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Un projet qui s'inscrit parfaitement dans la mission de la Fondation du Barreau

La bibliothèque du cyberespace

Guylaine Boucher
À la gauche de l'écran, les signets s'alignent, comme autant de rangées de livres à consulter. Quelques mouvements de souris suffisent pour mettre la main sur les documents susceptibles de contribuer au travail à accomplir. Terminées les heures passées à la bibliothèque à scruter les registres, à tenter de trouver l'information tant convoitée. En recréant de toutes pièces, en septembre dernier, une bibliothèque de droit sur Internet, c'est un pan entier du travail des avocats québécois que la Bibliothèque juridique virtuelle du Barreau du Québec risque de transformer.

M<sup>e</sup> Robert Mongeon, président   de la Fondation, et le bâtonnier Jacques Fournie
Me Robert Mongeon, président de la Fondation, et le bâtonnier Jacques Fournie

Kiosque d'information juridique, documentation professionnelle, lois et règlements du Québec, jurisprudence, doctrines, les informations contenues sur le site de la bibliothèque virtuelle sont légion. Et encore, ce n'est qu'un commencement, précise Me Robert Mongeon, président de la Fondation du Barreau du Québec, organisme partenaire du projet.

Amorcé en mai 1998, le projet de la Bibliothèque juridique virtuelle représente en soi le quatrième volet du plan d'action du Barreau du Québec sur la pratique du droit et l'avenir de la profession. « En 1996, explique Robert Mongeon, la problématique à laquelle le Barreau était confronté était double : il fallait, premièrement, convaincre les avocats de prendre le virage technologique et, deuxièmement, trouver une solution aux coûts exponentiels liés au maintien du réseau traditionnel des bibliothèques de droit. Le site Web du Barreau du Québec étant déjà en fonction depuis un an, la solution s'imposait d'elle-même. Internet allait progressivement devenir le nouveau support des bibliothèques de droit partout en province. »

La participation de la Fondation

Dans les faits, ce n'est qu'une fois ces objectifs établis que la Fondation du Barreau du Québec allait prendre part au projet. Une participation qui allait se matérialiser, non seulement par un enrichissement du contenu, mais aussi au niveau financier puisque, à ce jour, la Fondation a investi 70 000 $ dans la réalisation du projet. « C'est que, explique Me Mongeon, le projet de bibliothèque virtuelle s'inscrivait parfaitement dans le volet intérêt public de notre mission. »

De fait, une portion entière du site de la Bibliothèque juridique virtuelle a été spécifiquement conçue de manière à fournir de l'information juridique à monsieur et madame tout le monde. Appelée Kiosque d'information juridique, au moment d'aller sous presse, cette partie du site renfermait d'ailleurs déjà plusieurs capsules d'informations traitant d'au moins quatorze sujets d'intérêt. Des sujets variés, allant de la conciliation à la médiation, en passant par les honoraires d'avocats. Un projet de vulgarisation qui, selon Me Mongeon, s'inscrivait dans « une suite logique de la campagne d'humanisation du droit de la famille réalisée préalablement par la Fondation ». Sans compter, ajoute-t-il, « que de nombreux autres éléments y seront ajoutés ».

Alléger la pratique

Par ailleurs, si c'est d'abord et avant tout la portion destinée au public qui a attiré l'attention de la Fondation, le fait que le projet fournisse de nouveaux outils aux avocats de partout en province ne déplaisait pas non plus au conseil d'administration de l'organisme.

« Malgré le large support que le Barreau du Québec a toujours apporté aux réseaux de bibliothèques traditionnels, les centres de ocumentation juridiques sont encore aujourd'hui carrément absents dans de nombreux endroits au Québec », explique Me Robert Mongeon.

Une autre façon de dire que pour la Fondation du Barreau, la Bibliothèque juridique virtuelle s'est rapidement imposée comme un outil de choix pour les avocats pratiquant à l'extérieur des grands centres urbains. « Le temps où certains avocats ne pouvaient que compter sur les publications du Barreau ou des éditeurs spécialisés est révolu, affirme Me Mongeon. Grâce à la Bibliothèque juridique virtuelle, un seul clic suffit pour avoir accès à tous les textes juridiques de base, nécessaires à la pratique du droit. »

Une affirmation qu'il importe de relativiser, selon Serge Francoeur, bâtonnier du Québec l'an dernier et avocat au sein du cabinet Savard Nadeau à Baie-Comeau. C'est que, même s'il avoue avoir consulté à plusieurs reprises la Bibliothèque juridique virtuelle, Serge Francoeur refuse d'affirmer que ce site d'informations juridiques ne sera utile qu'aux avocats pratiquant en région.

« J'utilise la Bibliothèque virtuelle dans chacune de mes recherches approfondies, mais je ne crois pas que ce soit parce que je pratique en région. Je pense que le site est intéressant pour tout avocat informatisé qui veut trouver des données ou des informations de son bureau, sans avoir à se déplacer. Et c'est vrai, peu importe où qu'il soit au Québec. »

Une opinion que partage partiellement le Me André Gauthier, du cabinet Gauthier, Nepveu, Leblanc et Brouillette de Sept-Îles. C'est que pour celui qui avoue candidement avoir fait un lien direct vers la Bibliothèque juridique virtuelle à son écran, l'utilisateur privilégié du site ne pratique pas nécessairement en région, mais provient, à coup sûr, d'un petit bureau. Et ce, pour une raison très simple, explique-t-il. « Cette nouvelle technologie nous permet d'être à jour sans avoir une immense bibliothèque comme peuvent s'offrir les grands bureaux. »

Une économie d'argent donc, mais aussi de temps, une denrée rare dans un petit bureau, précise André Gauthier. « Notre cabinet compte six avocats. La Bibliothèque juridique virtuelle permet non seulement que nous limitions les dépenses d'achat de livres, qui atteignent quand même 17 à 18 000 $, mais surtout, elle évite que nous nous déplacions pour aller chercher des documents. C'est autant de temps sauvé que nous pouvons investir dans le bureau. »

De là à savoir si, comme André Gauthier et Serge Francoeur, les avocats québécois sont nombreux à utiliser le service, Me Mongeon se fait optimiste. « En un seul mois, nous avons pu enregistrer une moyenne de 224 visites par jour à la Bibliothèque. En tout, le plus récent rapport évalue à 2200 le nombre de visiteurs à avoir visionné le site. C'est considérable, ajoute-t-il, surtout si on tient compte du fait qu'une grande majorité de juristes ignorent jusqu'à l'existence même du site. »

La Bibliothèque juridique virtuelle remplacera-t-elle entièrement les réseaux d'informations traditionnels ? Difficile à dire, répond le président de la Fondation du Barreau. Chose certaine, précise-t-il,
« avec tous les ajouts que nous envisageons déjà d'y apporter, elle sera une source d'informations de plus en plus complète. »

Et pour cause, depuis la mise en ondes du site à la fin de septembre dernier, 7 000 éléments nouveaux y ont été greffés et les modifications continuent. « Avec les logiciels de mot-clé qui sont greffés au site, on pourra bientôt tout trouver, argue Robert Mongeon. Nous aurons accès à une information de qualité, mise à jour de façon continuelle et qui a surtout l'immense avantage d'être disponible sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Ça change beaucoup de choses. »