En janvier prochain, 24 étudiants lyonnais inscrits au MASTER 2 professionnel spécialisé en droit des affaires à l'Université Lumière Lyon II (ci-après « Lyon II ») viendront séjourner à Montréal, le temps d'une session, afin de se familiariser avec les bases du droit des affaires canadien.
Réciproquement, les étudiants à la maîtrise en droit des affaires de l'Université de Montréal pourront faire de même et aller étudier à Lyon pour la même période de temps. Ce nouveau programme d'échange s'inscrit dans un partenariat existant entre les deux universités depuis juin 2003, ayant déjà produit nombre de résultats.
Se mettre à l'heure du monde
Selon Jean-Louis Navarro, maître de conférences à la Faculté de droit et science politique à Lyon II, ce programme d'échange permettra « de donner à un étudiant d'une culture juridique donnée un certain nombre de bases, de clefs, dans un autre système juridique pour qu'il puisse par la suite, en fonction de son activité professionnelle, ou tout simplement de ses goûts, approfondir [lesdites bases et clefs] ».
Pour Guy Lefebvre, professeur titulaire et vice-doyen au développement de la Faculté de droit de l'Université de Montréal, l'importance d'un tel programme ne fait aucun doute. « Quand on se retrouve à 13 heures de vols de Beijing et à plus forte raison, à six heures de l'Europe, et ce, dans un contexte de constante globalisation des marchés, il devient primordial d'offrir aux étudiants des programmes d'études qui répondent à ces nouvelles réalités. »
24 à Montréal, 0 à Lyon
Depuis l'annonce du programme, au milieu de l'été, les étudiants montréalais inscrits à la maîtrise en droit des affaires ont démontré à son égard un intérêt mitigé. En effet, au début du mois de septembre, Guy Lefebvre rapportait que seulement une poignée d'étudiants avait fait part de leur intérêt, sans toutefois faire parvenir de dossier complet de candidature.
Le vice-doyen de la Faculté de droit de l'Université de Montréal, Michel Morin, a confirmé au Journal du Barreau que, pour cette première année du programme, aucun étudiant montréalais ne partirait pour Lyon II. Les raisons invoquées pour expliquer cela sont de nature administrative, l'annonce tardive de la mise sur pied du programme et la date limite pour recevoir les inscriptions (le 22 août dernier) y seraient pour quelque chose.
Engouement outre-mer
À Lyon II, c'est tout le contraire qui se produit. « Plus de 150 dossiers de candidatures ont été déposés, certains venant d'aussi loin que le Liban, le Viêt-nam, la Moldavie et le Brésil. Cette année, 24 étudiants de Lyon II participeront au programme d'échange et viendront étudier à Montréal en janvier prochain », souligne M. Navarro.
De l'obligation à la quête d'une seconde langue
Pour expliquer cet écart participatif, le premier élément que porte à notre attention M. Lefebvre est le caractère obligatoire que revêtent les échanges internationaux pour les étudiants lyonnais. « Rendus au MASTER 2, les étudiants doivent obligatoirement participer à un échange d'étude international. »
M. Lefebvre souligne deux autres points : dans un premier temps, la France possède un bassin d'étudiants plus important que celui du Québec et, en second lieu, les étudiants de la Faculté de droit de l'Université de Montréal sont fortement encouragés à développer une deuxième ou parfois même une troisième langue. Dans cette optique, explique-t-il, aller étudier en France pour un francophone représente peut-être moins d'intérêt que d'aller étudier dans un pays où la communauté de langue n'existe pas.
Pour MM. Lefebvre et Morin, ce n'est toutefois qu'une question de temps avant que les étudiants montréalais ne s'intéressent au programme d'échange avec Lyon II. D'ici là, les étudiants de l'Université de Montréal de même que leurs professeurs continuent de participer à d'autres partenariats internationaux et programmes d'échanges avec de nombreuses universités. Avec Lyon II, la collaboration se poursuit également et devrait mener à la publication d'un ouvrage portant sur l'acculturation en droit des affaires, projet auquel ont déjà participé 25 universitaires des deux institutions. Dossier à suivre!