« Je veux que tous les membres de notre vaste section sachent ce qu'on fait pour eux, et pas seulement en temps de crise. » Ce souhait de la bâtonnière de Laurentides-Lanaudière, Maria D'Onofrio, n'est pas qu'un vœu pieux. Déjà, elle a pris le virage « courriel » pour l'invitation au tournoi de golf, l'été dernier. Et elle compte bien répéter l'expérience tout au long de son mandat, que ce soit pour transmettre des communiqués ou pour consulter les avocats de la section.
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Bâtonnière de Laurentides-Lanaudière, Maria D'Onofrio |
Pour l'avocate du Bureau d'aide juridique de Saint-Jérôme, des membres informés des dossiers et des décisions prises par le Conseil d'administration sont des membres qui participent à la section. Et, comme elle rêve d'une section dynamique où la participation bat des records, elle met en place des moyens de communication efficaces.
Qu'en pensez-vous?
Bâtonnière veut connaître l'opinion des membres. En entrevue au Journal du Barreau, elle avoue être souvent sollicitée par le Barreau du Québec sur diverses questions et regrette de ne pouvoir se pencher autant qu'elle le voudrait sur les différents dossiers. Elle croit que la consultation des membres par Internet pourra nourrir la réflexion et mieux outiller les conseillers dans leurs recommandations.
Bientôt, elle devra s'attarder à la question de la gouvernance. Bien qu'elle ait entrepris sa propre réflexion à ce sujet, elle souhaite grandement la contribution des avocats de Laurentides–Lanaudière. « Quelle est la vision des membres de notre section? Comment le Barreau peut-il nous représenter? Faut-il mettre l'accent sur les régions ou, au contraire, privilégier la centralisation? Veut-on être plus mouvant? Plus souple? » demande Me D'Onofrio.
Ce que le jumelage peut devenir
Les liens d'amitié sont tricotés serrés depuis 15 ans entre le Barreau de Laurentides–Lanaudière et celui de Draguignan, non loin de Saint-Tropez. C'est sur ces bases solides que la bâtonnière souhaite pousser le jumelage à un stade plus structuré et plus stable.
Les projets d'échanges avec le Barreau de Draguignan, comme l'envoi de stagiaires et l'ouverture des liens en médiation civile et commerciale, sont laissés à la discrétion, d'une année à l'autre, des conseillers en place. « Chacun applique sa vision personnelle, ce qui fait que les relations ont été inégales au fil du temps, d'où l'importance de donner un mandat plus précis et à long terme au comité de Draguignan. Après 15 ans, nous sommes maintenant assez mûrs pour donner une vraie direction [au jumelage] », croit Maria D'Onofrio.
Comité sur le jumelage avec le Barreau de Draguignan est tout indiqué pour mettre en place ces nouveaux objectifs. La bâtonnière pense notamment aux possibilités de carrières à développer avec les collègues européens.
Jeune Barreau
« J'ai une vision, un rêve fou : j'aimerais que les jeunes en région puissent accéder à des carrières internationales, que les occasions d'affaires ne soient pas seulement réservées à certains avocats des grands bureaux de Montréal. »
« Le Jeune Barreau va très bien et nous en sommes très fiers », souligne Me D'Onofrio. Les avocats de 10 ans et moins de pratique représentent 30 % des membres de la section.
Elle encourage ces jeunes à exprimer leurs besoins en formation, qui sont fort différents de ceux des avocats plus expérimentés.
Le Jeune Barreau a d'ailleurs lui-même organisé une rencontre avec le juge coordonnateur du district de Saint-Jérôme, Jean-François De Grandpré. Que faut-il faire et surtout que ne faut-il pas faire devant le magistrat ? Le juge a exposé aux jeunes professionnels ses attentes envers un avocat pendant un procès.
Bien que le Barreau Laurentides–Lanaudière offre des subventions aux membres assistant à des formations à Montréal offertes par le Barreau du Québec, la bâtonnière favorise la formation sur mesure donnée par des avocats de la section. Elle pense, par exemple, à une formation sur la conciliation comme méthode alternative de résolutions de conflits. « C'est une méthode avant-gardiste qui a de l'avenir dans le monde juridique. Les avocats doivent occuper la place qui leur revient avant que d'autres juristes ne la prennent. Nous devons nous dépêcher d'aller chercher de l'information. »
Je me souviens...
Maria D'Onofrio en rit, mais en réalité la situation est plutôt tragique : « Notre Barreau n'a pas de mémoire! » s'exclame-t-elle. Sans système d'archivage ni de lieu précis où entasser la paperasse, des tonnes de boîtes sont éparpillées à Saint-Jérôme, à Joliette, parfois même dans le bureau d'anciens bâtonniers. Sans index, trouver une résolution adoptée par un précédent Conseil relève d'un scénario de Mission impossible.
Maria D'Onofrio refuse de jouer à l'anthropologue. Pour des raisons d'efficacité et de pur bon sens, elle ne veut plus se fier à la mémoire humaine ou à la « tradition orale ». « On réinvente la roue à chacune de nos réunions! C'est ridicule et tragique en même temps », se désole la bâtonnière.
Elle n'a pas l'ambition de mettre de l'ordre dans toutes les boîtes pêle-mêle. Par contre, elle promet d'instaurer un système qui lui permettra de partir du bon pied. Les procès-verbaux de chaque réunion seront archivés dans une section du site Web accessible aux membres seulement.
Aussi, elle veut enrichir le site de banques de données pour les membres et le public. Elle voit grand. Pourquoi ne pas publier des annonces sur Internet ou même mettre en place un forum de discussions? Une question du genre « Quelqu'un connaîtrait-il un expert en physique nucléaire au tarif de l'aide juridique? » obtiendra une réponse en peu de temps.