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Le Journal
Volume 37 - numéro juillet 2005 - 1er juillet 2005

ACTUALITÉ JURIDIQUE
État des lieux de l'État canadien
Avocats-sportifs recherchés
Application de la Loi sur le lobbyisme aux municipalités de moins de 10 000 habitants
Ce qu'il est devenu et ce qu'il pourrait devenir
Les gagnants du concours juridique, honorés
Guide pratique de déontologie
Circonstances où l'avocat peut y avoir accès
Un chauffeur de taxi représente des clients lors d'un procès criminel!
AUDI ALTERAM PARTEM
Une musulmane modérée de service
L'accès à la magistrature fédérale et les libertés politiques au Québec
Le droit à la vie privée pour l'avocat
BRÈVES
Retour de juges à la retraite
Nomination
Nominations à la Cour municipale de Montréal
Trois avocates nommées juges, en région
Hommage au juge Iacobucci
Communauté juridique en deuil
Nominations à la Cour d'appel
CALENDRIER
Calendrier
CHRONIQUES
BARREAUX DE SECTION
REGARD SUR LE DROIT
PROPOS DE LA BÂTONNIÈRE
PARMI NOUS
JUSTICE ET SOCIÉTÉ
COMITÉ DE DISCIPLINE
BARREAU DE MONTRÉAL
BARREAU DE MONTRÉAL
DANS LES ASSOCIATIONS
COLLOQUES, CONFÉRENCES, SÉMINAIRES...
Une justice accessible
La signature digitale en guise de protection
L'évolution de la normativité en droit social et du travail
Concilier intérêt du client et intérêt public
Une menace à l'intégrité du Québec?
CONGRÈS 2005
Ce qui attend les whistleblowers
Plénière : La justice! Quelle justice?
Dans les coulisses du plus haut tribunal du pays
Le secret dévoilé
À la poursuite de la démocratie
Tout pour la justice
Premières réactions favorables au Barreau
Hommages et fierté
Trois gagnants et 254 jeunes avocats au Congrès !
Ses mille dédales… et son fil d'Ariane
Le ministre de la Justice annonce une
hausse des seuils d'admissibilité à
l'Aide juridique
Une justice à part pour les femmes musulmanes?
Discrimination, imprécision et faux débat
Un congrès pour atteindre l'excellence
Quelle application de l'article 15 de la Charte canadienne?
Le crime crève-t-il l'écran?
Objectif commun : l'avancement de la justice
Besoin vital de changement
Pour devenir meilleur dans la protection du public
Un bilan prometteur pour l'avenir
Les administrateurs au bâton!

Notre place au sein de la Fédération

Madeleine Lemieux

lemieux pictureJe commencerai le premier de ma série de Propos en vous parlant d'une grande méconnue, pourtant indispensable dans le paysage de la profession juridique : la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada (la Fédération).

La Fédération regroupe 13 barreaux - les 10 provinces et trois territoires - et la Chambre des notaires et représente au total près de 85 000 juristes. Elle est un forum d'échanges et une porte-parole crédible pour la profession juridique au pays. Ses actions visent à accroître et à préserver l'autonomie et l'indépendance de la profession juridique dans l'intérêt du public.

Ce regroupement n'a aucun pouvoir de réglementation sur les barreaux. Toute décision d'importance, comme la décision d'intenter une action ou d'intervenir dans un litige, requiert l'unanimité des 14 membres représentés au conseil d'administration. Cette règle d'unanimité nous permet de bénéficier du meilleur des deux mondes : en plus d'apprendre des expertises et expériences des autres barreaux, la Fédération peut être utilisée pour faire front commun dans des dossiers d'intérêt national et international.

La pertinence de notre participation à ce regroupement se manifeste, à mon avis, avec autant d'acuité aujourd'hui que lorsque nous y avons adhéré à ses tout débuts, en 1926.

Deuxième barreau en importance au pays, avec nos 20 000 membres, nous sommes aussi LA référence en matière de droit civil. La Fédération nous offre une plate-forme unique pour faire entendre notre voix, particulièrement auprès du législateur et du gouvernement fédéral.

Lutter contre le blanchiment d'argent dans le respect du secret professionnel

Par exemple, lorsque le gouvernement fédéral a adopté la Loi sur le recyclage des produits de la criminalité en 2000, la Fédération a contesté l'application de la Loi aux avocats pour motif d'atteinte au secret professionnel. Pour faire suite aux contestations judiciaires fructueuses et aux négociations avec le gouvernement, ce dernier a suspendu l'application de la Loi pour les juristes, en attendant que les ordres professionnels concernés adoptent une réglementation qui permette à la fois de rencontrer les objectifs de lutte contre le crime et de respect des droits constitutionnels.

La Fédération a alors développé, contre le blanchiment d'argent, un règlement type, que chaque barreau s'est engagé à intégrer dans sa réglementation. De notre côté, nous étudions des modifications à notre réglementation qui concernent la comptabilité et les comptes en fidéicommis pour prévoir, entre autres situations, l'interdiction pour l'avocat d'accepter des montants de 7 500 $ ou plus en espèces de ses clients, sauf certaines exceptions. Un dossier à suivre.

Pratiquer le droit partout au Canada et ailleurs dans le monde

Les travaux de la Fédération ont aussi permis la rédaction de l'Accord de libre circulation nationale (ALCN), dont nous sommes l'un des huit barreaux signataires1.Cet accord volontaire et réciproque vise à faciliter la circulation temporaire et permanente des avocats entre les juridictions canadiennes signataires ayant entériné l'entente à l'intérieur de leur législation ou réglementation.

Des modifications à la Loi sur le Barrea u sont actuellement en préparation pour permettre la mise en application l'ALCN au Québec, et la négociation de la réciprocité avec les sept autres provinces signataires.

Nous avons une volonté très claire de mettre en application l'accord dans un avenir très rapproché.

La Fédération dépasse aussi les frontières et examine la possibilité de libre circulation des juristes dans d'autres pays, dans le contexte des accords multilatéraux de commerce international.

Elle est aussi la représentante de la profession pour tout ce qui touche les dispositions relatives aux services juridiques dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Faciliter la mobilité, mais pas au détriment du public

Les barreaux sont évidemment des entités autonomes et indépendantes. Certaines de nos disparités constituent parfois des obstacles à la libre circulation des avocats au pays.

Il en va ainsi pour les fonds d'indemnisation, dont les critères et plafonds varient énormément d'une juridiction à l'autre. Par exemple, alors que le montant maximal pour toute réclamation d'indemnisation est fixé ici à 50 000 $, certains barreaux n'ont fixé aucun plafond. Le défi est donc de faire en sorte que tous les clients d'avocats, quelle que soit leur province d'origine, bénéficient de la même protection en cas de détournements de fonds par des avocats.

C'est pourquoi la Fédération étudie la possibilité d'établir un Fonds d'indemnisation national qui pourrait, par exemple, prendre la forme d'une couverture uniforme pour les juristes qui travaillent dans plus d'une province.

Un autre dossier à suivre.

Des efforts qui rapportent

Les travaux de la Fédération se traduisent aussi par des outils concrets utilisés dans notre pratique quotidienne, comme IIJCan - L'Institut canadien d'information juridique. Ce site Web, mis sur pied et exploité par la Fédération, fournit un accès gratuit à la législation et à la jurisprudence fédérale et provinciale.

En bref, je suis convaincue de la pertinence de la Fédération et de la place du Barreau du Québec au sein de ce regroupement. Parce que nous y investissons temps, énergie et argent - une cotisation annuelle fixée à 13 $ par membre pour chaque ordre, soit environ 250 000 $ dans notre cas -, il n'en tient qu'à nous d'en retirer le maximum.

J'en profite pour vous souhaiter un bon été, et au plaisir de travailler pour vous et avec vous.

La bâtonnière du Québec,
Madeleine Lemieux

mlemieux@barreau.qc.ca

Consulter notre site Web sous «Libre circulation nationale des avocats». Les huit barreaux signataires sont : la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario, le Québec, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve.

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