Horaires flexibles, télétravail, congés au mérite… la liste des avantages offerts aux employés des Éditions Yvon Blais/Carswell a de quoi impressionner.
Au début de 2005, l’approche novatrice de l’entreprise en matière de ressources humaines en faisait même le 31e meilleur employeur au Canada selon le Report on Business Magazine. Quand la conciliation devient payante…
Mme Charmian Harvey |
En 2000, Carswell entreprenait un vaste exercice de réflexion stratégique. Tous les aspects du fonctionnement de l’entreprise ont alors été scrutés à la loupe, à commencer par les valeurs véhiculées, à l’interne comme à l’externe. Pour Charmian Harvey, alors directrice générale des Éditions Yvon Blais/Carswell pour le Québec, c’est l’établissement de l’équilibre comme valeur fondamentale qui a permis que le reste s’organise en ce qui concerne les ressources humaines. « Malgré toute la bonne volonté du monde, les programmes de conciliation travail-famille ne marchent pas seuls. Il y a des pierres angulaires. L’engagement des directeurs, la mise en place de mesures claires, de systèmes et de procédés de suivi, mais, par-dessus tout, la valorisation des valeurs et de la culture ambiante sont essentiels. »
Si l’ancienne directrice générale insiste tant sur la culture ambiante, c’est que l’appropriation des nouvelles valeurs dominantes de l’entreprise a nécessité un véritable changement de culture. « Nous avons revu nos façons d’évaluer le travail. Nous avons identifié les compétences devant être détenues par tout le monde, et certaines autres selon la fonction occupée, puis des mesures ont été établies pour mesurer le rendement et la performance. Ça changeait complètement notre vision et nos habitudes de travail. Il nous a fallu, dit-elle, apprendre à faire une gestion par résultats plutôt que par le nombre d’heures travaillées. »
Concrètement, illustre Diane Arseneau, nouvelle directrice générale de l’entreprise depuis l’été dernier, « il arrive même que des augmentations de salaire soient attribuées à un employé uniquement en tenant compte de nouvelles compétences acquises ».
Mme Diane Arseneau |
Plusieurs mesures liées à la conciliation travail-famille ont parallèlement été mises de l’avant. Les modalités relatives aux heures travaillées ont notamment été assouplies. En fait, explique Diane Arseneau, « la seule exigence est que les gens soient là de 10 h le matin à 16 h le soir. En dehors de cela, tant qu’ils produisent ce qu’ils ont à faire, que les résultats sont là, ils ne sont pas embêtés ».
Un projet pilote favorisant le travail à la maison a également été mis de l’avant, de même que la possibilité de travailler à temps partiel ou de faire du temps partagé. Les horaires de travail ont aussi été comprimés. Chaque vendredi, le bureau ferme ses portes à 13 h, été comme hiver. Pour compenser, les employés doivent toutefois allonger leurs heures les lundis et jeudis ou encore écourter leurs heures de lunch.
Davantage de vacances et de repos
Plus encore, une pléiade d’autres avantages a été ajoutée. La durée des vacances annuelles a été prolongée. En plus de leurs congés de maladie, les employés peuvent se prévaloir de deux jours qualifiés de « journées personnelles » qu’ils peuvent utiliser comme bon leur semble en cours d’année. Des journées au mérite sont aussi offertes lorsqu’une contribution exceptionnelle est notée ou lorsqu’un projet a été mené à terme avec succès.
Le yogaainsi que les conférences sur la santé physique et psychologique font aussi partie de la réalité de l’entreprise, le tout sans frais.
Beaucoup d’efforts ont aussi été investis pour favoriser le plaisir au travail. Des sorties au cinéma avec pop-corn gratuit sont organisées en semaine, et la crème glacée est offerte l’été lors des canicules. « À ma dernière visite à Toronto, relate Diane Arseneau, les gens de l’équipe des finances étaient tous déguisés en Hawaïens. C’est loin de l’image que l’on peut se faire du monde sérieux des chiffres. Ici, les employés sont souriants et ont du plaisir. Et ça ne les empêche pas de travailler très fort. » La firme se dit par ailleurs « accommodante » par rapport aux demandes de congés prolongés ou aux absences liées à certains engagements sociaux.
Payant tout cela ? Plus que l’on oserait l’imaginer. En fait, depuis trois ans, l’entreprise a dépassé ses objectifs financiers, non seulement en termes de revenus, mais aussi de marges de profit. Le taux d’absentéisme et les cas d’invalidité sont en chute libre. La directrice générale parle en fait de « moins de quatre jours d’absence par an par employé ».
Inversement, la satisfaction du personnel, elle, n’a jamais été aussi élevée. Périodiquement vérifié au moyen de sondages, le taux de satisfaction était en hausse de 26 % au début de 2005.
Le taux de roulement du personnel est aussi en baisse et est resté sous la barre du 6,5 % au cours des trois dernières années. « Quand je suis arrivée dans l’entreprise il y a quelques mois, raconte Diane Arseneau, je savais que Carswell figurait parmi les 50 meilleurs employeurs au Canada. Je croyais par contre que ce type de classement relevait davantage du marketing qu’autre chose. J’ai vite réalisé que ce n’était pas de la poudre aux yeux. L’équilibre entre la vie familiale et le travail est vraiment une valeur fondamentale de l’entreprise et on le sent tous les jours. »