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Le Journal
Volume 37 - numéro 9 - 15 mai

ACTUALITÉ JURIDIQUE
Une visionnaire pour 20 000 experts au service du public
Gérer la nouveauté, gérer les changements
Un portrait fort utile pour guider maintes initiatives du Barreau
Le greffe civil en ligne : une réussite probante
Une alliée méconnue des entreprises canadiennes
Les avocats invités à répondre et à susciter la demande
AVIS
Règles relatives à la présentation des résolutions à l'Assemblée générale annuelle des membres du Barreau du Québec
Avis de convocation
Avis de convocation
BRÈVES
Quatre personnalités juridiques décorées
Titre de chevalier pour le doyen Louis Perret
Nomination à la magistrature
CHRONIQUES
PARMI NOUS
PROPOS DU BÂTONNIER
BARREAUX DE SECTION
JUSTICE ET SOCIÉTÉ
D'UNE COUVERTURE À L'AUTRE
CHRONIQUE TECHNO
DANS LES ASSOCIATIONS
BARREAU DE MONTRÉAL
COLLOQUES, CONFÉRENCES, SÉMINAIRES...
Tribunaux hésitants à intervenir
La preuve de faits similaires
Être généreux de son talent
Fiction juridique et réalité biologique
Juger du contrat? ou de la justice du contrat?
Qui est responsable de quoi?
CONGRÈS 2005 - LA JUSTICE ! QUELLE JUSTICE ?
Une première : 5 thèmes et 6 ateliers
Un atout fiscal dans le jeu corporatif
Quand la télé parle criminalité
Haro sur la discrimination
Loin d'être un droit exclusif … le droit autochtone est des plus inclusifs

Madeleine Lemieux, bâtonnière élue pour 2005-2006

Une visionnaire pour 20 000 experts au service du public

Yves Lavertu

« Chaque fois qu'il y a des questions de justice qui se posent, le Barreau doit faire connaître son opinion. C'est sa responsabilité de le faire, parce nous sommes 20 000 experts sur ces questions-là. »

Élue récemment par acclamation bâtonnière du Québec, Me Madeleine Lemieux annonce ses couleurs. Elle entend placer son mandat, qui débute le 4 juin, à l'enseigne des débats publics auxquels doit activement participer le Barreau du Québec. La future présidente de l'Ordre des avocats compte défendre haut et fort le fait que la justice est bel et bien une composante essentielle de notre démocratie.

M<sup>e</sup> Madeleine Lemieux, bâtonnière élue pour 2005-2006
Me Madeleine Lemieux, bâtonnière élue pour 2005-2006

Un vaste bagage

Avocate à la feuille de route bien remplie, Me Lemieux, qui présidera aux destinées du Barreau pour l'année 2005-2006, arrive avec une expérience de praticienne, d'administratrice et de formatrice, en plus d'emmener dans son bagage une connaissance de l'intérieur de son ordre professionnel.

Membre du Barreau depuis 1974, elle cumule une pratique de près de 20 ans en cabinet privé. La première tranche de sa carrière d'avocate s'est déroulée à Bedford, de 1975 à 1986.

Après une interruption d'une décennie, consacrée à l'administration publique, elle est revenue exercer son métier, toujours à Bedford, à compter de 1997.

Un port d'attache

Aujourd'hui, Me Lemieux travaille au sein du cabinet Paradis, Lemieux, Francis, de cette localité, située à quelque 85 kilomètres au sud de Montréal et campée au cœur même du district judiciaire de Bedford.

Frontalière avec le Vermont, la région se trouve, administrativement parlant, à cheval entre l'Estrie et la Montérégie. Madeleine Lemieux éprouve un fort sentiment d'appartenance et un profond attachement pour ce coin de pays, où habite également le chroniqueur bien connu de La Presse, Pierre Foglia. Elle y retrouve une qualité de vie sur le plan humain et professionnel qui l'enchante. « C'est une région, dit-elle, où j'ai l'impression d'avoir plus de contrôle sur ma vie et sur mon environnement. »

Représenter et accompagner

Au cours de ses années de pratique à Bedford, l'avocate s'est progressivement spécialisée dans des domaines particuliers, soit le droit administratif, plus précisément le droit agricole, le droit du travail et le droit municipal.

Elle a représenté, notamment, divers organismes publics, ainsi que des producteurs agricoles, des transformateurs et des industriels, pour des affaires concernant souvent des questions de mise en marché ou encore de réalisation de projets. À ce titre, elle a accompagné plusieurs clients dans des démarches visant l'obtention de permis ou d'autorisations. Encore aujourd'hui, elle se retrouve régulièrement devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec.

Épeler de l'intérieur le vocable « région »

Habiter en région signifie devoir vivre en dehors du territoire où les sièges de décision se trouvent. C'est aussi subir les contrecoups des choix des gouvernements, qui pensent en termes de centralisation des services. Transferts d'activités et délocalisations ont forcément un impact sur la profession, dit-elle. L'avocat en région, de dire Me Lemieux, doit travailler très fort pour se faire une clientèle et la conserver. Il doit de plus être en mesure d'insuffler à ses services « une valeur ajoutée ».

« Les » régions et non pas « la » région

Bâtonnière de la section de Bedford en 1999-2000 et membre active de l'Association des avocats de province (elle y a, entre autres fonctions, été vice-présidente), Madeleine Lemieux a pu se forger une conception bien précise du rôle que doit jouer un bâtonnier dans ses rapports avec les régions.

M<sup>e</sup> Lemieux juge prioritaire d'assurer la réalisation des recommandations du rapport sur la formation permanente
Me Lemieux juge prioritaire d'assurer la réalisation des recommandations du rapport sur la formation permanente

Pour elle, se montrer sensible à cette dimension, cela veut dire « ne jamais penser que la province est une grande place uniforme où tous les problèmes sont les mêmes et où toutes les solutions sont les mêmes ». Les solutions, déclare-t-elle, doivent émaner du milieu, car elles sont souvent les plus appropriées et les plus adéquates.

C'est pourquoi, enchaîne la juriste, la tournée des bâtonniers est si importante. Et, assurément, elle doit se poursuivre. Mais l'activité se doit d'englober aussi Montréal et Québec. Montréal a été un peu négligée, constate-t-elle, les avocats de la métropole participant moins que les autres à la vie du Barreau. La nouvelle bâtonnière a la ferme intention de corriger la situation.

Décennie à la tête du Conseil des services essentiels

Madeleine Lemieux prend les commandes du Barreau, riche d'une expérience passée au sein d'une institution publique d'importance, le Conseil des services essentiels, un organisme gouvernemental québécois chargé de la surveillance de l'exercice du droit de grève dans les services et le secteur public. Elle y a travaillé de 1986 à 1997, dont 10 ans à titre de présidente.

C'est une « bonne école », évoque-t-elle, tant sur le plan juridique qu'en matière de gestion financière et de gestion des ressources humaines.

Et, chose capitale pour la suite des choses, elle y a développé un sens de la vision. « Il fallait avoir, confie-t-elle, une vision bien claire du rôle de mon organisme et des moyens pour y arriver. »

Cet apprentissage va aujourd'hui lui servir. « Quand on arrive au Barreau, explique la nouvelle élue, on est au bâtonnat pour une seule année. Encore une fois, il faut avoir des idées bien claires d'où on s'en va et des moyens qu'on peut utiliser pour y arriver. »

Les médias, partenaires essentiels

La mission d'information et de sensibilisation du Conseil l'a parfois amené à se retrouver sur la ligne de front et à devoir encaisser un étalage de frustrations émises publiquement, comme les propos de ce commentateur de radio qui, indigné de la situation « épouvantable » engendrée par une grève en région, sommait le Conseil de régler lui-même le conflit.

La présidente s'est donc frottée de près aux médias et a pu réfléchir à leur rôle. Pour elle, il s'agit de « partenaires essentiels ». On ne contrôle pas le contenu de ce qu'ils diffusent, et c'est bien ainsi, convient-elle. En revanche, cela oblige des organismes comme celui qu'elle a dirigé à rendre des « décisions extrêmement lisibles, claires et résumées ».

Donner l'heure juste aux journalistes

Et puis, commente l'ancienne administratrice, il faut savoir être disponible avec la presse. Lorsque 20 000 employés d'Hydro-Québec déclenchent une grève, ou quand les infirmières annoncent leur intention de recourir à ce moyen de pression, cela suscite des craintes au sein de la population. Les journalistes veulent avoir l'heure juste, et il faut être en mesure de bien communiquer son message. Les mêmes habiletés, fait-elle valoir, sont nécessaires au Barreau, dont la mission première consiste à protéger le public.

Bref, ce passage de plus d'une décennie dans un univers socialement « stratégique » et où l'on s'emploie à faire évoluer les mentalités a été, pour l'avocate de Bedford, une expérience absolument passionnante.

Au pays de Nelson Mandela

Passionnantes ont également été ces quelques semaines de l'été 1997. Au mois de juillet de cette année-là, Madeleine Lemieux fait ses valises et part pour Johannesburg, Afrique du Sud, la patrie du leader noir Nelson Mandela, l'une de ses idoles depuis son adolescence.

Six ans plus tôt, le pays avait officiellement aboli l'apartheid, régime raciste, et était secoué par des grèves importantes qui ont, entre autres « outils », servi là-bas d'instruments de libération.

De Québec à Jo'burg : transfert de savoir-faire

En 1997, le modèle québécois de maintien des services essentiels en temps de grève est vu, dans cette contrée de l'hémisphère Sud, comme le plus respectueux des droits, aussi bien à l'égard des travailleurs, des employeurs que de la population en général.

L'experte-conseil du Québec vient y livrer son expérience au moment où les Sud-Africains s'interrogent sur la législation et la réglementation à mettre en chantier à ce chapitre. Et surtout, elle y apporte une approche singulière en matière de médiation pour ce qui touche à l'élaboration des services essentiels lorsque éclate une grève.

Adjudication et arbitrage

De retour à la pratique privée en 1997, l'ancienne présidente du Conseil des services essentiels met à profit, parallèlement à son travail, les compétences en arbitrage qu'elle a développées à la barre de cette institution.

Son expérience en adjudication est sollicitée principalement pour des questions d'arbitrage en droit du travail et, occasionnellement, en droit civil. Durant la même période, elle accepte quelques mandats en médiation.

Professeure, conférencière et auteure

En marge de son métier principal, Me Lemieux enseigne également. Dans son curriculum vitæ, la liste des activités en tant que formatrice en droit se déploie longuement, et il faut remonter à 1985 pour en noter le début. Depuis ce temps, elle n'a cessé d'œuvrer dans ce domaine. De 2001 à 2004, par exemple, elle offre des cours à l'École du Barreau. Elle y aborde notamment des sujets ayant trait à la déontologie, à la pratique professionnelle et aux responsabilités de l'avocat.

L'avocate et formatrice se double aussi d'une conférencière et d'une auteure puisqu'elle a fait publier un ouvrage de référence en droit administratif, régulièrement mis à jour depuis sa parution. Il s'agit d'un guide annoté des règles de procédures et de preuves administratives, construit à partir de jugements importants émis dans ce domaine. Le livre énonce une règle et y associe la jurisprudence pertinente.

Tremplin idéal

Cette « femme-orchestre » vient de passer l'année au Barreau à un poste où le pas à franchir pour occuper les fonctions de bâtonnière n'est pas très grand. Elle est présentement vice-présidente de l'Ordre et préside, à ce titre, le Comité des Finances du Barreau. Cette transition représente pour elle une façon « essentielle » de se préparer au bâtonnat. « Cela serait impensable, souligne-t-elle, de partir de son bureau et de se retrouver soudain assise dans la chaise du bâtonnier. »

Au fil des ans, l'avocate a également pu se faire la main en exerçant de multiples fonctions au sein de l'Ordre. Elle a ainsi été membre du Comité de discipline, présidente du Comité du Fonds d'indemnisation et membre du Comité d'accès à la profession.

Toutefois, tient-elle à préciser, ces postes, toujours circonscrits autour d'un unique secteur d'activités, ne permettaient qu'une « vision parcellaire » de l'organisation. La vision globale, Madeleine Lemieux l'a acquise une fois rendue à la vice-présidence, un lieu névralgique pour la suite des choses.

Prendre le relais, mais aussi le témoin

Avec un tel parcours, on ne sera pas surpris d'apprendre que la prochaine bâtonnière du Québec envisage les priorités de son mandat en inscrivant tout d'abord un certain nombre de celles-ci dans la continuité. « Selon moi, expose Me Lemieux, l'une des responsabilités lorsqu'on arrive, c'est de s'assurer que les projets en marche se poursuivent durant l'année. C'est bien beau arriver avec son programme et ses idées. Mais il faut tenir compte des projets en marche. »

Nécessaire formation continue

Le premier d'entre eux concerne un projet en matière de formation continue, un dossier qui lui tient à cœur et dont les assises ont été solidement établies avec l'adoption de recommandations en lien avec un rapport présenté au Conseil général de mars dernier. « C'est nettement l'une de mes priorités, déclare-t-elle, que d'assurer la réalisation des recommandations du rapport. »

Au cœur des travaux

À cet effet, elle annonce son intention de siéger avec les autres membres du groupe de travail qui ont la tâche de donner suite à ce projet. Le Barreau, affirme Me Lemieux, a la responsabilité de rendre disponible une formation de qualité à ses membres; cela découle même de son mandat à l'égard du public.

C'est dans le cadre de ce groupe de travail que sera mise à l'ordre du jour la question des mesures incitatives à adopter, mesures propres à amener les avocats à s'inscrire aux séances de formation. On se penchera également sur le développement de nouveaux outils, particulièrement ceux reliés aux nouvelles technologies.

Autres chantiers

Parmi les autres projets en cours et desquels Madeleine Lemieux entend veiller à la réalisation, mentionnons un projet de réforme qui touche à la réglementation du Barreau en matière d'inspection professionnelle, un autre concernant les comptes en fidéicommis et, enfin, un suivi à assurer au sujet du Code de déontologie. Dans ce dernier cas, il s'agit d'y apporter quelques amendements, histoire d'effectuer les ajustements qui s'imposent.

D'abord et surtout le PUBLIC

L'une des grandes priorités dont la prochaine bâtonnière souhaite voir imprégné son mandat est la protection du public. Parfois, raconte l'ex-présidente du Conseil des services essentiels, la tentation peut être grande d'axer le gros des énergies dans le but de répondre de manière ponctuelle à des besoins exprimés par les membres. Certes, convient-elle, le Barreau se doit d'entreprendre des actions en ce sens. Mais il faut s'assurer de constamment recentrer l'Ordre sur sa mission fondamentale, celle de la protection du public.

Il y a plusieurs raisons à cela, indique-t-elle. L'une d'entre elles est qu'il s'agit du devoir du Barreau de le faire puisque l'indépendance des avocats passe par leur autodiscipline. « On a été interpellés de façon assez sévère par la Cour suprême au cours de l'année dernière », évoque Me Lemieux.

Les commentaires du plus haut tribunal du pays, poursuit la juriste, ne sont pas sans effet sur les façons de faire de l'Ordre en ce qui concerne son mandat de protection du public. Le Barreau n'a pas attendu ce jugement pour agir. Les améliorations du processus ont été amorcées bien avant. Mais il est clair qu'il faut faire encore plus et encore mieux.

Besoin criant d'outils

La praticienne qu'est Madeleine Lemieux aimerait bien, par ailleurs, que les membres du Barreau puissent avoir accès à des outils taillés sur mesure pour les aider à mieux gérer leur cabinet.

Le projet qu'elle caresse, à ce sujet, consiste dans l'élaboration d'un système d'audit, de gestion pour cabinet d'avocat et façonné par une firme extérieure. « Ce que les avocats gèrent, observe-t-elle, ce sont de petites entreprises. » Par conséquent, il leur faut suivre plus que quelques heures de cours s'ils veulent se transformer en gestionnaires compétents.

L'apport de spécialistes en gestion peut, à ses yeux, faire une différence. Elle a d'ailleurs identifié maints besoins. Elle dit même qu'elle serait la première à vouloir bénéficier de solutions que pourraient lui proposer des services d'experts en matière d'amélioration des méthodes de travail, de rentabilité, de planification ou de gestion des ressources humaines.

Bref, il s'agit d'un projet majeur, qui mobilisera également son temps durant son bâtonnat.

Accès, accès et accès… jusqu'à ce que le mot soit entendu

Thème sur lequel a beaucoup insisté le bâtonnier du Québec, Denis Mondor, la question de l'accessibilité à la justice sera aussi pour Madeleine Lemieux un cheval de bataille. Le sujet se trouvait déjà inscrit à l'intérieur de son programme au moment où elle briguait l'investiture à la vice-présidence.

« On va devoir en parler toute l'année, soutient-elle. C'est le rôle du Barreau d'être celui qui interpelle le milieu de la justice sur ces questions. C'est notre responsabilité. Et, parce qu'on est en première ligne, on voit les problèmes. C'est à nous de les soulever et de les présenter. C'est à nous aussi d'élaborer des solutions. »

Me Lemieux déclare, à cet effet, attendre beaucoup de la plénière du prochain Congrès du Barreau, en juin, qui a pour thème La justice! Quelle justice? Chose certaine, assure-t-elle, il faudra tout mettre en œuvre pour interpeller constamment le gouvernement sur ses responsabilités à cet égard.

La voix des jeunes avocats

Ayant eu l'occasion d'œuvrer avec de jeunes avocats, la formatrice considère ce segment important du Barreau comme une « fourmilière d'idées », mais aussi comme un bassin de préoccupations différentes de celles de leurs aînés.

Qu'il s'agisse de leur vision propre de la pratique, de la magistrature ou de la justice, leurs façons de voir doivent se refléter au sein des instances décisionnelles de l'Ordre. C'est important, observe Me Lemieux, car « on a tendance à oublier de s'assurer de la présence de jeunes au sein de certains comités ». D'où son engagement à soutenir les travaux de la Table de concertation des jeunes.

Une vision de la trajectoire

L'étape de la prise de conscience globale de l'organisation du Barreau est terminée. Désormais, Madeleine Lemieux a la possibilité de mener à terme un certain nombre de dossiers qui l'intéressent et qui recoupent, dans bien des cas, ceux auxquels l'Ordre professionnel donne actuellement priorité.

À l'aube de cette aventure, la bâtonnière élue conçoit son rôle non pas comme celui d'une gestionnaire, mais comme celui d'une visionnaire.

Les gestionnaires, signale-t-elle, sont déjà en place et ils sont hautement compétents. « Le bâtonnat, fait-elle plutôt valoir, c'est plus une responsabilité de vision, de direction et de réunion des conditions gagnantes pour que les projets se réalisent. » Elle se voit donc, en quelque sorte, comme un « guide ».

Souvent d'ailleurs, raconte-t-elle, les personnes qui l'ont inspirée dans sa vie avaient non seulement des idées, mais possédaient, en plus, la capacité de rassembler autour d'elles des équipes à même de les réaliser.

Font donc partie de ses expressions des termes comme « donner sa vision, indiquer la direction et se centrer sur la mission ». Voilà, résumées en quelques mots, les lignes de force qui devraient transparaître au cours du mandat de celle pour qui les trois valeurs fondamentales chez l'avocat consistent en l'intégrité, la compétence et l'humanité.

Un congrès particulier en tête

Madeleine Lemieux entrera officiellement en fonction lors de l'Assemblée générale annuelle des membres du Barreau, le samedi 4 juin, dans le cadre du Congrès 2005 du Barreau du Québec, à Gatineau.

Elle prendra sa charge en même temps que son confrère, Me Stéphane Rivard, vice-président élu pour l'année 2005-2006.

La prochaine bâtonnière du Québec n'est pas encore officiellement en poste, mais elle sait déjà et quand sera logé le Congrès du Barreau 2006. Il aura lieu plus tôt que les précédentes années, soit les 11, 12 et 13 mai, au Fairmont Reine Elizabeth, à Montréal, « ce qui est assez étonnant, fait-elle remarquer, pour une avocate de province, mais c'est un Congrès un peu particulier que je prépare. »

Me Lemieux confie vouloir faire de cette rencontre un évènement marquant axé sur la formation. Désireuse d'y voir converger le plus grand nombre d'avocats possible, elle a porté son choix sur Montréal, en bonne partie pour des questions d'accessibilité.

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