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Une planification stratégique s'impose

Comment réussir sa vitrine Internet

Line Durocher, avocate


L'aspect pratique de l'autoroute de l'information a fait l'objet d'un volet particulier lors du colloque organisé par l'AQDIJ en novembre dernier. La mise sur pied d'un site Web a notamment été discuté lors du premier atelier auquel participaient Jacques Caron du Groupe Transcontinental, David Edwards du Groupe DEEV et Me Pascale Mercier du cabinet Lavery de Billy.

Spécialiste de la mise en place de vitrines Internet, Jacques Caron a rappelé que la vitrine Internet (site Web) est d'abord un outil de marketing et de communication. Le site Web sert à expliquer l'entreprise, à accroître sa visibilité. Il est convaincu de l'importance pour les avocats de se mettre à la fine pointe de la technologie pour devenir plus concurrentiel sur le marché mondial. Comment réussir sa vitrine Internet ? Une planification stratégique s'impose. Il faut se poser les mêmes questions que pour tout autre outil promotionnel. L'entreprise doit savoir pourquoi elle veut une présence sur le net, elle doit identifier la clientèle-cible, les produits à offrir et réaliser une étude coût-bénéfice.

Monsieur Caron identifie cinq bonnes raisons pour établir un site Web: cet outil de marketing permet de faire des ajustements, d'occuper un créneau de marché unique, de se familiariser avec le réseau Internet, de répartir ses frais sur toute l'année et de progresser avec le réseau.

La mise en place d'une vitrine Web nécessite réflexion et préparation. En ce sens, il propose de suivre les étapes suivantes: d'abord l'étude d'opportunité, le choix du fournisseur pour établir le plan de marketing, la réflexion sur le contenu et le message, la mise en forme interactive et l'entretien des informations.

Les coûts

Les prix de conception et de développement d'un site Web varient selon l'ampleur du site développé. En moyenne, il faut compter de 1 500 $ à 5,000 $. Pour ceux qui n'ont qu'un petit budget à investir, David Edwards du Groupe DEEV suggère de ne pas reconstruire toute l'image de l'entreprise. Il recommande de faire d'abord l'inventaire des outils promotionnels de l'entreprise et de mettre le tout sous forme électronique. Vous pourrez par la suite décider d'ajouter du nouveau à votre site.

Le succès d'un site s'apprécie en termes d'achalandage ou de «visites». Un site qui donne de l'information sera plus visité que celui qui ne constitue que de la publicité. La créativité et l'originalité seront récompensées. Monsieur Edwards donne en exemple le site de l'étude Martineau Walker qui a fourni un bulletin d'information périodique sur l'état des bébés faucons nichés sur l'édifice Sun Life. Ce site a été répertorié par la NASA comme un site intéressant à visiter pour son engagement à l'égard des espèces en voie de disparition. L'accroissement des visites du site a été exponentiel!

Les aspects juridiques

Le site Web constitue la vitrine de l'entreprise sur le monde. Il importe d'y consacrer toutes les ressources nécessaires. L'aspect légal requiert une attention particulière. Me Pascale Mercier, spécialiste du droit de la propriété intellectuelle et des technologies, a rappelé l'importance de conclure un contrat écrit avec la firme informatique qui mettra en place le site Web. Il ne faut pas hésiter à présenter son propre contrat de mise en place puisque le contrat proposé par les consultants ou les fournisseurs comportent généralement de nombreuses lacunes.

Comme le site est là pour rester, il importe de préserver tous les droits dans l'oeuvre finale. Le site Web est un actif évolutif de l'entreprise. L'entreprise doit garder le contrôle et pleine liberté en regard de la gestion de son site. Il est nécessaire d'avoir en main tous les codes sources et de connaître le nom et la version de tous les outils de programmation qui ont été utilisés lors de la réalisation du site. Au fil des mois et des années, des modifications ou améliorations seront nécessaires en vue de répondre aux commentaires des clients ou pour suivre les courants dominants sur Internet.

Me Mercier a suggéré d'obtenir du serveur des garanties conforme à l'offre de service et de joindre ces documents en annexe du contrat. Elle a aussi suggéré de prévoir la rétention des paiements quelques mois après le lancement du site, histoire de vérifier sa satisfaction.

Me Mercier a recommandé de vérifier la conformité juridique des sites Web (Web-Site Audit) afin de confirmer que l'oeuvre ne viole pas le droit de tiers et que les droits de son auteur ont été divulgués et protégés. Cette vérification devrait être effectuée avant le lancement du site et de façon récurrente par la suite pour les ajouts. Il faut également vérifier si le contenu ne vient pas en contravention d'une loi canadienne ou internationale. On vérifiera notamment la conformité à la Loi des lotteries et courses, la Loi de protection du consommateur, la Loi sur les valeurs mobilières, la Loi sur la concurrence déloyale.

Me Mercier a également conseillé de protéger le plus tôt possible le nom choisi du domaine de l'entreprise (site Web) auprès de l'Internet Network Information (Inter NIC). Les priorités d'enregistrement vont au premier arrivé et valent à l'échelle internationale. Les éléments qui sont disponibles via le site Web de l'entreprise pourront être protégés en terme de droits d'auteurs ou de marques de commerce, incluant les logos. L'utilisation systématique des symboles identifiant ces marques de commerce, marques déposées ou droits d'auteur est recommandé.

Enfin, avec l'avènement du commerce sur l'Internet, un nouveau type de contrat vient d'apparaître: il s'agit du «Web-Wrap» dont l'objectif consiste à protéger les droits du propriétaire du site ainsi qu'à limiter la responsabilité de ce dernier face aux visiteurs du site. On constate aisément que le droit applicable au cyberespace est en totale tranformation puisque l'Internet constitue une langue entre ordinateurs, hors du temps, du lieu et des espaces territoriaux traditionnels.

La stratégie canadienne de l'autoroute de l'information

Monsieur Gérard Desroches a fait un compte-rendu de la stratégie canadienne de l'autoroute de l'information. Le Comité consultatif sur l'autoroute de l'information a été créé par la ministre de l'Industrie, John Manley, en mars 1994. Ce comité est composé de vingt-neuf membres représentant les industries de télécommunications, de la radiodiffusion et des technologies de l'information, les milieux des arts, de la création et de l'éducation, des organismes de consommateurs et des syndicats. Le Comité a pour mandat de conseiller le gouvernement en matière de politiques dans la cadre d'un processus global de planification et de consultation visant à élaborer la stratégie canadienne de l'autoroute de l'information, de contribuer à l'élaboration des politiques publiques et d'évaluer les progrès réalisés.

Le rapport final du Comité consultatif a été déposé en septembre 1995 et a été suivi d'un plan d'action gouvernemental en mai 1996. Le gouvernement fédéral s'est engagé à déposer une loi-cadre nationale sur la protection des renseignements personnels, à établir une stratégie nationale sur l'accès, à la suite d'une consultation publique, à établir une stratégie sur le contenu canadien et une infrastructure de sécurité pour le commerce électronique. Monsieur Desroches a indiqué que la stratégie canadienne est actuellement en chantier.

Collaboration fédérale-provinciale-territoriale

Une première conférence des ministres responsables de l'autoroute de l'information a eu lieu le 30 septembre 1996 à Winnipeg. Un accord sur cinq propositions s'est dégagé de cette rencontre: accès aux services essentiels et à une masse critique de produits et services en français, prestation des services gouvernementaux, protection des renseignements personnels, encourager et faciliter le commerce électronique, et enfin, maintenir une collaboration continue. Le Québec a entériné cet accord sauf en ce qui concerne le second point, soit la prestation des services gouvernementaux, puisqu'il n'a pas encore déterminé sa propre stratégie inforoutière. Me François Lajeunesse du Secrétariat de l'autoroute de l'information du Québec a indiqué que la stratégie québécoise est actuellement en préparation et que le rapport sur cette statégie devrait être rendu public à l'hiver 1997.