J'ai assisté récemment à quelques assemblées annuelles des barreaux de sections. J'y ai vu des bâtonniers et des bâtonnières surpris d'être arrivés si vite au terme de leur mandat. Déjà un an, bien oui l'été est à nos portes, et il est temps de passer le relais et de tirer sa révérence.J'ai peine à croire qu'il s'est passé 365 jours. Il me semble que c'était hier que le bâtonnier Francis Gervais me transmettait le bâton. Est-ce bon signe? Je crois que oui. Il n'y a sans doute pas un bâtonnier, et pas seulement celui du Québec, qui ne s'est posé la question sur la durée de son mandat. Oui, parce qu'il ne fait aucun doute qu'il s'agit de mandats captivants et exigeants. Oui, parce que nous sommes persuadés que 365 jours, ce n'est pas assez pour donner tout ce que l'on veut donner à nos barreaux. Oui, parce que je ne suis pas né bâtonnier et qu'il est évident que tout au long de l'année qui s'achève, j'ai appris un tas de choses et je crois que, l'expérience aidant, il y aurait encore beaucoup mieux à donner.
Mais il y a plus. Certaines personnes sont persuadées qu'un mandat aussi court nuit à l'institution. D'autres croient le contraire. Cependant, les motifs avancés à l'encontre d'une prolongation possible du mandat du bâtonnier du Québec me sont toujours apparus très personnels. Et, dans une certaine mesure, ils sont liés presque uniquement à la difficulté que nous aurions à recruter des candidates et candidats qui accepteraient un mandat plus long. Quant à moi, je serais prêt à faire un pari, pour le bien de l'institution et de l'ensemble de ses membres : je suis plutôt persuadé qu'un mandat plus long favoriserait une véritable prise de conscience de l'importance du poste de bâtonnier, et que des candidats de qualité aussi exceptionnelle que ceux que nous avons connus n'hésiteraient pas à se présenter.
Je n'ai pas ici l'intention de reprendre l'énumération des dossiers qui sont passés sur la planche de travail du Comité administratif et du Conseil général au cours de la dernière année. La tenue dans les derniers 12 mois de sept conseils généraux suffit à démontrer que personne n'a chômé. Après deux années d'implication quotidienne au sein du Barreau, et à la suite de l'adoption de son plan de mise en valeur et de son plan stratégique, je suis convaincu qu'il faut continuer à mettre l'emphase sur la mission fondamentale de notre ordre professionnel, soit la défense et la protection du public. La hausse de la cotisation générale du Barreau entérinée par le dernier Conseil général à la fin du mois de mars dernier -- hausse qui devra aussi obtenir l'aval de l'Assemblée générale des membres (j'écris ces lignes avant la tenue de cette assemblée) --, permettra d'insuffler dans les divers services du Barreau liés à la protection du public les ressources humaines et financières, le savoir-faire et les appuis nécessaires et essentiels à l'accomplissement de cette mission.
Pour cette expérience humaine et professionnelle qu'il m'a été donné de vivre, je veux sincèrement remercier tous ceux qui m'ont appuyé et, tout d'abord, ceux et celles qui m'ont aidé et encouragé à l'occasion de l'élection qui m'a mené à la vice-présidence. Sans eux qui, dans toutes les sections du Barreau qui ont favorisé mon élection, je n'aurais pu réaliser ce rêve. À tous les membres du Conseil général qui ont travaillé dans l'intérêt de leur profession, tous les membres du Comité administratif et du comité des finances, je dis merci.
Il y a aussi ceux et celles qui s'impliquent et donnent temps et talent à l'un des nombreux comités du Barreau. Je les félicite et les remercie pour leur dévouement et je les encourage à continuer de s'impliquer.
À tout le personnel du Barreau, la direction générale, les directeurs de services, les professionnels, les cadres, les employés . . . quelle ruche extraordinaire au service de la mission du Barreau et de la communauté juridique : merci.
À tous les ministres de la justice, sous-ministres, représentants des ministères, avocats et procureurs avec qui j'ai été en contact tout au long de ces 365 jours, aux juges de tous les tribunaux du pays avec lesquels je crois avoir maintenu et enrichi le partenariat pour la Justice : j'ai eu plaisir à travailler avec vous et je vous remercie.
Il y a 365 jours, je marquais de deux mots mon mandat à la tête du Barreau : Fierté et Exécution. Je les ai encore en tête et j'ai été fidèle à mon engagement.
Nous avons fait beaucoup au cours de la dernière année, mais il en reste beaucoup à faire et je tends le bâton à mon successeur, Me Pierre Gagnon. Fier je l'étais, je le suis et je le serai, car il n'y a pas plus belle profession que la mienne, que la nôtre.
Fièrement vôtre,
Le bâtonnier du Québec,
Claude G. Leduc
batonnier@barreau.qc.ca