Le moment crucial est enfin arrivé pour les 44 stagiaires en droit du Centre de Québec de l'École du Barreau. Ils sont soulagés, en même temps que satisfaits et du chemin parcouru et du travail accompli. Leurs parents et amis ainsi que les maîtres de stage sont là, souriants et fiers.
Le 14 novembre dernier, les 44 stagiaires en droit du Centre de Québec de l'École du Barreau sont devenus avocats |
Silence! Dans la salle des assises du palais de justice de Québec, les représentants de la magistrature font leur entrée. La lieutenant-gouverneure du Québec, Mme Lise Thibault, est la présidente d'honneur. Parmi les invités d'honneur, on a pu apercevoir le juge coordonnateur de la Cour d'appel, Paul-Arthur Gendreau, représentant le juge en chef du Québec, Michel Robert, le ministre de la Justice, Marc Bellemare, le bâtonnier du Québec, Me Pierre Gagnon, le bâtonnier de Québec, Me J. Michel Doyon, ainsi que le président du Jeune Barreau de Québec, Me Jean-Louis Lemay.
« Le 14 novembre 2003 est et restera une date importante de votre vie personnelle et professionnelle, car est close aujourd'hui votre formation et vous sont ouvertes les portes du prétoire comme principal auxiliaire de justice », affirme le juge Gendreau s'exprimant au nom de la magistrature.
Un à un, les stagiaires se lèvent et donnent leur nom avant de réciter en chœur le serment d'allégeance et le serment d'office. « Bienvenue chers confrères, chères consoeurs », lance le bâtonnier Me J. Michel Doyon, suivi par un tonnerre d'applaudissement. Puis, individuellement les nouveaux avocats et avocates viennent signer les documents officiels, sous les flashs des appareils photos de leur famille et amis.
Me Doyon rappelle aux nouveaux avocats qu'ils doivent servir deux maîtres : la justice et le droit. L'équilibre entre les deux n'est pas facile à maintenir. Si l'avocat se soucie uniquement de la justice, il risque de ne pas représenter adéquatement son client. Par contre, si dans la défense de son client il perd de vue la justice, ses talents et son expérience pourront favoriser l'injustice.
« Il faut une grande sagesse pour exercer une telle profession, car aucune règle ne peut indiquer clairement le degré d'attachement à la justice dont il faut faire preuve dans les cas particuliers, dit le bâtonnier. J'ose espérer que chacun d'entre vous possède cette sagesse. »
Depuis, 1986 le lieutenant-gouverneur remet à un étudiant un prix en reconnaissance de l'excellence de ses résultats scolaires, de son curriculum vitae et de son engagement dans la vie sociale, communautaire et scolaire. Cette année, il a été décerné à Me Lawrence Déry.
Elle a publié un article dans la Revue juridique des étudiants de droit de l'Université Laval portant sur les enjeux du conflit canado-américain sur les exportations de bois d'œuvre aux États-Unis. Cet article lui a mérité le prix Julien Chouinard pour le meilleur texte publié dans cette revue au cours de l'année. De plus, Me Déry a été vice-présidente aux affaires professionnelles de l'association étudiante de sa faculté de droit et membre de différents comités dans son milieu scolaire.
Pour sa part, le ministre de la Justice a dit aux jeunes avocats : « Vous avez réussi. C'est parce que vous êtes les meilleurs ». Il leur a conseillé de ne pas écouter ceux qui leur disent qu'il est difficile de percer dans cette profession.
Au début de sa pratique en 1979, on lui avait dit : « c'est pas facile, il y a pas de travail, c'est saturé ». Pourtant, il y avait 9 000 avocats au Québec, alors qu'il y en a plus de 20 000 aujourd'hui. Il suggère aux jeunes d'être ouverts à pratiquer dans tous les secteurs de la société. « Le marché, votre personnalité particulière, vos succès comme vos insuccès vont vous mener là où vous devez aller, là où vous devrez livrer l'excellence. »
À cet égard, le bâtonnier du Québec, Me Pierre Gagnon, souligne les efforts déployés par le Barreau pour développer la profession dans des secteurs ciblés, dont ceux du tribunal administratif et de la médiation civile et commerciale.
Il rappelle le double rôle du Barreau : protéger le public en symbiose avec le développement de la profession. « Notre ordre professionnel vise à maintenir un haut standard de services, mais aussi de favoriser l'accès à la justice », a t-il ajouté. Dans cette optique, il incite les nouveaux avocats à s'habituer à parler d'assurance juridique avec leurs clients.
Me Jean-Louis Lemay rappelle aux nouveaux avocats qu'en entrant dans la profession, ils deviennent membres d'office et gratuitement de l'Association du Jeune Barreau de Québec, qui représente les avocats de la section de Québec ayant moins de 10 ans de pratique. L'Association vise à améliorer les conditions d'exercice des jeunes avocats, à encourager le perfectionnement de leurs connaissances juridiques et à s'associer à d'autres organismes qui tendent aux mêmes fins. En plus d'organiser des activités sociales et de formation, le Jeune Barreau suit les décisions pouvant toucher ses membres au Barreau du Québec, au Barreau de Québec, à l'Association du Barreau canadien, aux deux paliers de gouvernement et a voix au chapitre.
Cette journée représente, pour les jeunes assermentés, l'aboutissement d'une longue série de succès. Mais ce n'est qu'un début. Bonne carrière.