Formations offertes par le Barreau

 

Les développements récents en droit des Autochtones 2021: Droit Criminel et Peuples Autochtones

30/04/21 - Webinaire

Date :30 avril 2021 de 8h30 à 16h30 (Colloque) Formation admissible
Durée admissible
6h
Lieu :Webinaire  (Webinaire )
Webinaire
Webinaire

AUCUNE INSCRIPTION SUR PLACE
Tarifs :Membre du Barreau depuis moins de 5 ans : 250.00 $
Membre du Barreau depuis 5 ans ou plus : 350.00 $
Non-membre : 645.00 $
Taxes en sus.
Inscription :

Responsable :  Info-Barreau
Téléphone sans frais : 1 844 954-3411
Téléphone : 514 954-3411
Télécopieur : 
Courriel :  formation.continue@barreau.qc.ca

Pour toute demande d'information, vous pouvez nous joindre par téléphone ou par courriel. Cependant, aucune inscription ne sera acceptée par téléphone, par courriel ou sur place. Vous devez vous inscrire en ligne ou en nous retournant le formulaire d'inscription par courriel, par la poste ou par télécopieur.Les inscriptions effectuées en ligne seront traitées en priorité.

 
Formulaire dFormulaire d

 

 

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***Prendre note que ce colloque est disponible uniquement en webdiffusion****

***Please note that this colloquium is only available by webcast****

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Une traduction simultanée vous est offerte en français et en Anglais

Live translation will be available throughout this colloquium from French to English and English to French.


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Exceptionnellement, sur demande par écrit, un visionnement différé sera possible

Exceptionally, on written request, deferred viewing will be possible


This course is online and is organized from Quebec which is on UTC-5 time zone. For this reason, lawyers from outside Quebec who can’t attend live will have access to the recording for one week after the live session.

 

 

 

 

For non-Quebec lawyers, please complete the registration form below and email click here

 

Registration Fees

Law Society member for less than 5 years: $250.00

Law Society member for more than 5 years: $350.00

Non-member: $645.00
Taxes not included

 

 

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1ère Édition


 

Président d'honneur

Honorary President

The Honourable Murray Sinclair LLB MSC IPC / L'Honorable Murray Sinclair LLB MSC IPC

Ancien commissaire en chef de la Commission de vérité et réconciliation (CVR),

ancien coprésident de l’Enquête sur la justice applicable aux Autochtones au Manitoba,

premier juge autochtone nommé au Manitoba et deuxième au Canada



 


Présidente et organisatrice

President and organizer

Me Marie-Andrée Denis-Boileau

 


 

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MOT DE L’ORGANISATRICE

Cette journée de formation vise à donner aux praticiens des outils pratiques quant à l’application des principes de justice criminelle s’appliquant aux Autochtones.

En vertu de l’article 718.2(e) du Code criminel et la jurisprudence en découlant (R c Gladue, [1999] 1 RCS 688, R v Ipeelee, 2012 CSC 13 etc), en déterminant la peine à infliger à une personne autochtone, un juge doit examiner:  

(1)    les facteurs systémiques ou historiques distinctifs qui peuvent être une des raisons pour lesquelles la personne autochtone se retrouve devant les tribunaux;

(2)    les types de procédures de détermination de la peine et de sanctions qui, dans les circonstances, peuvent être appropriées à l’égard de la personne en raison de son héritage ou attaches autochtones.

Cette formation mettra particulièrement l’accent sur le deuxième aspect (les types de procédures de détermination de la peine et de sanctions qui, dans les circonstances, peuvent être appropriées à l’égard de la personne en raison de son héritage ou attaches autochtones) de cette analyse. En décortiquant la jurisprudence, trois éléments semblent être contenus dans ce deuxième aspect :

-    Le point de vue de la « collectivité » (dans la version originale anglaise, « community »), incluant ses besoins et les peines alternatives qu’elle peut offrir
*    Ici, « collectivité » est définie comme incluant tout réseau de soutien et d’interaction qui pourrait exister, y compris en milieu urbain.

-    La « façon de voir autochtone », (dans la version originale anglaise, « the Aboriginal perspective »), qui a été interprétée comme incluant « les règles de droit, les pratiques, les coutumes et les traditions du groupe »
*   Ici, “le groupe” peut probablement être identifié comme étant la nation autochtone pertinente dans les circonstances.
*    La Commission Royale sur les Peuples Autochtones définit « nation autochtone » comme un « regroupement important d'Autochtones qui ont un sentiment commun de leur identité nationale et qui constituent la population dominante dans un certain territoire ou ensemble de territoires ».

-    Des réponses culturellement appropriées et efficaces s’attaquant aux « causes sous-jacentes de la criminalité »
 
L’objectif de cette journée est de fournir aux avocats des outils pratiques pour bien comprendre ces trois éléments et présenter aux juges les informations leur permettant de considérer « les types de procédures de détermination de la peine et de sanctions qui, dans les circonstances, peuvent être appropriées à l’égard de la personne en raison de son héritage ou attaches autochtones ».

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WORD FROM THE ORGANIZER:

The goal of this symposium is to provide practical tools for lawyers to apply some principles of criminal justice applying to Indigenous people.

Following section 718.2(e) and the following case law (R v Gladue, [1999] 1 SCR 688, R v Ipeelee, 2012 SCC 13 and others), when sentencing an Indigenous person, a judge must consider:

(1)    the unique systemic or background factors which may have played a part in bringing the particular aboriginal offender before the courts; and

(2)    the types of sentencing procedures and sanctions which may be appropriate in the circumstances for the offender because of his or her particular aboriginal heritage or connection. 

This symposium will focus on the second aspect (the types of sentencing procedures and sanctions which may be appropriate in the circumstances for the offender because of his or her particular aboriginal heritage or connection) of this analysis. Looking at the case law, it can be said that there are three components to this aspect:

-    The community’s perspectives, needs and alternatives to incarceration;
*    Here, community is defined broadly to include any network of support and interaction that might be available to the subject, including one in an urban centre.

-   More broadly, the “Aboriginal perspective”, which was interpreted as including the "laws, practices, customs and traditions of the group”; 
*   Here, “the group” can most likely be identified as the relevant Indigenous Nation.
*    The Royal Commission on Aboriginal Peoples (RCAP) defined “Aboriginal nations” as “a sizeable body of Aboriginal people with a shared sense of national identity that constitutes the predominant population in a certain territory or collection of territories”.

-    Culturally sensitive, appropriate and responsive options addressing the “underlying cause of the criminal conduct”.

The goal of this day is to provide practical tools for legal actors to fully engage and understand with these elements and therefore bring the judge information allowing them to consider “the types of sentencing procedures and sanctions which may be appropriate in the circumstances for the offender because of his or her particular aboriginal heritage or connection.”


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08:30 - 08:40

Mot de bienvenue /Welcoming Remarks

Me Yanneck Ostaficzuk, superviseur  du secteur formation du service Qualité de la profession du Barreau du Québec


08:40 - 08:50

Ouverture du colloque/Opening of the colloquium

à confirmer/to be confirmed


08:50 - 9:00

Mot du Bâtonnier/Remarks from the President of the Quebec Bar

M. le bâtonnier Paul-Matthieu Grondin



09:00 - 09:20

Introduction à la journée et sa thématique  / Introduction to the colloquium and its theme

Me Marie-Andrée Denis-Boileau

Me Marie-Andrée Denis-Boileau travaille présentement comme « Gladue lawyer » pour l’aide juridique de Colombie-Britannique (Legal Aid BC). Elle est membre du Barreau du Québec depuis 2011 et membre de celui de la Colombie-Britannique depuis 2019. Elle détient une maîtrise en droit (LLM) de l’Université d’Ottawa.
Elle a commencé sa pratique en tant que procureure aux poursuites criminelles et pénales en territoire Alonguin Anishinaabe, à Amos, ainsi qu’à la cour itinérante du Nunavik (territoire inuit) et de la Baie-James (territoire cri). Par la suite, elle a travaillé comme jeune chercheure dans le groupe de recherche « Vers un modèle de justice atikamekw ». Elle a été chargée de cours en droit pénal à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa. Me Denis-Boileau a agi comme procureure à la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès (Commission Viens), où elle travaillait en particulier sur la preuve en matière de justice. Avec la professeure Hadley Friedland et Me Laura Matalas, elle a été co-chargée d’un séminaire sur les principes découlant de l’arrêt Gladue à la Faculté de droit de l’Université d’Alberta.

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Marie-Andrée Denis-Boileau currently works as Gladue lawyer (on contract) for Legal Aid BC. She is a lawyer and member of the Barreau du Québec since 2011, and a member of the Law Society of British Columbia since 2019. She has a Master of Laws (LLM) from the University of Ottawa.
She started her career in law as a crown prosecutor in Algonquin Anishinaabe territory (Abitibi), and as part of the circuit court travelling in Inuit territory (Nunavik) and Cree territory (James Bay and Inland). Following this, she worked as a young researcher on a project entitled “Towards an Atikamekw Justice Model”. She was part-time professor in criminal law at the Faculty of Law of the University of Ottawa. Marie-Andrée acted as counsel at the Public Inquiry Commission on relations between Indigenous Peoples and certain public services in Québec: listening, reconciliation and progress (Viens Commission). She was in charge of the evidence regarding the justice services. With Professor Hadley Friedland and Laura Matalas, she co-taught a Gladue Seminar at the Faculty of Law of the University of Alberta.



09:20 - 09:50

Mot du président d'honneur / A word from the honorary president

The Honourable Murray Sinclair LLB MSC IPC

The Honourable Murray Sinclair’s legal credentials are well known. What is less well known is that he is Anishinaabe and a member of the Peguis First Nation. He is a Fourth Degree Chief of the Midewiwin Society, a traditional healing and spiritual society of the Anishinaabe Nation responsible for protecting the teachings, ceremonies, laws, and history of the Anishinaabe. His Spirit Name is Mizhana Gheezhik (The One Who Speaks of Pictures in the Sky).

He graduated from law school in 1979. He has been involved with the justice system in Manitoba for over 40 years, first as a lawyer representing Indigenous clients, as an Adjunct Professor of Law at Robeson Hall, as Associate Chief Judge of Manitoba’s Provincial Court and as a Justice of the Court of Queen’s Bench. He was the first Indigenous Judge appointed in Manitoba and Canada’s second.

He served as Co-Chair of the Aboriginal Justice Inquiry of Manitoba and as Chief Commissioner of Canada’s Indian Residential Schools Truth and Reconciliation Commission (TRC). As head of the TRC, he participated in hundreds of hearings across Canada, culminating in the TRC’s widely influential report in 2015. He also oversaw an active multi-million dollar fundraising program to support various TRC events and activities, and to allow survivors to travel to attend TRC events. In 2017 Governor General Julie Payette awarded him and the other TRC Commissioners the Meritorious Service Cross (Civilian) (MSC) for service to Canada for their work on the TRC.

He was active within the profession and his community and was a member of the faculty of the National Judicial Institute training judges about Indigenous law and social justice issues. He has won numerous awards, including the National Aboriginal Achievement Award, the Manitoba Bar Association’s Equality Award (2001), its Distinguished Service Award (2016) and the CBA President’s medal (2018). He has been named as one of Canada’s Indigenous People’s Counsel (IPC) by the Indigenous Bar Association.

He has received Honorary Doctorates from 14 universities. He retired from the Bench in January 2016, and was appointed to the Senate on April 2, 2016. He retired from the Senate effective January 31, 2021, to return to the practice of law and to mentor young lawyers. He is currently writing his memoirs.

He has been invited to speak throughout Canada and internationally, including the Cambridge Lectures for members of the Judiciary of the Commonwealth Courts.  He continues to maintain an active public speaking schedule.

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Les références juridiques de l’honorable Murray Sinclair sont bien connues. Ce que l'on sait moins, c'est qu'il est Anishinaabe et membre de la Première Nation Peguis. Il est chef du quatrième degré de la Midewiwin Society, une société traditionnelle de guérison et de spiritualité de la nation anishinaabe chargée de protéger les enseignements, les cérémonies, les lois et l'histoire des Anishinaabe. Son nom d'esprit est Mizhana Gheezhik (Celui qui parle d'images dans le ciel).

Il a obtenu son diplôme de la faculté de droit en 1979. Il a été impliqué dans le système de justice du Manitoba pendant plus de 40 ans, d'abord comme avocat représentant des clients autochtones, comme professeur auxiliaire de droit à Robeson Hall, comme juge en chef adjoint de la Cour provinciale du Manitoba et en tant que juge de la Cour du Banc de la Reine. Il a été le premier juge autochtone nommé au Manitoba et le deuxième au Canada.

Il a été coprésident de l’Enquête sur la justice applicable aux Autochtones du Manitoba et commissaire en chef de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR) des pensionnats indiens du Canada. En tant que chef de la CVR, il a participé à des centaines d'audiences à travers le Canada, aboutissant au rapport très influent de la CVR en 2015. Il a également supervisé un programme actif de collecte de fonds de plusieurs millions de dollars pour soutenir divers événements et activités de la CVR et permettre aux survivants de voyager pour assister aux événements TRC. En 2017, la gouverneure générale Julie Payette lui a décerné, ainsi qu'aux autres commissaires de la CVR, la Croix du service méritoire (civil) (MSC) pour avoir servi le Canada pour leur travail au sein de la CVR.

Il était actif au sein de la profession et de sa communauté et était membre du corps professoral de l'Institut national de la magistrature pour former les juges sur les questions de droit autochtone et de justice sociale. Il a remporté de nombreux prix, dont le National Aboriginal Achievement Award, le Prix pour l’égalité de l’Association du Barreau du Manitoba (2001), son Distinguished Service Award (2016) et la médaille du président de l’ABC (2018). Il a été nommé l'un des avocats des peuples autochtones du Canada (IPC) par l'Association du Barreau autochtone.

Il a reçu des doctorats honorifiques de 14 universités. Il a pris sa retraite de la magistrature en janvier 2016 et a été nommé au Sénat le 2 avril 2016. Il a pris sa retraite du Sénat le 31 janvier 2021 pour reprendre la pratique du droit et encadrer de jeunes avocats. Il écrit actuellement ses mémoires.

Il a été invité à prendre la parole partout au Canada et à l'étranger, y compris les conférences de Cambridge pour les membres de la magistrature des tribunaux du Commonwealth. Il continue de maintenir un horaire de prise de parole en public actif.


09:50 - 10:20

 

Legal pluralism in the sentencing of Indigenous peoples in Canada: the nascent jurisprudence 

Pluralisme juridique dans la détermination de la peinedes peuples autochtones au Canada: jurisprudence naissante


The Supreme Court of Canada has repeatedly directed sentencing judges to consider what procedures and sanctions are most appropriate for an Indigenous person in light of their specific heritage or connection. It has also insisted sentencing judges pay close attention to the perspectives of Indigenous communities and how those communities have decided to address social problems among their members. Courts have been directed to abandon the presumption that all offenders and communities share the same values and to bear in mind Indigenous peoples’ fundamentally different worldviews when designing the sentencing process and sanctions for an Indigenous person. In all instances, courts have been instructed to attempt to accommodate the Aboriginal perspective. Yet in spite of these clear directions, sentencing judges rarely explicitly engage with the unique sentencing conceptions and legal traditions of Indigenous peoples when applying section 718.2(e) of the Criminal Code. This presentation will provide a brief overview of legal pluralism in sentencing from a comparative law perspective, pointing to examples of how other common law and civil law countries accommodate Indigenous legal traditions in their criminal justice systems. It will then canvass various Canadian cases in which sentencing judges have tried to meaningfully accommodate the Aboriginal perspective in response to the Supreme Court of Canada’s directions. Finally, it will outline how this could be done in a more systematic manner by clarifying the relevance of Indigenous legal traditions to several factors and objectives that already guide the sentencing process in Canada.  

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La Cour suprême du Canada a demandé à plusieurs reprises aux juges chargés de la détermination de la peine d'envisager les procédures et les sanctions les plus appropriées pour une personne autochtone à la lumière de leur héritage spécifique ou de leurs liens particuliers. Elle a également insisté sur le fait que les juges chargés de la détermination de la peine accordent une attention particulière aux perspectives des communautés autochtones et à la manière dont ces collectivités ont décidé de résoudre les problèmes sociaux de leurs membres. Les tribunaux ont été exhortés à abandonner la présomption selon laquelle tous les délinquants et tous les collectivités partagent les mêmes valeurs, et à garder à l'esprit les conceptions du monde foncièrement différentes des peuples autochtones lorsqu’ils conçoivent le processus de détermination de la peine et les sanctions pour une personne autochtone. Dans tous les cas, les tribunaux ont été chargés de s’efforcer d’adapter le processus et les sanctions à la façon de voir autochtone.  Pourtant, malgré ces lignes directrices claires, les juges chargés de la détermination de la peine s'engagent rarement explicitement dans les différentes conceptions de la justice des peuples autochtones lorsqu'ils ont appliquent l'article 718.2 (e) du Code criminel. Cette présentation donnera un bref aperçu du pluralisme juridique dans la détermination de la peine dans une perspective de droit comparé, en identifiant des exemples de la façon dont d'autres pays de common law et de droit civil intègrent les traditions juridiques autochtones dans leurs systèmes de justice pénale. Il examinera ensuite diverses affaires juridiques canadiennes dans lesquelles les juges chargés de la détermination de la peine ont tenté d'adapter concrètement la façon de voir autochtone en réponse aux directives de la Cour suprême du Canada. Enfin, il décrira comment cela pourrait être fait plus systématiquement en clarifiant la pertinence des traditions juridiques autochtones par rapport à plusieurs facteurs et objectifs qui guident déjà le processus de détermination de la peine au Canada.

Conférencier

Me Benjamin Ralston

Benjamin Ralston is a practising lawyer as well as a sessional lecturer and PhD candidate at the University of Saskatchewan College of Law. He has previously held term positions as an assistant professor with the College of Law, including a one-year term teaching in the Nunavut Law Program in Iqaluit. Benjamin has also worked as the Legal Editor/Publications Manager and Research Officer for the University of Saskatchewan’s Indigenous Law Centre, which has been dedicated to education and publications on the rights and other legal interests of Indigenous peoples in Canada since 1975.

Benjamin completed his Master of Laws with Distinction at the University of Otago in Dunedin, New Zealand (2014), and his Juris Doctor (2010) and Bachelor of Arts (2007) at the University of British Columbia in Vancouver. His legal career began in Vancouver where his legal practice was largely dedicated to administrative law, civil litigation, and Aboriginal law, and he continues to carry on a part-time practice from Saskatoon that is exclusively dedicated to the area of Aboriginal law.

Benjamin first became involved in the implementation of the Gladue decision by assisting as a co-author and editor of Gladue reports for a pilot project conducted by Legal Aid Saskatchewan between 2014 and 2016. Since that time he has continued to assist with Gladue reports and letters in Saskatchewan and British Columbia as an editor and researcher. Benjamin also publishes in this area and provides regular case law updates to interested academics, counsel, and report writers. In 2020, the Indigenous Law Centre released a report he authored on the current state of the Gladue decision’s implementation in Saskatchewan, entitled The Gladue Awareness Project: Final Report. Benjamin has also authored a monograph through the Indigenous Law Centre that synthesizes the extensive Canadian case law in relation to accommodative sentencing of Indigenous peoples, entitled The Gladue Principles: A Guide to the Jurisprudence (forthcoming 2021).

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Benjamin Ralston est avocat en exercice ainsi que chargé de cours et doctorant au Collège de droit de l'Université de la Saskatchewan. Il a auparavant occupé des postes à terme à titre de professeur adjoint au Collège de droit, y compris un poste d'un an au programme de droit du Nunavut à Iqaluit. Benjamin a également travaillé comme rédacteur juridique / directeur des publications et agent de recherche pour le Centre de droit autochtone de l'Université de la Saskatchewan, qui se consacre à l'éducation et aux publications sur les droits et les intérêts juridiques des peuples autochtones au Canada depuis 1975.

Benjamin a complété sa maîtrise en droit avec distinction à l'Université d'Otago à Dunedin, Nouvelle-Zélande (2014), et son Juris Doctor (2010) et son baccalauréat ès arts (2007) à l'Université de la Colombie-Britannique à Vancouver. Sa carrière juridique a débuté à Vancouver, où sa pratique était en grande partie consacrée au droit administratif, au litige civil et au droit autochtone, et il continue d'exercer une pratique à temps partiel à Saskatoon qui se consacre exclusivement au domaine du droit autochtone.

Benjamin s'est d'abord impliqué dans la mise en œuvre de la décision Gladue en aidant en tant que co-auteur et rédacteur en chef des rapports Gladue pour un projet pilote mené par Legal Aid Saskatchewan entre 2014 et 2016. Depuis, il a continué à aider avec les rapports Gladue en Saskatchewan et en Colombie-Britannique en tant que rédacteur et chercheur. Benjamin publie également sur ce sujet et fournit des mises à jour régulières de la jurisprudence aux universitaires, aux avocats et aux rédacteurs de Gladue rapports intéressés. En 2020, le Centre de droit autochtone a publié un rapport dont il est l'auteur sur l'état actuel de la mise en œuvre de la décision Gladue en Saskatchewan, intitulé The Gladue Awareness Project: Final Report. Benjamin est également l'auteur d'une monographie par l'entremise du Centre de droit autochtone qui synthétise la vaste jurisprudence canadienne relative aux peines accommodantes des peuples autochtones, intitulée The Gladue Principles: A Guide to the Jurisprudence (à paraître en 2021).




10:20 - 10:35

Pause



10:35 - 11:05

Narratives of Despair to Respectful Relations?: Indigenous Legal Traditions and the Criminal Justice System

De récits de désespoir à relations respectueuses?: Les traditions juridiques autochtones et le système de droit criminel

The TRC Final Report called for nothing less than the rebuilding and full implementation of Indigenous justice systems. Yet many legal professionals within the current criminal justice system cannot imagine what this would look like or how this could work in practice. In this paper, I examine some of the barriers, and stepping stones toward more respectful, and effective, relations that foster common goals of safe, healthy and peaceful communities

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Le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada ne demandait rien de moins que la reconstruction et la mise en œuvre complète des systèmes de justice autochtones. Pourtant, de nombreux professionnels du droit au sein du système de justice pénale actuel ne peuvent imaginer à quoi cela ressemblerait ni comment cela pourrait fonctionner en pratique. Dans cette conférence, j'examine certains des obstacles, et des étapes vers des relations plus respectueuses et plus efficaces qui favorisent les objectifs communs d’avoir des communautés sécuritaires, en santé et pacifiques

Conférencier

Dr. Hadley Friedland

Hadley Friedland is an assistant professor at the Faculty of Law. Her research focuses on Indigenous law, Aboriginal law, family law and child welfare law, criminal justice and therapeutic jurisprudence. She has published numerous articles and collaborated to produce accessible Indigenous legal resources for Indigenous communities, legal professionals and the general public. She is author of the book, The Wetiko (Windigo) Legal Principles: Cree and Anishinabek Responses to Violence and Victimization, University of Toronto Press, 2018.

Dr. Friedland holds a Child and Youth Care diploma (with distinction) from MacEwan University, an LLB from the University of Victoria, and an LLM and PhD from the University of Alberta. She received the SSHRC Vanier Scholarship and the inaugural SSHRC Impact Talent Award, as well as the Governor General's Gold Medal for her graduate work. She was co-founder and first Research Director of the Indigenous Law Research Unit [ILRU] at the University of Victoria Faculty of Law and has worked extensively with Indigenous communities across Canada to identify and articulate their own laws.

Dr. Friedland is co-founder, with Dr. Shalene Jobin (Faculty of Native Studies) of the Wahkohtowin Indigenous Law and Governance Lodge, an interdisciplinary initiative developed to uphold Indigenous law and governance through supporting community-led research.

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Hadley Friedland est professeure adjointe à la Faculté de droit de l’Université d’Alberta. Ses recherches portent sur le droit autochtone, le droit des Autochtones, le droit de la famille et de la protection de la jeunesse, la justice pénale et la jurisprudence thérapeutique. Elle a publié de nombreux articles et a collaboré à la production de ressources juridiques autochtones accessibles aux communautés autochtones, aux professionnels du droit et au grand public. Elle est l'auteur du livre The Wetiko (Windigo) Legal Principles : Cree and Anishinabek Responses to Violence and Victimization, University of Toronto Press, 2018.
Dr Friedland est titulaire d'un diplôme (avec distinction) en soins des enfants et jeunes de l'Université MacEwan, d'un LLB (diplôme de droit) de l'université de Victoria, ainsi que d'un LLM (maîtrise en droit) et d'un PhD (doctorat) de l'Iniversité d'Alberta. Elle a reçu la bourse Vanier du CRSH et le premier Prix Impacts du CRSH, ainsi que la Médaille d'or du Gouverneur général pour ses travaux de deuxième cycle. Elle a été la cofondatrice et la première directrice de recherche de l'Indigenous Law Research Unit (ILRU) de la Faculté de droit de l'Université de Victoria et a beaucoup travaillé avec les communautés autochtones du Canada pour identifier et formuler leurs propres lois.
Dr Friedland est cofondatrice, avec Dr Shalene Jobin (Faculté des Études Autochtones), du Wahkohtowin Indigenous Law and Governance Lodge, une initiative interdisciplinaire mise sur pied pour défendre le droit et la gouvernance autochtones en soutenant la recherche menée par les communautés.



11:05 - 12:05

« Inuit Piusingat » ( Nos façons inuites )

« Inuit Piusingat » ( Our Inuit Ways )

De nombreux Programmes de justice autochtone au Québec, y compris les comités de justice inuit du Nunavik, cherchent des réponses aux crimes qui ont un sens pour les communautés et utilisent leurs "façons" pour identifier des alternatives appropriées. Pourquoi les "façons inuites" ont-elles souvent plus de sens dans la vie d'un accusé, des victimes et de la communauté et tendent-elles à donner de meilleurs résultats? Une immersion rapide avec Phoebe Atagotaaluk et Lyne St-Louis à travers le processus, les "façons" et les personnes qui travaillent avec les contrevenants, les victimes, les familles et les communautés pour élaborer des options créatives et culturellement significatives lors de la détermination de la peine, qui reflètent  Inuit Piusungat (Nos façons inuites).

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Many Aboriginal Justice programs in Quebec, including the Nunavik justice committees look for meaningful responses to crimes and use their “ways” to identify appropriate alternatives.  Why do “Our Inuit ways” often make more sense in the life of an accused, victims and community and tend to give better results? A quick immersion with Phoebe Atagotaaluk and Lyne St-Louis into the process, the “ways” and the people that work with offenders, victims, families and communities to craft creative and culturally meaningful sentencing options  which reflects Inuit Piusungat (Our Inuit ways).

Conférencières

Mme Phoebe Atagotaaluk

Phoebe Atagotaaluk is a mother of 7 children aged from 4 to 30 years old. Phoebe has been the Justice Committee Coordinator of  Inukjuak for Makivik Corporation since 2016. Before she was a member of the same committee for one year. From 2009 to 2016, she worked also worked for Makivik Corporation for the Ungaluk program; a program which offers funding and support for projects aiming at preventing crimes in Nunavik and support community development.  Phoebe was also a youth protection worker for two years.  Phoebe has always been quite involved in her community and until lately was the president of the daycare and of Inuulitsivik, the health center of Inukjuak. She is still also an active member of the Church committee of Inukjuak. Phoebe testified at the Viens Commission in November of 2018 regarding justice done in Nunavik.

Since 2017, Phoebe has been directly involved in Gladue reports; co-participating at interviews with accused for their report, interviewing relatives, and identifying suitable and culturally meaningful options to be recommended to the Court.

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Phoebe Atagotaaluk est mère de 7 enfants âgés de 4 à 30 ans. Elle est la coordonnatrice du comité de justice d'Inukjuak pour la société Makivik depuis 2016. Auparavant, elle a été membre du même comité pendant un an. De 2009 à 2016, elle a travaillé pour la Société Makivik pour le programme Ungaluk : un programme qui offre un financement et un soutien aux projets visant à prévenir les crimes au Nunavik et à soutenir le développement communautaire.  Phoebe a également travaillé pendant deux ans comme intervenante en protection de la jeunesse. Elle a toujours été très impliquée dans sa communauté et jusqu'à récemment, elle était présidente de la garderie et d'Inuulitsivik, le centre de santé d'Inukjuak et est toujours un membre actif du comité de l'église d'Inukjuak. Phoebe a témoigné à la Commission Viens au mois de novembre 2018 au sujet de la justice rendue au Nunavik.

Depuis 2017, Phoebe est directement impliquée dans les rapports Gladue, en participant aux entretiens avec les accusés pour leur rapport, en rencontrant des membres de la famille, et en identifiant des options appropriées et culturellement significatives à recommander à la Cour.


Mme Lyne St-Louis

Lyne St-Louis est psychoéducatrice, médiatrice en matière criminelle et sociale et dans le milieu de travail. Elle est formatrice, rédactrice et réviseure de rapports Gladue. Elle a été en charge du programme de justice du Nunavik pour la Société Makivik Octobre 2014 à Juillet 2018.

Depuis 1999, elle a travaillé avec environ 25 communautés autochtones au Québec à différents niveaux, mais notamment au développement de structures de justice communautaires autonomes, qui sont basées sur les valeurs, traditions juridiques, réalités,  et les besoins de chaque communauté. Pour y arriver, en 2004, elle a fondé Taiga Vision qu’elle dirige encore aujourd’hui, qui œuvre aussi à soutenir les programmes autochtones à promouvoir et faire reconnaître leurs approches culturellement significatives à l’intérieur du système de justice et correctionnel. En début 2012, elle a d’ailleurs introduit les rapports Gladue au Québec.

En janvier 2014, elle a été cofondatrice du Centre de justice des Premiers Peuples de Montréal.

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Lyne St-Louis is a psychoeducator, mediator in criminal and social matters and in the workplace. She is a trainer, writer and editor of Gladue reports. She was in charge of the Nunavik Justice Program for Makivik Corporation from October 2014 to July 2018.

Since 1999, she has worked with approximately 25 Aboriginal communities in Quebec at different levels, but particularly in the development and implementation of community justice structures based on the values, legal traditions, realities and needs of each community. To achieve this, in 2004, she founded Taiga Vision, an organisation she still leads today, which also supports Aboriginal programs to promote and request the recognition of their culturally meaningful ways to intervene with their people within the justice system and correctional system. In early 2012, she introduced Gladue reports in Québec.

In January 2014, she co-founded the First Peoples Justice Centre of Montreal.



12:05 - 13:15

Dîner



13:15 - 13:45

Canadian indigenous jurists face several deep-seated prejudices

Les juristes autochtones canadiens sont confrontés à plusieurs préjugés profondément ancrés

Canadian indigenous jurists face several deep-seated prejudices in wishing to practice legal pluralism in the sentencing of Indigenous peoples, some related to the provincial  and federal justice departments, training of lawyers, role of prosecutors, training of police, persistent colonialist views, and docket-clearing practices based on efficient outcomes. I will simply call on my own experiences to outline how these points manifested themselves while. I sat as a circuit magistrate and judge.

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Les juristes autochtones canadiens sont confrontés à plusieurs préjugés profondément ancrés lorsqu’ils souhaitent tenir compte du pluralisme juridique lors de la détermination de la peine des personnes autochtones, dont certains sont liés aux ministères de la justice provinciaux et fédéral, à la formation des avocats, au rôle des procureurs de la poursuite, à la formation des policiers, à la persistance des points de vues colonialistes et aux pratiques de règlement des dossiers du rôle fondées sur l’efficacité. Je ferai appel à ma propre expérience pour expliquer comment ces enjeux se sont manifestés pendant la période où j’ai siégé en tant que magistrat et juge d’une Cour itinérante.


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L'Honorable James Igloliorte

James igloliorte is an Inuk from Hopedale, Labrador. Him and his wife Linda Carter started their careers as teachers outside Corner Brook, NL, in 1973. James was appointed a Lay Magistrate in 1980
for the district of Labrador, and sat as a circuit Judge in Goose Bay covering 21 communities, serving Inuit, Innu and mixed ancestry communities. He attended Dalhousie Law School in 1982-1985 and returned to the bench in Goose Bay.
He has spent 24 years as a Provincial Court Judge across NL and retired in 2004.
He has held positions ranging from a member of the Senate Selection Committee, selection Committee for NL Supreme Court Justices, a Commissioner for the Qikiqtani Truth Commission in Nunavut, a Member of the EA Panel on the Muskrat Falls Hydro Electric Project, and more recently is a Board Member of the McLean Day School Settlement Corporation and a Reconsideration Officer for the 60's Scoop Settlement Agreement.
Him and his wife Linda Carter were married in 1972 and have 4 children and 5 grandchildren

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James igloliorte est un Inuk (membre du peuple inuit) de Hopedale, au Labrador. Lui et sa femme, Linda Carter, ont commencé leur carrière d'enseignants en 1973, un peu à l’extérieur de Corner Brook, Terre-Neuve. James a été nommé magistrat en 1980 pour le district du Labrador, et a siégé comme juge de cour itinérante à Goose Bay, couvrant 21 communautés, au service des communautés inuites, innues et d'ascendance mixte. Il a fait ses études à la faculté de droit de l’Université Dalhousie de 1982 à 1985 avant de retourner à la magistrature à Goose Bay.
Il a siégé 24 ans en tant que juge de la Cour provinciale à Terre-Neuvre-et-Labrador avant de prendre sa retraite en 2004.
Il a occupé des postes allant de membre du comité de sélection du Sénat, du comité de sélection des juges de la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, de commissaire pour la Commission de vérité du Qikiqtani (enquête publique sur l’abattage des chiens de traîneau) au Nunavut, de membre du comité d'évaluation environnementale du projet hydroélectrique de Muskrat Falls, et plus récemment, de membre du conseil d'administration de la McLean Day School Settlement Corporation et d'agent de réexamen de l'accord de règlement pour la rafle des années 60 (« Sixties Scoop »).
Lui et sa femme Linda Carter se sont mariés en 1972 et ont 4 enfants et 5 petits-enfants.
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13:45 - 14:45

Panel


L’ÉCHEC DU SYSTÈME JUDICIAIRE PÉNAL CANADIEN EN MILIEU AUTOCHTONE

THE CANADIAN CRIMINAL JUSTICE SYSTEM’S FAILURE FOR INDIGENOUS COMMUNITIES

L’imposition des peines est l’un des éléments les plus critiqués au sujet du système pénal canadien. On parle surtout de la surreprésentation des autochtones dans les prisons, mais on parle moins des impacts négatifs dans les collectivités de peines qui risquent d’augmenter la criminalité. La Cour suprême du Canada a tenté d’y remédier dans la décision Gladue, mais est-ce encore une expression du colonialisme canadien en matière de justice ? Me Pierre Rousseau, avocat à la retraite, a travaillé plusieurs années en milieu autochtone comme procureur de la couronne et a constaté jusqu’à quel point le système fait fausse route, d’où l’implication des traditions juridiques autochtones et des collectivités revêtent une importance capitale. Une solution possible ? Le pluralisme juridique où se côtoient droit étatique et droit autochtone comme on peut le voir entre autres au Groenland.

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Sentencing is one of the most criticized aspects of the Canadian criminal justice system. Overrepresentation of Indigenous people in correctional facilities is the most obvious challenges but less spoken about is the negative impact on the communities of sentences that are likely to increase crime rates. The Supreme Court of Canada tried to fix this issue in the Gladue decision but isn’t that another aspect of Canadian colonialism in justice matters? Pierre Rousseau, retired lawyer, worked for many years as Crown counsel in Indigenous communities and realized over the years how the system has failed them and, therefore, how crucial Indigenous legal traditions and community processes are. A possible solution? Legal pluralism where mainstream and Indigenous legal systems can coexist as it can particularly be seen in Greenland.

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Me Pierre Rousseau, avocat à la retraite

Me Rousseau, diplômé en droit de l’Université de Montréal en 1972, est membre du Barreau du Québec depuis 1974. Après quelques années à l’Aide juridique et en pratique privée, Me Rousseau fut substitut du Procureur général pendant 12 ans avant de partir pour le Grand Nord canadien en 1989 comme procureur de la couronne pour la Terre de Baffin. Successivement directeur des opérations du ministère de la Justice du Canada dans les Territoires du Nord-Ouest à Yellowknife de 1992 à 1998 puis du Yukon à Whitehorse de 1999 à 2002, Me Rousseau a ensuite été responsable de la Stratégie de la justice autochtone pour la Colombie-Britannique et le Yukon avant de prendre sa retraite en 2007. Il a obtenu une maîtrise ès arts en analyse et gestion des conflits interethniques de l’université Royal Roads de Victoria, C.B. en 2002. Par la suite, il a été bénévole avec Avocats sans frontières Canada en Colombie et au Guatemala et avec le Centre d’études et de coopération internationale en Bolivie sur un projet de gouvernance avec le peuple aymara puis enfin, avec l’International Senior Lawyers Project, à Haïti pour une formation des avocats des Bureaux d’assistance légale en droit pénal. Pendant 8 ans, de 2008 à 2016, il a aussi siégé comme membre du Employment and Assistance Appeal Tribunal de Colombie-Britannique. Il est l’auteur d’un livre intitulé « Une justice coloniale — Le système juridique canadien et les Autochtones » publié en 2019 aux Presses de l’Université Laval.

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Pierre Rousseau graduated with a law degree from Université de Montréal in 1972 and is a member of the Barreau du Québec since 1974. After a few years with legal aid and in a private practice, Mr. Rousseau was a Crown prosecutor for 12 years before leaving for Canada’s Far North in 1989 as a federal prosecutor for Baffin Island. In 1992 he became Justice Canada’s Regional Director for the Northwest Territories in Yellowknife until 1998 and for the Yukon in Whitehorse from 1999 to 2002. Then, Mr. Rousseau was appointed the Aboriginal Justice Strategy federal regional coordinator for British Columbia and Yukon before he retired in 2007. He graduated with a Master of Arts degree in interethnic Conflict Analysis and Management from Royal Roads University in Victoria, B.C. in 2002. He then volunteered with Lawyers Without Borders Canada in Colombia and Guatemala as well as with the Centre d’études et de coopération internationale in Bolivia on a governance project with the Aymara people and, finally, with the International Senior Lawyers Project in Haiti to provide criminal law training to Legal Aid lawyers. For 8 years, from 2008 to 2016 he was a member of the Employment and Assistance Appeal Tribunal of British Columbia. He wrote a book in French titled Une justice coloniale – Le système juridique canadien et les Autochtones  published by the Presses de l’Université Laval in 2019.


Décoloniser l’administration de la justice blanche en milieu autochtone

Decolonizing the white justice system in Indigenous Territories

Se fondant sur son expérience à titre de juriste dans le milieu, particulièrement dans le domaine du droit criminel, l’auteur verra à mettre en évidence la discrimination systémique dans lequel se trouve un contrevenant autochtone au moment de son arrestation, de sa comparution, de son procès voire même jusqu’à sa détention. Il verra à revoir des pistes de solution pour vraiment en finir avec la décolonisation de l’administration de la justice blanche en milieu autochtone.

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Based on his experience as a jurist in the field, particularly in his practice as a defense lawyer, the author will seek to highlight the systemic discrimination in which an Aboriginal offender finds himself at the time of his arrest, his appearance before the justice, his trial and even during his detention. He will give a general overview of possible solutions to really put an end to the decolonization of the administration of white justice in Indigenous Territories.


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M. Armand MacKenzie


Armand MacKenzie a été consultant sur des questions juridiques portant sur les peuples autochtones au Québec et au Labrador durant la majeure partie de sa vie.

Il est né au Labrador, où ses parents et ses grands-parents lui ont appris à chasser et à vivre de la terre. Il s'est plus tard intéressé aux questions des droits de la personne et a poursuivi des études universitaires en sciences économiques à l’Université Trent de Peterborough et est diplômé de la faculté de droit de l'Université d'Ottawa et de l’École du Barreau du Québec. Il a également gradué du Programme de Formation de l’UNITAR, (Genève, Suisse) : Mode de réglement pacifique des conflits.

À titre d'avocat, il a pratiqué pendant quinze ans dans des cabinets privés pour les communautés autochtones, tout en s’impliquant dans les négociations sur les revendications territoriales au Québec. Pendant plus de 25 ans, il a fait campagne à l'échelle internationale pour une plus grande autodétermination des Innus, représentant le Conseil des Innus de Nitassinan aux Nations Unies, à l'UNESCO, à l'OEA et à la CDB. Il a également participé à la rédaction de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et la Déclaration interaméricaine sur les droits des peuples autochtones.

Il est considéré auprès des Nations-Unies comme un expert des négociations d'accords sur les répercussions et les avantages, de même que des relations entre les industries extractives et les peuples autochtones.

Il est membre de la Nation innue

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Armand has been a consultant on legal issues pertaining to Indigenous Peoples in Quebec/Labrador most of his life.

He was born in Labrador, where his parents and grandparents taught him how to hunt and live off the land. He later became interested in human rights issues and graduated from Ecole du Barreau du Quebec and from the Law School of the University of Ottawa following undergraduate studies in Economics (Trent University, Peterborough). He is also a graduate on Peace & Conflict Resolution Training Program from UNITAR, Geneva, Switzerland.

As a lawyer, he had a private practice for fifteen years working for Indigenous Communities, while being involved in land claims negotiations in Quebec. For almost 25 years, he campaigned internationally for greater Innu self-determination, representing the Innu Council of Nitassinan at the United Nations, UNESCO, OAS and at the CBD. He also participated in the drafting of the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, the Inter-American Declaration on the Rights of Indigenous Peoples.

In the United Nations, he is considered an expert on negotiations of Impact-Benefits Agreements, relationship between Extractive Industries and Indigenous Peoples.

He is a member of the Innu Nation



14:45 - 15:00

Pause



15:00 - 15:30

Une vision crie de la justice / Justice, from a Cree perspective

Le comité de justice de Whapmagoostui a commencé ses travaux en 2000, afin d'offrir des façons cris  de travailler avec les membres de la communauté qui entrent dans le système de justice. Avec les aînés cris comme membres qui guident le travail du comité et  ses buts et objectifs généraux, l'espoir était, et est encore aujourd'hui, d'utiliser les connaissances et les valeurs portées par les aînés, et de les transmettre aux membres de la communauté qui vivent des difficultés et de les mener vers leur propre autonomie. En quoi les méthodes d'enseignement et d'apprentissage des Cris diffèrent-elles de celles utilisées par les services psychosociaux non-Autochtones? Comment la vision crie se traduit-elle lorsqu'elle contraste avec un système de justice pénale fondé sur des objectifs et des mesures spécifiques?  Dans cette présentation, nous aborderons l'importance de comprendre et de reconnaître la vision, les connaissances et les interventions des Cris, en utilisant des lentilles différentes, et de constater la différence que cela fait lorsque ce sont des Cris qui guident des Cris.

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The Whapmagoostui Justice Committee began its work in the year 2000, to offer Cree approaches to working with community members entering the justice system. With Cree elders as members guiding  the committee’s work and it general aims and goals, the hope was, and, still is today, to use the knowledge and values carried by the elders, and, to pass it on to the community members who are struggling and to lead them toward their own autonomy. How do Cree methods of teaching and learning differ from the ways used by the non-aboriginal psychosocial services? How does the Cree perspective translate when contrast with a criminal justice system based on specific objectives and measurements?  In this presentation we will address the importance of understanding and recognizing the Cree perspective, knowledge and interventions, using a different set of lenses, and the difference it makes when Crees guide Crees.

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Losty Mamianskum

Losty Mamianskum est un homme Cri qui a vécu la majeure partie de sa vie dans la communauté crie de Whapmagoostui, au Québec. De 1992 à 1996, Losty a étudié à l'Université Laurentienne de Sudbury, en Ontario, et s'est spécialisé en droit et justice et en études autochtones. Par la suite, Losty s'est inscrit au programme de maîtrise en études juridiques de l'université Carleton à Ottawa, en Ontario.
Losty a également été le Chef de sa communauté de 2006 à 2009. Il a également contribué à la création du comité de justice de Whapmagoostui et en a été le président. Losty Mamianskum travaille actuellement comme gestionnaire des services correctionnels au sein du Département de Justice et Services Correctionnels justice du Gouvernement de la Nation Crie (d'Eeyou Istchee).

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Losty Mamianskum is Cree man who has lived most of his life in the Cree community of Whapmagoostui, Quebec. From 1992 to 1996, Losty studied at Laurentian University in Sudbury, Ontario, and majored in Law and Justice and Native Studies. Subsequent to this, Losty enrolled in the Masters in Legal Studies Program at Carleton University in Ottawa, Ontario.
Losty also served as the Chief of his community from 2006 to 2009. He was also instrumental in the creation of the Whapmagoostui Justice Committee and was formerly its chairperson.  Losty Mamianskum currently works as the Manager of Corrections on the Department of Cree Justice and Correctional Services of the Cree Nation Government (of Eeyou Istchee).



15:30 - 16:00

Gladue et les obstacles systémiques: le vécu des personnes autochtones de Montréal

Gladue and systemic hurdles: Lived realities of Montreal’s Indigenous people


Le Centre de justice des Premiers Peuples de Montréal (CJPPM) constate que bon nombre de ses utilisateurs de services ont succombé à des comportements illégaux à la suite de traumatismes, des effets intergénérationnels du colonialisme et à l’impact des déterminants sociaux de la santé dans leur vie, comme la pauvreté. Le lien entre la judiciarisation des Autochtones et les traumatismes historiques est documenté dans le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, le rapport final de l’Enquête Nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et le rapport final de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec : écoute, réconciliation et progrès.

Des blessures profondes existent dans la vie de nombreuses personnes qui ont appris à avoir honte simplement parce qu'elles étaient Autochtones. Aucune somme d'argent provenant de règlements ne peut guérir ces blessures. Cette douleur existe depuis de nombreuses générations et conduit des individus et des communautés à souffrir d'oppression intériorisée, de toxicomanie, de violence, etc.
 
L'impact du traumatisme intergénérationnel est renforcé par les attitudes racistes qui continuent d'exister dans notre société. Les prestataires de services et les acteurs judiciaires allochtones doivent comprendre comment les politiques coloniales ont eu un impact sur la vie des gens ainsi que sur différentes institutions, comme le système de justice pénale. La décision Gladue a été rendue spécifiquement en raison de l'impact significatif que les politiques coloniales ont eu sur la vie des gens.

L'affaire Gladue a établi une méthode d'analyse que les juges doivent utiliser pour déterminer une peine adaptée aux personnes autochtones. Elle a appelé les juges à prêter une attention particulière aux circonstances des Autochtones parce que ces circonstances sont uniques et différentes de celles des non-Autochtones. Pour ce faire, la Cour a déclaré qu'un juge doit tenir compte des circonstances particulières des Autochtones du Canada lorsqu'il prononce une peine dont notamment :

1.    les facteurs systémiques ou historiques distinctifs qui peuvent être une des raisons pour lesquelles le délinquant autochtone se retrouve devant les tribunaux;

2.    les types de procédures de détermination de la peine et de sanctions qui, dans les circonstances, peuvent être appropriées à l’égard du délinquant en raison de son héritage ou attaches autochtones.

Alors pourquoi est-il important de prendre en considération la spécificité des réalités des Premières nations, des Inuit et des Métis lorsque l'on parle du système judiciaire au Canada? Et comment le système judiciaire peut-il le faire exactement? Ce sont des questions que nous entendons souvent, et les tribunaux (et les acteurs judiciaires dans les salles d'audience) ne semblent pas bien comprendre la portée des " facteurs systémiques ou historiques distinctifs ".

Comme Me Denis-Boileau l’explique dans un article à paraître, il existe “des obstacles pratiques et systémiques, il y a un manque de ressources pour obtenir les rapports Gladue, souvent un manque d'informations sur les circonstances et les peines appropriées dans ces rapports, et plus important encore, il y a un manque de ressources pour mettre en œuvre ces procédures et sanctions appropriées et pour obtenir des informations sur les communautés autochtones et les ordres juridiques autochtones.” [Traduction]

Nous examinerons comment ces facteurs historiques et systémiques affectent les personnes autochtones, particulièrement à Montréal, et fournirons des solutions aux acteurs judiciaires, aux avocats et aux juges pour qu'ils puissent concrètement appliquer l'arrêt Gladue à l'avenir et intervenir de façon appropriée.

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The FPJCM recognizes that many of its service users have succumbed to and are victims of illegal behaviours as a result of trauma, the intergenerational effects of colonization and the social determinants of health, such as poverty. The link between participation in the justice system and historical trauma is documented in the Final Report of the Truth and Reconciliation Commission of Canada, the Final Report of the National Inquiry Into Missing and Murdered Indigenous Women and Girls and the Final report of the Public Inquiry Commission on relations between Indigenous Peoples and certain public services in Québec: listening, reconciliation and progress.

Deep wounds exist in the lives of many people who were taught to be ashamed just because they were Indigenous. No amount of settlement money can heal these wounds. This pain has existed for many generations and leads to individuals and communities that are struggling with internalized oppression, substance use, violence, etc.
 
The impact of intergenerational trauma is reinforced by racist attitudes that continue to exist in our  society. Non-Indigenous service providers and judicial actors need to understand how colonial policies have impacted people's lives as well as different institutions, like the criminal justice system. The Gladue decision was rendered specifically for this purpose: because of the significant impact that colonial policies have had on people’s lives.

The Gladue case laid out a method of analysis which sentencing judges must use in determining a fit sentence for Indigenous people. It called judges to pay particular attention to the circumstances of Indigenous people before them because those circumstances are unique and different from those of non-Indigenous people. In order to do so, the Court stated that when sentencing an Indigenous person, a judge must consider:

1.    the unique systemic or background factors which may have played a part in bringing the particular Aboriginal offender before the courts;

2.    the types of sentencing procedures and sanctions which may be appropriate in the circumstances for the offender because of his or her particular Aboriginal heritage or connection

So why is it important to take into consideration the specificity of First Nations, Inuit and Métis realities when talking about the justice system in Canada? And how exactly can the justice system do this? These are questions that we hear often, and courts (and judicial actors in these court rooms) seem to have missed “the unique systemic or background factors” too often.

As Me Denis-Boileau explained so eloquently in a paper to be published, “There are practical and systemic hurdles, there is a scarcity of resources to obtain Gladue reports, often a lack of information on appropriate circumstances and sanctions in these reports, and more importantly, the lack of resources to implement such appropriate procedures and sanctions and the lack of resources to get information on Indigenous communities and Indigenous legal orders.”

We will explore how these unique factors affect individuals and provide solutions for court workers, lawyers and judges as they work to apply the Gladue decision moving forward and make appropriate intervention.

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Centre de justice des Premiers peoples de Montréal

Le Centre de justice des Premiers Peuples de Montréal (CJPPM) a été créé afin de fournir des services aux populations autochtones de Montréal qui ont des démêlés avec la justice. Ces services comprennent des mesures préventives culturellement appropriées, axées sur la communauté ainsi que des services de soutien durant les procédures judiciaires, l'incarcération, la libération et la réintégration. Cette initiative était en grande partie une réponse aux diverses études qui ont révélé ce que plusieurs savaient déjà :les Autochtones sont surreprésentés dans le système judiciaire, un système qui ne comprend aucunement leur situation et qui est extrêmement mal préparé pour leur offrir une réhabilitation efficace et adaptée à leurs besoins et pour les aider à retrouver une vie équilibrée. Travaillant de près avec les membres de la communauté autochtone de Montréal, le CJPPM constate sur le terrain ce qui ne fonctionne pas dans le système judiciaire, et les conséquences néfastes qui en découlent. C'est pourquoi notre mission est à la fois d'accompagner les membres de la communauté dans leurs démêlés avec la justice et d'offrir des alternatives qui améliorent le système judiciaire, en lien avec la culture et la réalité autochtone.

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The First Peoples Justice Centre of Montreal

The First Peoples Justice Centre of Montreal (FPCJM) was created to provide services to Montreal's Aboriginal populations in conflict with the law at all levels. These services include culturally appropriate, community-based preventive measures as well as support services during legal proceedings, incarceration, release and reintegration. This initiative was largely in response to the various studies that had revealed what many already knew, namely that Aboriginal people are over-represented in the justice system and that they are typically involved in a system that has no understanding of their situations and is extremely ill-prepared to offer them effective and responsive rehabilitation and to help them regain a balanced life. Working closely with members of Montreal's Aboriginal community, the FPJCM sees on the ground what is not working in the justice system, and the negative consequences that result. This is why our mission is both to accompany community members in their dealings with the justice system and to offer alternatives that improve the justice system, in keeping with Aboriginal culture and reality.

 


16:00 - 16:30

Mot de clôture

Sénateur Murray Sinclair