctionnée par la force publique. Au sens formel, la loi s'oppose d'abord à la coutume et dans un sens plus strict encore, la loi, ordre émanant du pouvoir législatif, s'oppose aux règlements émanant du pouvoir exécutif.
Du fait que la loi apparaît comme une règle impérative imposée à l'homme de l'extérieur, celui-ci peut facilement oublier que la première loi est celle qu'on se donne à soi-même, celle que Kant appelait « la loi morale ».
Examinons donc l'intéressante structure de ce mot. Que l'on parle de law, de gesetz, de lei ou de legge, la loi (la façon générique de désigner l'ensemble des lois) est censée être la même pour tous et être faite avant d'avoir à s'appliquer.
Historiquement, ce mot de loi, avant de s'attacher au droit, s'applique d'abord à un domaine religieux: c'est ce qui est imposé à l'Homme par la divinité. Puis, le mot se laïcise au fil des siècles et la loi désigne l'ensemble des règles qui régissent une société. Au Moyen Âge, et d'après les coutumes normandes, on fait référence à la « loi probable et montrable » lorsqu'un jugement est obtenu d'un tribunal laïque à partir du serment de témoins. À cette même époque, on désigne comme « loi vilaine » la loi qui régit les gens de campagne.
En droit ancien, et encore aujourd'hui, la loi (lex) est représentée sous les traits d'une femme la tête ceinte d'un diadème, un sceptre à la main et appuyant son autre main sur un livre de jurisprudence (codex).
Plusieurs expressions significatives sont formées autour du mot. On peut songer à l'expression familière « faire la loi », qui signifie tout commander, tout régenter, tout décider ou encore à la « loi de la gravitation », qui renvoie à la chute des corps en physique, ou bien à la « loi du plus fort », expression qui s'emploie simplement pour constater ou déplorer que le plus faible a dû céder la place. Aussi, la « loi de la jungle », qui est plus féroce, évoque un monde dangereux, sans pitié, où chacun lutte pour sa survie, mais où tous les coups sont permis. C'est encore la « loi de la nature », par ses règles constantes, qui nous contraint le plus: car tous les phénomènes se reproduisent toujours, et ce, dans des circonstances identiques... mais attention à la « loi du talion » qui édicte pour le coupable une peine égale au crime qu'il a commis: œil pour œil, dent pour dent !
Sources : Site internet de « Parler au quotidien » (CNDP), l'encyclopédie de l'agora, Larousse du XXe siècle.
* Détentrice d'une maîtrise en Études littéraires de l'UQAM, Isabelle Huard est enseignante.