Offrir des options de facturation, c’est favoriser l’accès à la justice.
Selon un récent sondage Léger Marketing commandé par le Barreau du Québec1, 26 % des Québécois disent avoir déjà été confrontés à une situation où ils ont envisagé avoir recours aux services ou aux conseils d’un avocat ou avocate. Mais l’impression que ça allait coûter trop cher en a fait reculer 50 % d’entre eux.
Ouvrez le dialogue sur la facturation
Comment abordez-vous la question de la facturation avec votre clientèle?
Des avocates et avocats proposent déjà des modes alternatifs de facturation. Nous les avons rencontrés. Leurs témoignages éclairants seront disponibles ici, très bientôt.
Aidez votre client à prévoir les coûts.
Les gens ont beaucoup de questions, et consulter un avocat ou une avocate peut être intimidant. Plusieurs repartent sans avoir osé demander ce que ça va vraiment coûter.
Ainsi, l’initiative de briser la glace vous appartient. Ouvrez le dialogue sur la facturation sur votre site Web et dès la première rencontre, avec ouverture et bienveillance. Levez l’obstacle à leur place.
Pour aller encore plus loin, explorez avec votre client les modes de facturation qui lui conviennent le mieux. Le tarif horaire n'est pas l'unique option : un forfait pour une consultation initiale, un montant fixe pour un service bien délimité comme la rédaction d'un contrat ou une mise en demeure peuvent faire toute la différence entre un client qui choisit de vous mandater et un client qui choisit de repartir sans accompagnement. Certains contextes se prêtent aussi à une entente conditionnelle. Présenter les possibilités dès le départ, c'est montrer que vous êtes disposés à chercher une solution accommodante et plus prévisible que la facturation à l’heure.
________________________________________
1 Sondage Léger Marketing mené pour le Barreau du Québec, réalisé auprès des Québécois du 8 au 10 mai 2026, en utilisant échantillon représentatif de 1 050 répondants résidant au Québec, âgés de 18 ans et plus, et pouvant s’exprimer en français ou en anglais. La marge d'erreur ne dépasse pas ±3 % (19 fois sur 20).
Le saviez-vous?
Les Québécois estiment que faire appel à un avocat pour une situation juridique peu complexe coûte en moyenne 2 900 $.
Les facteurs influençant cette perception sont : l'expérience de l’entourage (15 %), l’expérience personnelle (15 %), la connaissance des honoraires demandés (13 %), l’impression que les avocats coûtent cher ou que leurs honoraires sont élevés (13 %), l’intuition (11 %).
Sondage Léger Marketing x Barreau du Québec, mai 2026
Q. Combien pensez-vous que ça coûte en moyenne de faire appel à un avocat pour un dossier simple?
« Consulter un avocat peut déjà être intimidant. Ne pas savoir ce que ça va coûter l’est encore davantage. Mais quand les frais sont prévisibles dès le départ, quelque chose change : la valeur conseil gagne en importance. »
Aborder la question des honoraires dès le premier contact, c’est poser un acte professionnel et éthique.
Initier la conversation sur les honoraires dès la première rencontre évite les incompréhensions en cours de mandat
Proposer différentes options tarifaires témoigne d'une approche centrée sur les besoins réels de la clientèle
Une communication claire sur les modes de facturation renforce la crédibilité professionnelle de l’avocat et l’avocate
Le dialogue sur la facturation est un levier de fidélisation et de satisfaction de la clientèle.
Place aux alternatives
Diversifier vos modes de facturation, c’est lever un frein à la consultation. La facturation horaire est depuis longtemps la norme, et pour bien des citoyens et citoyennes, elle représente encore une barrière à consulter un avocat ou une avocate.
Le mandat à montant forfaitaire : un montant fixe convenu à l'avance pour un service délimité, qui offre à votre client la prévisibilité dont il ou elle a besoin pour franchir le pas
Le mandant avec prix plafond : un taux horaire s'applique, mais le total ne peut dépasser un maximum établi dès le départ, rassurant le client ou la cliente sur l'étendue de son engagement financier
Le mandat à portée limitée : vous intervenez uniquement sur une partie du dossier, permettant à la personne d'être accompagnée là où elle en a le plus besoin, selon ses moyens
Le mandat à pourcentage : vous acceptez d’être rémunéré en fonction d’un pourcentage de la somme qu’un client peut recevoir dans une cause avec une entente au cas où le client ne reçoit aucune somme d’argent.
Le mandat par étape : vous traitez un dossier en plusieurs phases et chaque étape est évaluée séparément et peut être facturée au fur et à mesure.
Ces formules existent, et elles sont encadrées. Les proposer au bon moment, c’est permettre à plus de personnes de bénéficier d'un accompagnement juridique mieux adapté à leur réalité.
Bien commencer avec une convention et un budget d’honoraires
La convention d'honoraires est bien plus qu'un document administratif. Utilisée pour ouvrir le dialogue dès l'ouverture du dossier, elle fixe un cadre clair et prévisible pour les étapes à venir.
Elle permet de discuter des modes de facturation pertinents à différentes étapes (taux horaire, forfait, honoraires de résultat, etc.). Bien rédigée, elle réduit significativement le risque de surprises sur les honoraires en fin de mandat.
La convention d'honoraires, c'est un outil de communication. Utilisez-la!
Les avocats et avocates sont les premiers garants de l’accès à la justice
En professionnels responsables, l’avocat et l’avocate se doivent d'adopter des méthodes de travail efficientes et des outils adaptés, notamment en matière de modes de facturation. Cela n’est pas incompatible avec une pratique rentable : c’est au contraire ce qui distingue une profession engagée dans sa mission de service public de justice.