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Le Journal
Volume 37 - numéro 12 - 1er août 2005

ACTUALITÉ JURIDIQUE
Des policiers pourront devenir avocats
Voyager bien informé pour voyager en santé
Carrefour d'expertise sous un même toit
Attention de ne pas confondre représentation et rédaction!
La réflexion mène à un virage majeur
Quelques précisions s'imposent
Trop de palais de justice?
Les étrangers, leurs droits et la forteresse occidentale
Fermez les livres et ouvrez votre cœur
Harcèlement psychologique : une première année concluante
Ouvrir enfin le dialogue
Créer et annoncer à l'abri des litiges
Éducaloi : un phare bien implanté
Harcèlement psychologique : une première année concluante
Comment accéder à un système judiciaire équitable et droit
Une alliance juridico-médiatique réussie
Rien ne se perd
AUDI ALTERAM PARTEM
S'exprimer d'une seule voix!
Réponse adressée à Me Harold M. White
Le Québec face au droit familial multiculturel
BRÈVES
Réorienter sa carrière?
Signature de la convention collective
Les Prix du Mérite
Vingt ans, bien sonnés
Ce que vous devez d'abord savoir
Catherine Biron remporte la bourse Vicomte-Bennett
Avis d'élection à l'AAP
Avis de convocation
CHRONIQUES
Barreaux de section
Comité des requêtes
Propos de la Bâtonnière
Parmi nous
D'une couverture à l'autre
Barreau de Montréal
Dans les associations
Le cirque de Karla

COMITÉ DE DISCIPLINE
Amende de 1 000 $ pour défaut de
fournir sa nouvelle adresse
Son compte en fidéicommis, utilisé comme compte personnel
À trois reprises, les demandes du Syndic restent lettre morte

Le premier Conseil général 2005-2006

Des policiers pourront devenir avocats

Yves Lavertu

La voie est désormais ouverte pour que des policiers puissent exercer au Québec certaines activités en tant qu'avocats. Réunis le 17 juin à Montréal, les membres du Conseil général du Barreau du Québec, sous la présidence de la nouvelle bâtonnière, Madeleine Lemieux, ont donné leur aval pour modifier en ce sens la réglementation de l'Ordre professionnel. Des changements au Code de déontologie des avocats s'avéraient nécessaires pour autoriser certains policiers admissibles à s'inscrire comme membres de l'Ordre et pour permettre à certains avocats de devenir policiers, tout en demeurant membres du Barreau.

Naissance de l'avocat policier

Les délégués ont abrogé de la réglementation le passage concernant l'impossibilité pour un agent de police et un avocat d'exercer les activités professionnelles de l'autre groupe. Plus précisément, ils ont donné leur accord à une levée de l'incompatibilité entre les deux fonctions, une disposition enchâssée jusqu'alors dans le Code de déontologie des avocats.

Ailleurs au Canada, les policiers jouissent déjà de la possibilité de devenir membres du barreau de leur province. Leur champ d'action comprend notamment la représentation de collègues devant des instances de discipline, l'émission d'opinions juridiques destinées à leur institution, ou la représentation légale devant les tribunaux, dans le but de servir les intérêts du corps de police auquel ils appartiennent.

Vice-président, M<sup>e</sup> Stéphane Rivard, et la bâtonnière du Québec, Madeleine Lemieux
Vice-président, Me Stéphane Rivard, et la bâtonnière du Québec, Madeleine Lemieux

Au Québec, on recense également un certain nombre de policiers qui sont bacheliers en droit et qui sont passés par l'École du Barreau. Il s'en trouve, par exemple, au Service de police de la Ville de Montréal, à la Sûreté du Québec ou encore à la Gendarmerie royale du Canada. Plusieurs d'entre eux souhaitaient s'inscrire au Tableau de l'Ordre.

Le problème majeur auquel a dû faire face le Barreau dans ce dossier résidait dans l'opposition pouvant exister sur le plan des règles éthiques entre les fonctions d'avocat et celles de policier, notamment en matière d'enquête. Dans ce domaine, des policiers-enquêteurs peuvent être amenés à user de méthodes qui sont proscrites en vertu du Code de déontologie des avocats.

Outre le feu vert donné à la levée de l'incompatibilité, les membres du Conseil général ont, dans cet esprit, approuvé que l'on ajoute au Code de déontologie l'obligation pour l'avocat policier de « s'abstenir d'agir comme avocat hors du cadre de son emploi » et l'interdiction pour lui d'exercer « comme poursuivant en matière pénale et criminelle ».

Signalons qu'avant d'entrer en vigueur, le projet de modification du Barreau doit recevoir la sanction de l'Office des professions du Québec. Il n'est pas exclu que les légistes de l'Office puissent proposer des changements au libellé du texte soumis.

Haro sur le blanchiment d'argent

À la même assemblée, les membres du Conseil général ont choisi de confier à un comité ad hoc la tâche de se pencher sur les futures règles qui devront encadrer les avocats en matière de transactions comportant des sommes en espèces. Le comité devra livrer le fruit de son travail au prochain Conseil général, le 29 septembre, à Drummondville. Il aura notamment pour tâche d'apporter des réponses aux questions qui ont été soulevées le 17 juin, au cours de la rencontre.

Le document à la base des discussions proposait des modifications à la réglementation du Barreau, plus précisément au Règlement sur la comptabilité et les comptes en fidéicommis des avocats. Le projet s'inspirait à cet égard d'un règlement type élaboré par les membres de la Fédération des ordres professionnels de juristes du Canada, dont le Barreau du Québec fait partie. Il avait été mis au point dans le but de répondre aux exigences fédérales découlant de l'adoption par Ottawa d'une loi destinée à lutter contre le blanchiment d'argent au pays.

Figuraient dans le projet soumis à Montréal l'interdiction pour un avocat d'accepter des sommes en espèces de plus de 7 500 $ et l'obligation d'émettre une déclaration annuelle en rapport avec la question des espèces sonnantes. Tout comme la plupart des autres barreaux canadiens, le Barreau du Québec est appelé à ajuster sa réglementation en conséquence.

Justice participative : un plan d'action

À l'occasion de leur prochain rendez-vous à Drummondville, les délégués du Conseil général se pencheront sur un plan d'action qu'ils viennent de commander en matière de justice participative. Dans un récent rapport intitulé La transformation des rapports humains par la justice participative, la Commission du droit du Canada suggère à divers intervenants - dont les juristes - des moyens qui visent à favoriser cette culture de justice, axée sur la résolution de conflits.

À la rencontre du 17 juin, Me Miville Tremblay, premier conseiller au Barreau de Hull, a proposé et obtenu que le Comité de médiation du Barreau dépose à la prochaine réunion de septembre « les grandes lignes d'un plan d'action pour développer et promouvoir la justice participative au sein de la profession ».

Gouvernance : sondage et études comparatives

Dans le cadre de leurs assises montréalaises, les membres du Conseil général ont également pris connaissance du calendrier de travail établi en vue de la réalisation d'un important projet d'études sur la gouvernance au sein de leur Ordre professionnel. Présidé par le bâtonnier Denis Mondor (2004-2005), un Comité des sages a été mis sur pied à ce sujet.

Le programme, a expliqué M. Claude Ducharme, œuvrant pour le Comité nouvellement formé, comporte un sondage auprès des avocats inscrits au Tableau du Barreau et un certain nombre d'études comparatives. On compte ainsi se pencher sur le fonctionnement de 11 des 45 ordres professionnels du Québec, dont ceux qui regroupent les architectes, les dentistes, les comptables agréés, les notaires, les psychologues et les médecins. Sera également scruté le mécanisme de quatre barreaux canadiens; soit ceux de l'Ontario, de la Nouvelle-Écosse, de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. Enfin, le Comité examinera ce qui se fait ailleurs dans le monde par une analyse de la gouvernance au sein des barreaux de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, de l'Angleterre, de l'Écosse et de Paris. La présentation du rapport final aura lieu le 17 mars 2006, dans le cadre du Conseil général du Barreau.

Un impact sur la pratique

Un mois après sa parution, une récente décision judiciaire susceptible d'avoir des répercussions sur la pratique des avocats québécois a été portée à l'attention des membres lors de l'assemblée. Le 19 mai dernier, le juge Simon Brossard, de la Cour du Québec, a émis un jugement, qualifié, lors de la rencontre du Barreau, de « très intéressant ».

La décision confirme les exceptions contenues à l'article 128 de la Loi sur le Barreau en matière de préparation et de rédaction de documents à produire devant les tribunaux - telles les procédures - et elle invalide certaines parties de la réglementation de la Régie du logement dans ce domaine. « Il n'est pas permis à une personne qui n'est pas avocat de rédiger et déposer pour autrui une demande à la Régie du logement », a conclu le juge Brossard.

Un vote inusité

Enfin, un évènement plutôt rare dans les annales du Barreau s'est produit au cours de l'assemblée du 17 juin. Il a fallu procéder à un vote en vue d'élire au comité administratif de l'Ordre le nouveau représentant du public, nommé par l'Office des professions du Québec. Deux candidats, sur les quatre nommés pour faire partie du Conseil général, désiraient occuper pour l'exercice 2005-2006 le poste réservé à ce membre au sein du comité administratif.

Faute de parvenir à un consensus entre les représentants du public, un vote secret s'est tenu parmi les membres du Conseil général. C'est finalement M. Raoul Desmeules, un ancien haut fonctionnaire du gouvernement québécois, qui a été élu, en remplacement de M. Jean Piérard.

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