Vous me permettrez de commencer ce propos par une citation aux allures tout à fait sportives:« Pour gagner, le bâton doit être passé d'un coureur à l'autre; ensuite, chaque coureur doit fournir son potentiel maximal pour apporter le bâton... Lorsque la cause est gagnée, la récompense ou la médaille va à toute l'équipe et non à un seul membre. »1
Vous vous demanderez sans doute à quelles fins cette citation est utilisée dans les propos du vice-président du Barreau et ce, dans les semaines qui précèdent la passation des pouvoirs.
Quelle similitude devons-nous voir dans la conduite et la gestion des affaires du Barreau et une course à relais?
Une partie de la réponse nous est donnée par l'histoire qui nous rappelle qu'au Moyen-Âge, le Barreau était connu comme une confrérie et qu'à l'occasion des grandes cérémonies son chef portait alors la bannière de la confrérie en la tenant par le « bâton ». C'est de là que vient l'appellation « bâtonnier »2.
L'administration des affaires du Barreau est donc comme une grande course à relais. À tous les ans, un nouveau coureur relaie celui qui termine sa course et qui lui tend le bâton. Il est aussi agréable de constater que la citation du début du texte renferme de nombreuses comparaisons avec le rôle du bâtonnier.
On retrouve dans cette citation des principes tels que ceux de l'effort maximal, la continuité et le travail d'équipe.
Pour toute personne qui est familière avec l'administration du Barreau, on ne peut que conclure que l'administration des affaires du Barreau doit en être une d'équipe. Travail d'équipe en ce que les activités du Barreau ne doivent pas être examinées seulement sur une période d'un an mais pour « l'ensemble de son œuvre »; un projet qui aboutit pendant une année donnée n'est souvent pas le résultat d'une réflexion spontanée. Au contraire, l'appareil du Barreau, quoiqu'il puisse sembler lourd, a fait ses preuves. Un dossier émane de l'un des organes du Barreau et est par la suite examiné par des comités formés de membres de l'ordre professionnel, assistés de permanents du Barreau. Ces comités feront alors des recommandations qui seront soumises aux instances politiques du Barreau qui, finalement, en bout de piste adopteront et mettront en place des politiques ou des projets particuliers.
Quoique la comparaison de l'administration du Barreau à une course à relais semble préconiser qu'il n'y a qu'un seul acteur, soit celui qui tient le bâton, on doit comprendre que ce dernier ne peut tout faire seul et prendre à sa charge toutes les responsabilités qui en découlent. Là encore, il y a un travail d'équipe important. Le bâtonnier dans l'exécution de ses tâches est assisté des autres membres élus du Conseil général, de son Comité administratif, de même qu'il profite du soutien de la Direction générale et de tous les employés du Barreau.
Nous sommes donc à cette période où nous pouvons brièvement regarder ce qui a été fait dans la dernière année et constater que toute l'équipe du Barreau à la suite de son chef a bien mené sa course et a permis de mettre en place des programmes importants. Nous n'avons qu'à penser à:
Je mentionnais il y a quelques lignes que ce regard se doit d'être bref parce que la course continue et qu'une fois le bâton tendu par le bâtonnier sortant, la nouvelle équipe d'administration doit immédiatement se tourner vers l'avenir pour que continue le développement de projets importants et que soient semées d'autres idées qui, un jour, devraient mûrir et se transformer en programmes et politiques avantageuses.
En ce sens, nous aurons à cœur, en y mettant un effort maximal, de promouvoir:
Voilà en quelques mots l'orientation que j'entends donner aux activités de notre ordre professionnel dans les prochains mois.
Je termine en remerciant le bâtonnier Ronald Montcalm, c.r., pour l'excellence de sa portion du relais, lui promettant que dès que le bâton aura été transmis, l'excellence demeurera au premier plan du menu du prochain relais.
Le bâtonnier élu,
Francis Gervais
1 Recy-verre, automne 1998.
2 Le Barreau du Québec: un siècle et demi au service du public, Service des communications, 1993.