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Le Journal
Volume 33 - numéro 4 - 1er mars 2001

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L'excellence passe par... le portail!

Ronald Montcalm
Ronald Montcalm La recherche de l'excellence est longue, jamais vraiment terminée. Pour nous, avocats et avocates, quel que soit notre milieu de pratique, elle passe par la volonté de mieux servir notre clientèle. Pour le Barreau, elle passe par le souci de fournir à ses membres les outils, l'environnement le plus propice à l'exercice de la profession.

En 1996, le Barreau s'est doté d'une orientation de complète ouverture sur le monde et sur les technologies de l'information par l'adoption de son important Rapport sur la pratique du droit et l'avenir de la profession <www.barreau.qc.ca/opinions/memoires/1996/avenirprofession.pdf>. C'est le scénario Singapour, on s'en souviendra, c'est-à-dire celui de l'adaptation, par opposition au Statu quo et au « protectionnisme » du scénario Albanie. D'ailleurs, je suis particulièrement fier d'affirmer que des représentants de l'American Bar Association ont cité, l'année dernière, le scénario Singapour du Barreau du Québec comme exemple à suivre concernant l'avenir de la profession. Ce texte a fait l'objet de nombreuses discussions au sein des instances du Barreau et ce processus de réflexion a connu plusieurs aboutissements.

L'un de ces aboutissements a été la construction de l'Internet du milieu juridique québécois, avec le site web et le début de la construction d'une bibliothèque virtuelle du droit, avec le soutien de la Fondation du Barreau. Parallèlement, le Barreau a initié il y a quelques années un plan d'achat d'équipements informatiques pour ses membres, tout en élaborant des cours d'initiation et de perfectionnement en informatique. Ajoutons que le Barreau participe aussi, avec les barreaux d'autres provinces, à l'élaboration d'une infrastructure de certification de signatures électroniques, sous l'égide de la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada. Le Barreau est également partie prenante au développement de CANLii, un réseau canadien de diffusion de l'information juridique. Enfin, la concrétisation du Réseau unifié de l'information juridique du Québec, héritier du Réseau des bibliothèques de droit, viendra compléter cette orientation vers l'avenir.

Un élément plus récent s'ajoute aux efforts du Barreau en matière de technologies de l'information. L'été dernier, nous nous sommes interrogés sur l'opportunité et le besoin de doter le Barreau d'une stratégie de portail. Qu'est-ce donc qu'un portail? Suivant une définition proposée par le Gartner Group, un portail est un endroit unique sur Internet où se rendent les internautes pour satisfaire leurs besoins « informationnels » et « transactionnels ». Un tel portail peut être générique ou horizontal (comme Yahoo, par exemple) ou spécifique à une industrie ou à une clientèle (comme WebMD, par exemple). Pour l'industrie des services juridiques, c'est ce dernier modèle qui conviendrait, mutatis mutandis: un portail dit vertical.

Pourquoi un portail? D'une part, nous avons constaté avec intérêt que la majorité des sections ont déjà mis sur pied leur propre site, la plupart « informationnels », mais certains « transactionnels » à divers degrés. D'autre part, nous sommes conscients de plusieurs initiatives publiques et privées dans ce domaine, tant locales que nationales et internationales, initiatives heureuses mais parcellaires et n'offrant pas la possibilité de tirer un maximum de bénéfices des technologies de l'Internet. Il s'agissait en somme d'identifier les initiatives pertinentes et de déterminer dans quelle mesure le Barreau doit s'y associer ou poursuivre de telles initiatives de son propre chef.

Je suis convaincu que le Barreau est arrivé à un tournant sur cette question: le Conseil général devra décider à sa prochaine réunion, au mois de mars, si le Barreau doit se doter d'une stratégie de portail Internet, ambitieuse mais réaliste, dont l'objectif ultime sera de permettre à ses membres d'assurer la disponibilité de services juridiques modernes, compétitifs, de la meilleure qualité et les plus efficients possibles. Ceci s'impose non seulement dans le contexte de mondialisation dans lequel nous nous trouvons, mais aussi dans nos marchés locaux, petits, moyens et grands.

Au moment où j'écris ces lignes, les consultants retenus par le Barreau en sont à mi-chemin dans le mandat que nous leur avons confié. Ils ont à comprendre le contexte dans lequel évoluent le Barreau et ses membres, à développer une vision des objectifs à atteindre et des marchés à rejoindre, à identifier les initiatives à poursuivre quant aux contenus, aux fonctionnalités et aux possibilités « transactionnelles », à élaborer un plan d'action global incluant l'évaluation des investissements nécessaires et l'identification de leurs sources, la définition des plates-formes technologiques. D'intérêt capital dans ce projet, les partenariats possibles devront aussi être étudiés attentivement car nous avons établi comme prémisse qu'un portail Internet pour le Barreau ne devrait pas avoir d'incidence sur la cotisation des membres.

Même si j'ai confiance que cette démarche se réalisera d'une façon ou d'une autre, je n'en connais cependant pas l'ampleur exacte. C'est pourquoi le Barreau a favorisé une approche « étapisme » dans ce dossier, ne voulant pas s'engager à la légère et sans avoir en main tous les éléments nécessaires à une décision éclairée, c'est-à-dire un plan d'affaires bien étoffé.

Nous y reviendrons...

Le bâtonnier du Québec,
Ronald Montcalm, c.r.
batonnier@barreau.qc.ca

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