« Le TAQ est un tribunal moderne et dynamique en qui le public a confiance, d'accès facile et peu coûteux, […] qui rend une justice de qualité et dans les meilleurs délais », selon Me Jacques Forgues, son président par intérim et vice-président responsable de la section des affaires immobilières.
Ainsi, a-t-il présenté la vision de son organisme, en mai dernier, lors d'une conférence-midi organisée par le Comité sur la justice administrative du Barreau de Québec.
Quelques chiffres montrent les moyens mis en œuvre pour réaliser cette vision : d'abord quatre sections - affaires sociales, affaires immobilières, territoire et environnement, affaires économiques -, puis une soixantaine de compétences, une centaine de membres-juges, des audiences dans 55 villes au Québec, et 13 500 dossiers actifs.
Un coup d'œil à l'intérieur d'une salle d'audience fournit plus de détails. On y aperçoit de grandes tables, servant à examiner des cartes ou des plans, ainsi que des tableaux, où ceux-ci peuvent être accrochés, et utilisés, notamment, dans les sections des affaires immobilières. L'aménagement des estrades permet à plusieurs membres du tribunal de siéger en même temps. En général, deux membres siègent à la fois, c'est-à-dire un avocat ou notaire, accompagné d'un autre professionnel, qui est médecin, évaluateur agréé, travailleur social, psychologue, psychiatre ou autre, selon la matière qui est examinée.
Le TAQ a aussi deux autres particularités le distinguant des tribunaux ordinaires : la facilité d'accès et la souplesse de la procédure.
Par ailleurs, les frais d'introduction du recours sont minimes ou inexistants : 60 $ pour contester l'évaluation municipale d'une propriété valant entre 100 000 $ et 250 000 $ et 0 $ pour les recours relevant de la section des affaires sociales.
À la réception du formulaire de recours introductif d'instance, le TAQ fait une vérification sommaire. « On a beaucoup de gens non représentés qui déposent des recours qui ne vont pas chez nous , explique Me Forgues. On les appelle et leur explique la situation. Cela désengorge le système. Lorsque la personne insiste, on la laisse continuer son recours. »
Si la requête suit son cours, le TAQ la transmet à l'organisme dont la décision est contestée, lequel fera parvenir au requérant un exemplaire complet du dossier.
Si l'échec de la conciliation est constaté ou s'il n'y a pas de conciliation, les parties sont convoquées à l'audience de trois à quatre mois à l'avance.
De plus, selon les règles de procédure du TAQ, les parties doivent déposer leur rapport d'expertise au moins 15 jours avant la date d'audition.
Il y a de plus en plus de conférences de gestion et de conférences préparatoires. Les premières permettent d'accélérer le déroulement de l'instance pour entendre la cause dans un délai raisonnable, mentionne Me Forgues. Leur utilisation a permis de faire chuter le nombre des remises. Les conférences préparatoires, elles, contribuent à ce que l'audition se déroule efficacement, par exemple, en éliminant d'avance les témoignages inutiles.
Avant le début de la séance du TAQ, les justiciables ont l'occasion de rencontrer un préposé aux salles d'audience, qui peut démystifier pour eux le travail des juges administratifs, les rassurer et leur expliquer comment ça va se passer, indique Me Forgues.
En fin de compte, le délai de traitement d'un dossier, depuis le dépôt de la requête introductive jusqu'à sa fermeture, n'est pas très élevé. Par exemple, en 2003-2004, dans 48 % des dossiers de la section des affaires sociales, ce délai a été de moins d'un an.
Pour en savoir davantage sur le TAQ : http://www.taq.gouv.qc.ca.
Trois conseils aux avocats qui agissent devant le TAQ1. Ne vous montrez pas trop rigide avec la procédureLe Code de procédure civile ne s'applique pas. L'instance est plutôt régie par les Règles de procédures du TAQ , qui comportent seulement 36 articles. « On montre de la souplesse dans l'analyse des vices de forme et des irrégularités , affirme en entrevue Me Forgues. Si, par exemple, la partie a déposé son rapport d'expertise 14 jours avant l'audience au lieu des 15 jours exigés dans les règles de procédure, on va probablement autoriser le dépôt en donnant le temps à l'autre partie de le consulter. »
2. Soyez transparent
3. Rappelez-vous que vous êtes devant un organisme multidisciplinaire |