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Il a présidé la Commission d'enquête sur le coût des installations olympiques

Hommage au juge Albert H. Malouf

François Alepin, avocat


Rares sont ceux qui ignorent qui était Albert H. Malouf. Son nom évoque l'intégrité, le courage et l'énergie.

Albert H. Malouf
Albert H. Malouf

Ce fils d'immigrant libanais, ayant fait ses études de droit à McGill avec grande distinction, a été reçu au Barreau en 1942. Il s'est immédiatement consacré aux Forces armées canadiennes pendant une période s'échelonnant de août 1942 jusqu'en janvier 1946, où il a été haut gradé et maintes fois décoré. De 1946 à 1950, il a pratiqué le droit avec Me Gérald E. Sullivan. Par la suite, il a été en cabinet de pratique privée avec l'ancien juge de la Cour supérieure Peter-V. Shorteno de 1950 à 1959, oeuvrant surtout en droit commercial, corporatif et en responsabilité civile et contractuelle, la majeure partie de sa clientèle étant constituée d'arabophones. Il a ensuite pratiqué au cabinet Malouf Pateras Macerola et Galileo de 1959 à 1968, cabinet dans lequel ont été associés à différents moments, Me John Ciaccia, Me Michel Taddeo, Me John Farrera, Me Frank Iezzoni qui pratique toujours avec Me Pateras. Le juge Malouf a confié au juge Yvan Macerola, j.c.s., alors qu'ils pratiquaient ensemble, que pour trouver le droit applicable, il analysait la situation de faits et la conclusion logique à laquelle il en arrivait devait pouvoir se confirmer par un article de loi quelque part.

Sa carrière de juge a débuté à la Cour des sessions de la paix de 1968 jusqu'à 1972, s'est poursuivie à la Cour supérieure de 1972 jusqu'à 1981, pour se terminer à la Cour d'appel de 1981 jusqu'à 1991. De retour au Barreau, il s'est beaucoup consacré à la médiation et à l'arbitrage où il était très sollicité. Me Georges Thibodeau, qui était l'un de ses associés au bureau Mackensie Gervais, me racontait qu'il est arrivé plus d'une fois que ses adversaires suggèrent Albert H. Malouf comme médiateur, sans savoir qu'ils suggéraient son associé.

C'est le juge Malouf qui, à la Cour supérieure, a rendu le jugement dans l'affaire Kanatewat. C'est l'un des jugements, dont le raisonnement allié à celui du juge Owen de la Cour d'appel dans le même dossier, qui a établi les règles d'émission d'injonctions provisoires et interlocutoires auxquelles il est fait quotidiennement référence devant les tribunaux.

Le juge Malouf a présidé plusieurs commissions et enquêtes, notamment la Commission d'enquête sur le coût des installations des Jeux olympiques de 1976 à Montréal (de juillet 1977 à mai 1980), la Commission royale d'enquête sur l'industrie de la chasse aux phoques (de juin 1984 à septembre 1986), l'Enquête sur les activités du service de police de la CUM (de mai 1992 à mars 1994), l'Enquête sur la nature de l'intervention du service de police de la CUM en relation avec l'émeute et le pillage qui ont suivi la victoire du club de hockey Le Canadien de Montréal qui remportait la Coupe Stanley le 9 juin 1993 (de juin 1993 à septembre 1993).

Le juge Malouf a été fondateur ou membre du conseil d'administration de plusieurs organismes à but non lucratif, à caractère religieux et à caractère charitable. Il était et sera toujours l'objet d'une grande admiration ainsi que d'une grande fierté pour les membres de la communauté arabophone du Québec, ayant été le premier des leurs à accéder à la magistrature, et à cause de son implication au niveau des organisations libanaises et syriennes de Montréal, telles que la Paroisse St-Sauveur qui est de rites grecs-melkites-catholiques relevant de Rome.

Il s'est marié le 23 décembre 1961 avec Mme Mary Tabah. Ils ont eu deux enfants: Paul et Marc. Le juge Malouf était un grand sportif, pratiquant notamment le golf, le tennis et la natation. Il était également un grand travailleur, ayant d'ailleurs travaillé jusqu'au et y inclus le dernier jour de sa vie, le 8 avril 1997.

C'est fier de l'homme, comme tous les membres de la communauté ethnique d'origine de monsieur le juge Albert H. Malouf, que je rends cet hommage.