Barreau de Québec : L'établissement des premières cours de justice à Québec 1764-1775
Introduction
Mission du Barreau
Organigramme
Le Barreau annonce ses couleurs
Le bâtonnier et le conseil
Règlement du Barreau
150 ans engagés vers l'avenir
Galerie des bâtonniers et bâtonnières
Comités
Bibliothèque
Jeune Barreau de Québec
Bottin du Barreau


150 ans engagés vers l
L'établissement des premières cours de justice à Québec 1764-1775

Signé le 10 février 1763, le traité de Paris cède définitivement le Canada à l'Angleterre. Le 7 octobre suivant, le Roi émet une proclamation accordant au gouverneur général « le pouvoir de créer et d'établir [...] des tribunaux civils et des cours de justice publiques [...] pour entendre et juger toutes les causes aussi bien criminelles que civiles, suivant la loi et l'équité, conformément autant que possible aux lois anglaises ». Toutefois, ce traité n'entre en vigueur que le 10 août 1764 à cause du délai de 18 mois accordé aux Canadiens désireux d'émigrer.

C'est en vertu de cette proclamation que, le 17 septembre suivant, le gouverneur Murray fait publier une Ordonnance pour organiser et établir des cours de judicature, laquelle abolit l'usage de la coutume de Paris, sauf dans les causes entre Canadiens instruites avant le 1er octobre 1764, et lui substitue les lois anglaises. Désormais, toutes les causes civiles et criminelles devront être jugées « suivant les lois d'Angleterre et conformément aux ordonnances de cette province ». Il impose aussi le serment du Test qui contient une renonciation à la foi catholique. Les Canadiens sont donc exclus des postes clés de l'administration.

L'agitation chez les Canadiens ne tarde pas à se manifester, car plusieurs y voient une menace à leur droit de propriété. La tension monte à tel point que, dès le 6 novembre 1764, Murray se résout à rendre une nouvelle ordonnance qui prolonge jusqu'au 10 août 1765 la validité des lois françaises régissant la tenure des terres et les droits successoraux, soit le temps nécessaire à la préparation d'une nouvelle législation sur cette matière. Cette législation ne verra cependant jamais le jour et les Canadiens continueront de recourir à la coutume de Paris, même après la date limite du 10 août 1765.

Entre-temps, le 14 mars 1765, Murray accorde les premières commissions d'avocats enregistrés à Québec, à Jean-Baptiste Lebrun de Duplessis, François Lemaître-Lamorille, Jean-Antoine Saillant, et Guillaume Guillemin. Ils tiennent leur commission du gouverneur « durant bon plaisir » et peuvent être destitués pour « de bonnes et sérieuses raisons ».

Le 1er juillet 1766, le commandant en chef Irving amende considérablement l'ordonnance de Murray. Il autorise tous les sujets de Sa Majesté à remplir les fonctions de juré, avocat, solliciteur et procureur dans toutes les cours civiles et criminelles de la province, en les relevant de l'obligation de prêter le serment du Test, lequel est remplacé par un autre serment d'allégeance au roi prêté devant le gouverneur ou son représentant.


<<< >>>

Retour en haut de page
 Copyright © 2003 Le Barreau de Québec. Tous droits réservés