Le Barreau de Montréal tenait récemment son 17e concours annuel de composition sur un thème juridique à l'intention des élèves du 3e cycle du primaire et des 1er et 2e cycles du secondaire, des secteurs francophone et anglophone de l'île de Montréal.
Les gagnants de l'édition 2004 du concours « La Justice a bonne mine » sont Antoine Bourget-Rousseau (école primaire Île-des-Soeurs), Lawrence A. Angel (The Priory School), Mazine Amine (Collège Jean-de-Brébeuf), Isabelle Morin (Dorval/John XXIII High School), Jessica Némmé (Villa Sainte-Marcelline) et Élise Carré (The Sacred Heart School of Montreal). La cérémonie de remise des prix était animée par le comédien Jici Lauzon |
Dans la dernière édition du Journal du Barreau, nous avons publié les textes des deux lauréats du primaire. Voici maintenant les textes des quatre gagnants du secondaire. Le thème de leur dissertation était : « Quelle serait pour toi l'école idéale et en quoi diffère-t-elle de ton école? »
L'école que je qualifierais d'idéale serait celle qui m'offrirait l'équilibre parfait entre mes études et mon temps libre. Ce que je veux dire, c'est que cette école devrait me permettre d'accroître mes connaissances tout en me laissant du temps à consacrer pour moi-même, pour me faire plaisir et pratiquer mes loisirs préférés. Mon école couvre parfaitement la première partie de ce besoin; cependant, il arrive que la trop grande quantité de travail dont elle me charge m'empêche de satisfaire entièrement la deuxième partie.
Cinq jours par semaine, matin, midi et soir, il me faut transporter un énorme sac à dos rempli à craquer, bien plus lourd que ce que devrait supporter la colonne vertébrale d'un adolescent en pleine croissance. Voilà un problème que devra résoudre mon école « parfaite ». Comment? En m'offrant la possibilité de me procurer un ordinateur portable, où il y aura un logiciel contenant toutes mes leçons. Cet ordinateur remplacera tous mes manuels. Caprice, me direz-vous? Eh bien, sachez que la dernière fois que j'ai pesé mon sac à dos, ce dernier atteignait une masse de 14 kilogrammes! Cela représente plus du tiers de mon poids!
C'est jeudi après-midi, je reviens épuisé du cours d'éducation physique. En classe, qui est-ce qui m'attend? Le professeur de mathématiques et ses éprouvants calculs de proportion, etc. Comme si j'avais la tête à faire des maths. En revanche, je me verrais bien en train d'écouter comment Auguste devint le premier empereur romain ou comment Christophe Colomb découvrit l'Amérique.
Cette situation est très fréquente dans mon milieu scolaire. Avoir un certain cours alors qu'on aimerait en suivre un autre. Mais mon « école idéale » a la solution à ce problème, car elle me permet de définir moi-même mon emploi du temps. Évidemment, je dois respecter certaines contraintes, comme un minimum d'heures de cours, mais, au moins, je peux décider de ce que je veux faire et quand le faire.
Pour bien des gens, l'« école idéale » serait celle sans aucun règlement. Moi, je pense que, pour qu'il n'y ait aucun règlement, il faut des élèves au comportement exemplaire, voilà pourquoi l'école parfaite, contrairement à la mienne et à toutes les autres, n'aura sous son toit que des élèves disciplinés (il est permis de rêver). Alors, il sera possible de n'avoir aucun règlement, tout en vivant dans une atmosphère saine et sécuritaire.
Le fait que tous les élèves soient disciplinés ouvre bien des possibilités. Par exemple, on pourra laisser les élèves choisir leurs camarades de classe, sans trop avoir à craindre qu'ils ne bavardent sans cesse.
Mon prochain critère, lui, est bel et bien un caprice. L'école parfaite devra avoir une cafétéria offrant un très grand choix de mets, raffinés et de bon goût, tout cela à un prix très raisonnable. Cette fois-ci, je ne me gênerai pas pour dire que mon école ne répond ni à l'un ni à l'autre de ces critères. Les plats y sont toujours les mêmes, et les prix sont exorbitants.
Revenons aux choses sérieuses : les professeurs. Ceux-ci occupent une grande place dans notre éducation scolaire et, bien qu'ils ne soient pas toujours nos meilleurs amis, nous devons apprendre à les apprécier et surtout à les respecter. Pour me faciliter la tâche, mon école de rêve ne me proposera que des professeurs intéressants et aussi très intéressés. Ils devront avoir le sens de l'humour, mais ne pas faire des blagues durant les cours. Bien que tous les professeurs de mon école ne soient pas parfaits, je me considère chanceux, car la plupart sont des gens très qualifiés, qui aiment leur matière et qui nous la font aimer.
Plusieurs écoles obligent le port de l'uniforme ce qui, à mon avis, nuit à la liberté d'expression. Je crois que mon école est un excellent exemple à suivre pour l'école idéale et toutes les autres écoles, car elle a su trouver un juste milieu. En effet, elle n'oblige aucun uniforme, mais elle impose un code vestimentaire rigoureux (pas de jeans, d'espadrilles, etc.).
Enfin, l'école parfaite devra être laïque, gratuite (ou sinon peu onéreuse) et devra offrir plusieurs activités parascolaires afin de permettre le plein épanouissement de la personne.
En conclusion, je voudrais vous faire remarquer que le portrait que je conçois de l'école idéale n'est pas impossible à atteindre. La preuve est que mon école actuelle ressemble en bien des points à l'« école idéale ». Je crois que, si chacun donnait un petit effort, et avec l'aide de la technologie, nous pourrions bâtir une de ces institutions, qui laisseraient à jamais gravées dans les mémoires de la société une noble et glorieuse marque.
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What would the ideal school be like and how would it differ from your school? Hum... hard question! Like the proverb says: «Nobody can be perfect» but it does not say: «Nothing can be perfect» so maybe there is a little hope... Anyway, this is what, I think, would be the ideal school.
First of all, the perfect school would be clean and smell good. Of course, no sign of vandalism or pollution (broken windows replaced by ugly pieces of wood, burnt trashcans, old candy papers lying about everywhere, torn decoration and information, flaking paint and, especially, graffiti like we have in our school) would appear.
Secondly, there would be plenty of wonderful colours filing the corridor and cafeteria walls. Talented artists of our own school would have painted shapes of all kinds on those walls. The classes would also be painted in nice colours and have nice posters in them, instead of the ugly yellow classes with torn posters. This would decorate the school to make it more beautiful and spread joy all around.
The cafeteria would be bigger and have more places for students to sit rather than the one I have which has hardly enough places for all students to sit. The food area would be like a buffet. This way, there would be more variety than what my cafeteria offers. The prices would vary depending on how many plates you take, for example: one plate or two plates + beverage + dessert = 2.50$, two to five plates + beverage + dessert = 5$. To know how many servings the buyers are allowed to have, a little coupon would be distributed and someone would check how many plates have already been taken. Then, more people would eat at the cafeteria, and, because of the better and varied menu, no one would complain about the food the cafeteria serves.
Unlike our school, at least two periods per week would be devoted for schoolwork such as research, homework, studies, and maybe a little social course. There would be two classes: one for the students who really want to study, which would be completely silent, and another one which be for the social course or people who want to talk while doing their homework. The two classes would be next to each other so that when students are finished their homework, they can switch class. Due to that, homework would be done more often and students would have a lot more time to enjoy fresh air and have more time for hobbies, sports and maybe event to clean their rooms!
Then, the government would furnish money so that students and teachers could be able to do educational and fun activities together. For example, have one week of vacation camp in forest, teaching us about different animal and the way they live in their habitat. Free time would also be included and activities like kayaking, swimming and games. The teachers would also have their vacation and, during that week, no homework would be given and the correcting and teaching would be forgotten. The teachers accompanying the students would be chosen by the students themselves with a vote. For the vote to be valid, they would have to express the reasons why they want those teachers to accompany them. Those activities would only be for the people who have average grade of at least 75% or for the people who got at least one certificate during the year. Of courses, they can't fail any class. This way, the students are congratulated for their good work and can realise working hard permits you to be able to do more interesting things (have a better job, win diplomas, win a student grant...). More activities would also be well organised during the year like «recré-action» and the carnival week. And, the students would be informed at least, depending on the activities, one week before, contrarily to our school.
Finally, a physical education option course, which would offer three (compared to one in our school) or more gym classes per week and different kinds of sports for each week, would be available for all interested students. Consequently, the students would practice more sports and that may even solve the youth obesity problem.
In conclusion, I hope the above will one day be realised. I'm not sure this school would be absolutely perfect but it would surely better than the one I have now.
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L'assise d'une société prospère est, du moins de nos jours, l'éducation. « On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l'éducation...Tout ce que nous n'avons pas à notre naissance et dont nous avons besoin étant grands, nous est donné par l'éducation. Cette éducation nous vient de la nature, ou des hommes ou des choses... », dit Rousseau. Sans enseignement, le monde apparaît comme un inconnu à l'homme. L'école est l'enseignement même, c'est pourquoi elle tient une place si importante dans le parcours de vie d'un individu. Cette institution incarne le progrès et l'évolution, par conséquent, elle se doit d'être idéale aux yeux de celui qui la fréquente. Quant à moi, ce collège idéal est celui que je fréquente présentement, soit la Villa Sainte-Marcelline. Néanmoins, reste à déterminer pourquoi et en quoi mon école répond à mes attentes.
À mon avis, on ne peut qualifier une chose sans connaître la cause de cette qualification. C'est pourquoi en premier lieu il m'est important d'expliquer ce que j'entends par le concept de ce qui est « idéal » pour ainsi mieux justifier mon choix.
L'idéal ne se manifeste que dans les affabulations de l'homme, il n'est qu'une illusion où tous les désirs sont assouvis et où la satisfaction est absolue. Or, l'imagination étant sans bornes, l'idéal en adopte la caractéristique, et, est conséquemment inapplicable à la réalité qui, en toute chose, est limitée jusqu'à un certain point. De plus, l'idéal, étant par définition ce qui est parfait, rend de ce fait même la perfection qu'il englobe inexistante dans la réalité. Cette dernière ne peut ainsi être qu'imparfaite, ornée de failles et de défaut que l'homme doit accepter. Par conséquent, pour que l'idéal soit applicable à la réalité, son concept devrait être revu. Il deviendrait alors ce qui, par l'ensemble de ses qualités et de ses défauts, apporte le plus de satisfaction à un être. Néanmoins, l'idéal appartiendra toujours à l'irréel et c'est pour cette raison que mon choix se situe dans la réalité. Pourquoi s'inventer une école idéale, alors que l'on peut se satisfaire de la réalité?
D'un autre côté, il est salutaire que l'idéal ait été conçu pour exprimer ce qui est irréalisable. Au contraire, puisque alors, il n'existerait pas de quête de la perfection dans la réalité. Par cela je veux dire que, si l'homme réussit à progresser, évoluer, inventer, créer, découvrir encore et toujours, c'est dans la recherche de l'idéal et de l'intouchable. Musset n'a-t-il pas dit : « La perfection, ami, n'est pas plus faite pour nous que pour l'immensité. Il faut ne la chercher en rien, ne la demander en rien, ni à l'amour, ni à la beauté, ni au bonheur, ni à la vertu; mais il faut l'aimer pour être vertueux, beau et heureux autant que l'homme peut l'être. » L'homme ne doit pas, ne peut pas rejeter la réalité et attendre que la perfection tombe du ciel, c'est impossible, mais il peut en travailler les imperfections pour pouvoir les maîtriser en désirant les pousser au bout de leurs limites. L'école étant certainement un des lieux où l'idée de perfection est la plus présente au niveau des élèves, il est important que l'établissement comble leurs attentes. Quant à la Villa Sainte-Marcelline, elle accomplit ce rôle en offrant les atouts essentiels à mon épanouissement.
Cette analyse de l'idéal permet donc de justifier mon choix et m'amène bien évidemment à définir en quoi la Villa Sainte-Marcelline me permet d'évoluer dans la droiture.
À mon avis, mon institution scolaire détient véritablement les éléments indispensables à assouvir mes desseins, soit l'apprentissage de l'ouverture d'esprit et de la réflexion ainsi que le climat favorable pour développer chez ses élèves le respect et la confiance en soi.
Assurément, à travers plusieurs démarches, mon école parvient non seulement à transformer ses étudiants en éponges absorbantes d'information, mais à leur apprendre à gérer ce savoir, à l'observer dans leur entourage, à l'analyser et à développer leur capacité de réflexion. En premier lieu, mon collège offre la possibilité à ses jeunes de voyager à chaque année et ainsi leur donner la chance de prendre conscience de la grandeur du monde. Lors de ces voyages, ils participent constamment à des visites ou ateliers d'ordre culturel. Cette démarche permet d'éveiller la curiosité intellectuelle des élèves grâce à sa stimulation visuelle différente de celle des cours quelque peu engourdissants à la longue. Outre ces expéditions obligatoires, mon école propose à ses élèves de collaborer à des échanges culturels. Où ailleurs pourraient-ils trouver une expérience de vie plus riche? Quoi de plus efficace pour l'apprentissage que d'adopter, pour un laps de temps, la culture même sur laquelle ils désirent gonfler leur bagage et d'en découvrir le pays? Ces échanges ne leur donnent non seulement la possibilité de se cultiver, mais aussi de se questionner sur des nouveaux horizons, de s'ouvrir à d'autres conduites et d'ainsi développer une facilité à accepter la différence et à l'apprécier.
Par ailleurs, comparativement à d'autres établissements, j'observe que mon école souffre beaucoup moins de ce qu'on pourrait qualifier de catégorisation chez les élèves. En effet, de nombreuses activités exclusives à la Villa amènent à la coopération entre les étudiants des différentes classes constituantes, à l'entraide entre eux et donc à l'organisation de projets collectifs. Ces activités englobent des spectacles annuels ainsi que des événements particuliers, tels que des rallyes, des échanges de lettres et autres, organisés par le conseil étudiant élu. Cette complicité entre étudiants évite bien plus qu'ailleurs, je crois, l'essor de phénomènes comme l'exclusion ou le manque de confiance en soi chez la majorité des élèves. Grâce à ses méthodes d'apprentissage et à l'importance qu'elle voue aux interactions entre ses élèves, la Villa devient ainsi un établissement agréable à fréquenter.
Il a donc clairement été démontré, dans ce texte, qu'à mon avis l'école idéale ne doit pas être inventée, imaginée ou basée sur des désirs personnels par le fait que l'idéal est fictif. Nous sommes tous réels, vivons, respirons en chair et en os et tout ce qui nous est relié doit forcément l'être. En choisissant mon école pour répondre à cette question, je tentai d'énumérer les éléments qui, à mes yeux, font d'une école ce qu'elle devrait réellement être : un lieu de découvertes, d'expériences de vie, de liaisons, un apprentissage pour bâtir son futur. Ceux qui s'imaginent des écoles « idéales » qui n'existeront jamais ne se rendent pas assez compte de ce qui les entoure et de ce qu'ils peuvent en tirer. Bien évidemment, le rêve ne doit pas disparaître, mais il ne doit pas non plus en aucun cas mener au dégoût de la réalité.
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Parents sometimes wait in long line, even overnight, in order to register their children in what they consider to be the best school. It is very difficult to find an ideal school, but if it existed it would offer a career program, use technology as a teaching tool, include community service and activities, teach etiquette, require uniforms, provide a hands-on learning program, and offer classes in both French and English.
One's choice of career is a very important and difficult decision to make; therefore, it is necessary to have a career program in high school. A career program would consist of having guest speakers from different professions and career workshops. Once a cycle students would spend an afternoon with mentors in various fields of work enlightening them to a variety of professions, thus providing opportunities to discover which careers they would be interested in pursuing.
Today's world is predominated by technology. Students would have their own lap top computers in order to do research, take notes, complete assignments, and communicate with their teachers. Students would be able to transmit their homework using the computer, thus helping the environment by reducing the amount of paper used. Even though technology may facilitate learning, students would still maintain personal contact with their teachers.
At my school we are encouraged to participate in activities and community service. The ideal school would require students to give back to the community by doing community service and taking part in activities. Activity periods would integrated into the schedule, preferably an afternoon per cycle. Hopefully, students would continue to volunteer to help others after they graduate from school.
Often adults draw negative conclusions about teenagers because of the way they act, dress, and speak. In order to change these impressions and to prepare students to enter the business world, etiquette classes would be taught. Students would learn how to dress appropriately and to speak and act politely. Students would learn good table manners. Since proper etiquette is stressed at my school, students are better prepared for social interactions.
Many people learn by doing. A hands-on learning program would allow students to discover concepts on their own. If students are only taught by listening to teachers, they will most likely forget what they have learned. By discovering concepts, students will more likely remember these ideas.
Students attending the ideal school would be required to wear a uniform. Uniforms solve the problem of students challenging the dress code by dressing inappropriately, often showing midriff, cleavage, or by dressing in extreme styles. By wearing uniforms, students would be able to dress more quickly in the morning. Wearing uniforms prevent competition for designer names. When appropriately and comfortably dressed, students can concentrate on their studies, without being distracted by how others dress.
The ideal school in Quebec would encourage all students to be fluently bilingual. They would take half of their courses in French and the other half in English. As a result, students would learn terminology in both languages, which opens the doors to their future.
If all schools offered hands-on learning programs, bilinguals courses, etiquette classes, required uniforms, promoted the use of technology, and encouraged participation in community service and activities, then parents would not have to wait in long lines to register for the ideal school because all schools would be the ideal school.