Barreau de Québec : Les premières tentatives d'incorporation, 1820-1840
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Les premières tentatives d'incorporation, 1820-1840

Les liens qui unissaient autrefois les avocats et les notaires ne se rompront définitivement qu'au milieu du XIXe siècle. En effet, devant l'augmentation constante des effectifs et l'admission croissante de candidats incompétents, avocats et notaires prennent rapidement conscience de leurs intérêts communs. Cette prise de conscience, qui s'accentue depuis les années 1820, peut se situer à deux niveaux : d'abord chez l'ensemble des membres des professions libérales, mais aussi au sein de chaque corps professionnel.

Entre 1820 et 1849, avocats, notaires et médecins engagent une lutte parallèle pour acquérir le respect et l'indépendance de leur profession vis-à-vis la Couronne et ses représentants. Mais, même si la Law Society of Upper Canada est incorporée dès 1822, les avocats du Québec subiront des échecs répétés à la législature. Ils doivent éventuellement se rendre à l'évidence que tout projet de loi tendant au droit de s'organiser en corps professionnels achoppera aux préjugés violents des membres des Conseils législatif et exécutif qui craignent la perte de certains pouvoirs avec la création de corporations indépendantes au sein de l'État. En effet, la tension entre la Chambre d'assemblée, majoritairement composée d'avocats, de notaires, de médecins et de marchands francophones, et les deux Conseils exécutif et législatif où les juges et les marchands-négociants majoritairement britanniques tiennent une place prépondérante, atteint son paroxysme au moment de la rébellion des patriotes de 1837-1838. D'une part, les marchands britanniques demandent depuis longtemps d'importantes réformes économiques et politiques, lesquelles mettent en péril les valeurs traditionnelles de la population francophone. D'autre part, les députés francophones qui sont devenus les porte-parole du peuple canadien se posent en défenseurs de ces mêmes valeurs, tout en veillant à la promotion de leurs propres ambitions et intérêts professionnels. Dès lors, céder aux demandes de reconnaissance juridique des membres des professions libérales aurait signifié pour les membres des deux Conseils une perte de contrôle politique sur cette élite.

Incapables d'affirmer l'indépendance de leur profession par la législature, les avocats et les notaires profitent de la trêve des années 1838-1840 et de la mise sur pied du Conseil spécial pour adopter tour à tour des mesures disciplinaires régissant leur profession et pourvoyant au contrôle de l'admission des candidats à l'étude et à la pratique. Ils voient là un excellent moyen de prouver la fausseté des allégations de l'oligarchie en place quant aux abus qui pourraient survenir suite à une incorporation de leur profession respective. Mais, leurs démarches se font encore de manière isolée, chaque profession veillant d'abord à ses propres intérêts. Aussi, subiront-ils de nouveaux échecs.


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