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Le Journal
Volume 35 - numéro 8 - 1er mai 2003

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Un Barreau solide et indépendant
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La douleur est-elle indemnisable?
L'arbitrage du commerce international
Le poids des faits
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Corporation de services
AVIS DE CONVOCATION
TOURNÉE DES BARREAUX
Barreau de Saint-François

Barreau de Saint-François

Louis Baribeau, avocat

Le 23 mai, la section de Saint-François fêtera le 150e anniversaire de sa création. Toute la journée, des cérémonies officielles se dérouleront, auxquelles les membres prendront part en grand nombre. « Car, à nos assemblées, nos membres font toujours preuve d'une participation exceptionnelle : 30 % à 40 % s'y présentent », indique la bâtonnière, Me Michèle Gérin.

Le Conseil du Barreau de Saint-François : en avant, de gauche à droite, M<sup>e</sup> Danielle Houle, la bâtonnière M<sup>e</sup> Michèle Gérin, M<sup>e</sup> Dominique Guenin, 1<sup>er </sup>conseiller, et M<sup>e</sup> Myriam Lachance. En arrière, M<sup>e</sup> Pierre Lessard, M<sup>e</sup> Jean-Marc Bénard, M<sup>e</sup> Michelle Pellerin, M<sup>e</sup> Roseline Alric, M<sup>e</sup> Paul Faribault et M<sup>e</sup> Patrick Fréchette.
Le Conseil du Barreau de Saint-François : en avant, de gauche à droite, Me Danielle Houle, la bâtonnière Me Michèle Gérin, Me Dominique Guenin, 1er conseiller, et Me Myriam Lachance. En arrière, Me Pierre Lessard, Me Jean-Marc Bénard, Me Michelle Pellerin, Me Roseline Alric, Me Paul Faribault et Me Patrick Fréchette.

La section comprend les régions de Richmond, Windsor, Sherbrooke, Magog, et Coaticook. Elle s'étend de Lac Mégantic jusqu'à Eastman, le long des frontières américaines, et est bornée par les sections de Bedford et Arthabaska. Elle couvre les districts judiciaires de Lac Mégantic et de Saint-François.

La plupart des 450 membres de la section sont des généralistes. Ils pratiquent surtout en droits civil et familial, et en droit criminel, dans des bureaux de moins de 20 avocats. Ils plaident dans les deux palais de justice de la section, à Sherbrooke et à Lac Mégantic. Le ministère de la Justice possède également un point de service à l'hôtel de ville de Magog.

Le Barreau de Saint-François est reconnu pour ses prises de position publiques dans les dossiers sur la justice. Ainsi, à l'occasion de l'assemblée annuelle ou de la rentrée judiciaire, le conseil peut réclamer la nomination d'un juge additionnel. « Nous faisons des représentations sur les questions relatives à la justice au député ou même directement auprès du chef de l'opposition, Jean Charest, qui représente la région de Sherbrooke », rappelle la bâtonnière. Il arrive aussi que le Barreau de Saint-François interpelle les médias, comme il l'a fait en octobre dernier au sujet du projet de modifications au Code de procédure civile en matière familiale.

De plus, le Barreau de Saint-François a été la première section à collaborer avec le ministère de la Justice à l'événement « Journées portes ouvertes ». L'événement a pour but de démystifier le monde judiciaire aux yeux des justiciables. Ses membres s'impliquent dans la communauté. Le Gala Reconnaissance Estrie, l'équivalent dans la région des Mercuriades à Montréal, l'a souligné en décernant cette année à l'un d'eux, Me Roch A. Fournier, le titre de Grand Estrien.

Me Fournier est à l'origine de la Fondation du Séminaire de Sherbrooke. Il est actuellement président du conseil d'administration de la banque alimentaire régionale Moisson Estrie et il est également administrateur de la Fondation de l'Université de Sherbrooke.

« J'ai été élevé par un père très impliqué dans la communauté. Mon épouse, avocate à l'aide juridique, m'a sensibilisé à la pauvreté. J'ai intégré l'implication communautaire dans ma pratique et je suis heureux comme cela », affirme-t-il.

Pour Me Fournier, s'impliquer dans l'administration d'un organisme communautaire ou social est comme défendre la cause d'un client. Dans les deux cas, il faut faire preuve de la même ténacité. « C'est pour cela que je dure longtemps à la tête d'un organisme », souligne-t-il. Pour aider l'organisme à réaliser sa mission, il utilise les habiletés développées dans sa pratique légale : sa vision stratégique et son intuition. Et, en bout de piste, la communauté tranche : « Si j'ai fait mon travail de vendeur d'idées, la communauté va accepter de financer la mission de mon organisme », conclut-il.

La mission de chacun des organismes auxquels il a apporté son aide rejoint ses convictions personnelles. Il lance : « Je ne m'engage pas pour le vedettariat ou pour connaître des gens ». Ainsi, c'est parce qu'un reportage à la télévision sur Moisson Estrie l'a profondément touché qu'il a accepté au début des années 70, en pleine récession, l'offre de siéger au conseil d'administration. L'organisme contribue aujourd'hui à offrir 300 000 repas par année à des personnes démunies.

Me Jacques Lemay est un autre avocat très connu dans la région pour son implication sociale. Directeur général du Centre communautaire juridique de l'Estrie, Jacques Lemay est également membre du conseil d'administration de la Fondation Robert Sauvé qui élabore des colloques sur les personnes démunies et finance des organismes sociaux. Il est aussi trésorier de l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) de l'Estrie.

Cet ancien professeur en droit de la consommation a conservé des liens étroits avec le milieu de l'éducation. Il est membre du conseil de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke, administrateur de l'Université de Sherbrooke et président du conseil d'administration du Cegep de Sherbrooke.

« J'ai toujours cru que la jeunesse est importante dans la société, confie-t-il. Cela fait partie de mes valeurs de contribuer au développement et à la qualité du système éducatif et d'encourager les initiatives dans ce domaine. Ça m'attriste particulièrement de voir des jeunes décrocher. Au Cegep, 30 à 40% de nos étudiants viennent de l'extérieur et se retrouvent pour la première fois hors de leur milieu familial. C'est difficile pour eux et cela se répercute sur leurs résultats scolaires. Nous, au collège, on a un rôle important à jouer pour les appuyer. »

Le Barreau de Saint-François décerne annuellement le prix « Reconnaissance ». Ce témoignage souligne un apport exceptionnel au milieu juridique. Cette année, il a été remis pour la première fois à un organisme plutôt qu'à une personne, la Ligue pour l'enfance de l'Estrie. Cette dernière administre le service CALM (comme à la maison) offrant aux familles des lieux de rencontre ou d'échange pour l'exercice des droits d'accès. Me Danielle Houle préside le conseil d'administration de la Ligue où siège aussi Me Martin Beaucage. « On essaie d'apporter nos idées pour maintenir le service en place, parce que les subventions ne sont pas récurrentes, explique Me Houle. Nous nous préoccupons aussi des enfants sur les listes d'attente, car ils n'ont pas d'autres moyens de voir leurs parents. »

La Cour supérieure est la principale utilisatrice de ce service. Cette dernière est d'ailleurs aujourd'hui beaucoup plus achalandée qu'en 1823, année de la naissance du district judiciaire de Saint-François. En effet, le premier palais de justice aménagé cette année-là à Sherbrooke est resté pratiquement désert jusqu'en... 1828, date où la première procédure légale y a été instituée.

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