(Extrait du dernier discours de Me Denis Mondor à titre de bâtonnier)
« Lorsque j'ai accepté la charge de bâtonnier du Québec, je m'inquiétais de la place qu'occupe la justice dans notre société.
Le bâtonnier sortant, Me Denis Mondor |
Je proposais de mettre sur pied un Forum sur la justice afin de mettre toutes ces questions sur la place publique, d'en débattre et de trouver des solutions.
L'idée même de ce rendez-vous a fait son chemin. Elle a mué, si je puis dire, pour devenir l'inspiration de notre Congrès, qui se termine ce soir.
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"La justice! Quelle justice?" nous sommes-nous demandé depuis trois jours. Nous avons pu voir que la justice n'est pas l'affaire exclusive des avocats et des juges.
Nous avons pu voir à quel point nous sommes interpellés non pas seulement en tant qu'avocats, mais en tant que citoyens, contribuables, justiciables.
Dans mon discours de l'année dernière, j'abordais aussi un sujet qui m'est cher entre tous : la gouvernance du Barreau du Québec.
Je suis d'autant plus à l'aise d'en parler de nouveau que le dossier a progressé au cours des derniers mois. Ainsi, le Conseil général m'a demandé de présider un comité formé de "sages", qui a déjà commencé ses travaux.
Je répète ce que je vous disais il y a un an, en voyant partir mon prédécesseur, le bâtonnier Pierre Gagnon : "Je [le] regarde qui quitte après avoir lutté toute l'année pour positionner le Barreau sur la place publique et je m'interroge... Servons-nous vraiment notre cause en changeant de bâtonnier tous les ans? Regardons autour de nous : les représentants des ordres professionnels ayant la possibilité de faire leur marque sur plusieurs années ne sont-ils pas des interlocuteurs plus forts et incontournables, chacun dans son secteur d'activité?"
Voilà quelques-unes des questions sur lesquelles se penchent présentement les "sages" et auxquelles nous devons trouver réponse. Je m'engage devant vous, ce soir, à mener ce dossier à bien! »
« Tous ceux qui ont déjà discuté avec moi du Barreau savent que j'ai un intérêt marqué depuis de nombreuses années pour toutes les questions qui touchent la réglementation de la profession, notre autoréglementation, que je relie fortement à l'image de la profession. Nous avons un lourd fardeau à relever en matière de protection du public, de satisfaction du public à l'égard de notre Ordre, et des services que nous rendons.
La nouvelle bâtonnière du Barreau du Québec, Me Madeleine Lemieux |
Le cap que j'aimerais bien donner à nos activités cette année, c'est un cap vers la prévention, plutôt que de toujours réparer les pots cassés.
En tant qu'ordre professionnel, nous avons le privilège de nous autodiscipliner et de nous autoréglementer. En assurant l'élaboration et l'application d'une réglementation efficace, et surtout transparente, nous en retirerons un impact positif direct sur l'image de la profession, tout en assurant à long terme l'indépendance de la profession d'avocat.
À l'instar de mes prédécesseurs, je crois que c'est le rôle du Barreau de soulever les problèmes d'accès à la justice sur la place publique, tout comme c'est notre rôle de proposer des solutions.
Il faut interpeller nos gouvernements, car, en tant qu'avocats, nous sommes témoins de ce qui fonctionne bien, moins bien ou pas du tout dans notre système.
J'aimerais bien que, dans la prochaine année, on se serve de cette lancée, donnée par la plénière du Congrès et portant sur la justice pour aboutir à des réalisations concrètes. »