Le public s'attend à ce que nous participions aux grands débats de l'heure », a affirmé le bâtonnier du Québec, Me Pierre Gagnon, lors de la rentrée judiciaire conjointe de son Barreau et celle de la section de Québec, le 5 septembre dernier.
La rentrée judiciaire conjointe du Barreau du Québec et du Barreau de Québec s'est déroulée, le 5 septembre dernier, en présence de nombreux dignitaires du monde juridique. |
Sur la magnifique scène de la salle de bal de l'hôtel Faimont le Château Frontenac, ont pris la parole à ses côtés le juge en chef associé de la Cour supérieure, Robert Pidgeon, le bâtonnier de Québec, Me J. Michel Doyon, et le ministre de la Justice, Marc Bellemare. Me Jean-Louis Lemay, président du Jeune Barreau de Québec, agissait comme maître de cérémonie.
Le Barreau doit maintenir un juste équilibre entre la protection du public et le développement de la profession. Il doit également être présent sur la place publique en se prononçant sur les grands enjeux de la société. Le bâtonnier a illustré ses propos en donnant comme exemple une série de priorités déjà réalisées ou à réaliser. Ainsi, le Barreau a demandé et obtenu une
modification à la Loi sur les assurances permettant de protéger les associés non complices d'un avocat qui s'est rendu coupable de fraude « et ce, à l'avantage du public qui trouvera un avantage additionnel fort solvable en notre Fonds d'assurance responsabilité professionnelle », a ajouté le bâtonnier.
Au mois d'octobre, au moment où le bâtonnier a amorcé sa tournée des sections, le Barreau a lancé une campagne de communication visant à faire connaître l'assurance juridique. « J'inviterai personnellement les avocats et les avocates à mettre l'épaule à la roue d'abord en s'assurant eux-mêmes et ensuite en incitant leurs clients à se procurer cette assurance », a souligné Me Gagnon.
Le Barreau appliquera prochainement des solutions concrètes pour favoriser la présence des avocats dans des marchés en émergence, et ce, afin de répondre aux besoins des justiciables. On pense notamment aux tribunaux administratifs ainsi qu'à la médiation civile et commerciale. Il mettra également en œuvre les recommandations d'un rapport sur l'employabilité des jeunes avocats.
Le bâtonnier du Québec, appuyé par les bâtonniers de section, a annoncé qu'il contestera vigoureusement les nouvelles directives de la Commission des relations de travail faisant passer le nombre d'endroits où siègeront les commissaires de 30 à 12.
Le public entretient de grandes attentes à l'égard du système judiciaire, ce qui met beaucoup de pression sur les avocats et les juges, a fait remarquer le juge en chef associé Robert Pidgeon. Dans ce contexte, « il faut que les juges évitent de trancher les débats en fonction de l'opinion publique et fassent preuve de courage, a-t-il mentionné. Quant au Barreau, il devra se porter sans réserve à la défense de l'indépendance de la magistrature lorsqu'elle est victime d'attaques non justifiées de la presse ».
Le bâtonnier de Québec, Me J. Michel Doyon |
Pour sa part, le bâtonnier de Québec, Me J. Michel Doyon, a fait part de ses observations sur le comportement que les avocats et les juges doivent avoir pour susciter la considération du public à l'égard du système judiciaire. Selon lui, il faut que les avocats aient une conduite respectueuse et déférente envers les magistrats, alors que ces derniers ont besoin de comprendre le désir du justiciable de faire valoir ses droits et ce qui pousse l'avocat à le défendre. « Cette symbiose nécessaire entre le respect continu des avocats à l'égard de l'impartialité du juge et la compréhension obligée du juge à l'égard de la partialité de l'avocat et au droit de tout citoyen d'être entendu, est la base même du respect fondamental à être accordé au justiciable, indiquait le bâtonnier Doyon. Un comportement autre conduit au déshonneur du droit et au discrédit du système judiciaire. »
Le ministre de la Justice, Marc Bellemare, partage l'avis du public que la justice n'est pas assez accessible. Cet automne, il va revoir en profondeur l'ensemble du fonctionnement du régime d'aide juridique et fera la promotion de l'assurance juridique avec le bâtonnier du Québec. « Je pense que cela peut diminuer la pression sur l'aide juridique », a-t-il dit.
Il va déposer également cet automne un projet de loi qui augmentera l'accessibilité au Tribunal administratif du Québec (TAQ) en éliminant l'étape de révision actuellement obligatoire avant de pouvoir s'adresser à cette instance. Le projet de loi ajoutera aussi des places d'affaires du TAQ en plus de Québec et Montréal dans toutes les régions de la province.
Les participants à la rentrée judiciaire conjointe ont fait la démonstration que les actions conjuguées du Barreau, de la magistrature et du gouvernement contribuent à créer une société plus juste.