Mes Jean-Daniel Bélanger Ralph Heintzman |
Encore une fois, un évènement tiré de l'actualité récente a servi de hors-d'œuvre à la conférence. La juge Johanne Gauthier, de la Cour fédérale, à Ottawa, qui présidait la table ronde, a soumis en ouverture le cas du plus célèbre des « whistleblowers ». On le sait, le bien nommé « Deep Throat », ou Mark Felt de son vrai nom, vient tout juste de se révéler au grand public, plus de 30 ans après avoir révélé des secrets d'État.
Le numéro deux du FBI avait provoqué le scandale du Watergate en « coulant » des informations cruciales, qui allaient contribuer à la démission du président américain Richard Nixon, en août 1974. Ce sont les journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein qui avaient étalé l'affaire au grand jour en publiant une série d'articles choc dans le Washington Post.
Me James Cameron |
La juge Gauthier a affirmé que les révélateurs sont confrontés à un joli dilemme lorsque vient le temps de dévoiler des informations explosives. Déchirés entre le devoir de loyauté envers leur employeur et leur propre sens de l'éthique, qui vient régir leur conscience citoyenne.
Il préfère d'ailleurs ne pas qualifier ces employés de dénonciateurs, terme qu'il juge trop péjoratif.
Autre spécialiste de la question des «whistleblowers», Me Ralph Heintzman souligne qu'il serait plus intéressant « d'adopter des lois sur le "right doing" plutôt que de dénoncer le "wrong doing" », encourager la bonne conduite plutôt que de corriger la situation après les faits.
Me Heintzman est vice-président, Valeurs et éthiques, de la fonction publique à Ottawa. Il a rappelé que la confidentialité était essentielle dans le processus de divulgation parce qu'elle donne confiance aux révélateurs. De plus, a-t-il souligné, la confidentialité protège par le fait même les employés accusés d'actes fautifs.
S'appuyant sur des statistiques recueillies en une année dans la fonction publique, Me Heintzman a soutenu que, malgré tout, une majorité de « whistleblowings » ne s'avèrent tout simplement pas fondés. D'où la nécessité de protéger les deux parties.