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Prix Christine-Tourigny du Comité sur les femmes dans la profession

L'honorable Réjane Laberge-Colas

Lise I. Beaudoin, avocate

Le Comité sur les femmes dans la profession a décerné le 5 juin, dans le cadre du Congrès du Barreau 1999, le Prix Christine-Tourigny à l'honorable Réjane Laberge-Colas pour avoir contribué de manière exceptionnelle à la profession juridique, tant par son excellence professionnelle que par son engagement et sa contribution à l'avancement des femmes dans la profession.

L'honorable Réjane Laberge-Colas,   fière de recevoir le Prix Christine-Tourigny
L'honorable Réjane Laberge-Colas, fière de recevoir le Prix Christine-Tourigny

En présentant le prix, la bâtonnière Jocelyne Olivier a tenu à souligner l'étoffe solide et la détermination de pionnière qu'incarne bien la récipiendaire. « Durant toute sa carrière d'avocate, dit-elle, et même après son accession à la magistrature, madame Laberge-Colas a témoigné de son attachement aux valeurs humaines qu'elle chérit : la famille, la foi religieuse, la culture, la justice. Elle a contribué à faire adopter plusieurs réformes sur le statut de la femme et cette femme, cette mère et cette juriste accomplie mérite le prix qui lui est décerné aujourd'hui. » L'honorable Laberge-Colas a, pour sa part, salué l'initiative du Comité d'avoir attribué à son prix le nom d'une grande juriste, l'honorable Christine Tourigny. Et elle a dit espérer que l'on parvienne à l'égalité des sexes dans la profession.

Licenciée en droit (cum laude) de l'Université de Montréal en 1951, elle s'est classée première aux examens du Barreau du Québec en 1952 où elle sera membre jusqu'en 1969. Après avoir passé cinq ans en entreprise privée, elle s'est jointe, en 1957, à l'étude Geoffrion & Prud'homme où elle a agi à titre d'associée. Elle pratiqua le droit jusqu'à son accession à la magistrature en 1969, devenant alors la première femme à être nommée juge à la Cour supérieure. Entre-temps, en 1968, l'honorable Laberge-Colas fut nommée conseillère de la Reine, puis en 1971, l'Université Bishop lui décerna un doctorat en droit civil honoris causa. À la fin de 1994, elle opta pour une retraite anticipée de la magistrature, la même année où elle devint membre du Comité de contestation extraordinaire de l'Accord de libre- échange nord-américain (ALÉNA). Récipiendaire de nombreux prix, elle a notamment été décorée de l'Ordre du Canada en 1998.

Activités professionnelles

Le parcours professionnel de l'honorable Laberge-Colas est ponctué de nombreuses activités. En début de carrière, elle agissait comme conseillère de l'Association du Jeune Barreau de Montréal. De 1962 à 1969, elle devint membre de la Commission de la sécurité publique de la ville de Montréal. Madame Laberge-Colas a démontré en cours de carrière un intérêt particulier pour le droit de la famille alors que de 1964 à 1970, elle a été membre du Comité du droit de la famille de l'Office de révision du Code civil et, en 1968, présidente du Comité du droit de la famille pour la section du Québec de l'Association du Barreau canadien.

Madame Laberge-Colas s'est par la suite engagée au sein de la magistrature. C'est ainsi que, de 1978 à 1982, elle a agi comme trésorière au Comité général des juges de la Cour supérieure avant d'y occuper, de 1982 à 1984, la présidence.

Conscience sociale

Outre ses engagements professionnels, madame la juge Laberge-Colas a démontré une conscience sociale hors du commun, caractérisée par une attirance particulière pour la cause des femmes et des jeunes. En 1966, elle fonda la Fédération des femmes du Québec où elle y œuvra à titre de présidente pendant un an. Par la suite, elle s'activa au sein du Conseil de l'enfance et de la jeunesse du Québec, du Conseil canadien de la consommation, de la Fondation Thérèse-Casgrain, de la Corporation de l'Hôpital Marie-Enfant et des Dames auxiliaires de l'Hôpital Notre-Dame. De 1975 à 1980, madame Laberge-Colas a été membre de l'Association internationale des femmes de carrières juridiques où elle représenta le Canada au Congrès international de cet organisme à Varna, en Bulgarie, à l'occasion de l'Année internationale des femmes, en 1975. De 1970 à 1977, elle a siégé au conseil d'administration de l'Université de Montréal et y est devenue, en 1978, membre honoraire. Plus récemment, l'honorable Laberge-Colas a manifesté un intérêt particulier pour la cause des personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie. En effet, depuis 1989, elle est membre du Conseil des gouverneurs du programme de Portage relatif à la dépendance de la drogue et, depuis 1997, membre du Conseil de revue des programmes de cet organisme.

Distinctions diverses

Madame Laberge-Colas a reçu au fil des ans diverses distinctions, notamment celle de Dame de Grâce et de Dévotion de l'Ordre de Malte et la Décoration papale Pro Ecclesia e Pontificie. En 1982, elle est invitée à Rome pour assister à la canonisation de Mère Marguerite Bourgeoys et, en 1988, elle est nommée par le Gouverneur général du Canada, la Très Honorable Jeanne Sauvé, conseiller spécial auprès du Comité de sélection pour l'Ordre du Canada (1988-1989).

S'adonnant aussi au chant, Mme Laberge-Colas a participé, en 1958, comme contralto soliste et choriste à la tournée européenne du Choeur Bach de Montréal à Paris, Bâle, Bruxelles, Londres et au Festival d'Édimbourg.

Rappelons que le prix attribué par le Comité sur les femmes dans la profession a été décerné pour la première fois l'an dernier à l'honorable Christine Tourigny, juge à la Cour d'appel. À la suite de son décès, survenu le 22 septembre 1998, le Prix d'excellence du Comité sur les femmes dans la profession a été désigné sous le nom de Prix Christine-Tourigny, à la mémoire de sa première récipiendaire.