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Dossiers Tuesday, May 5, 2026

Se donner le droit de découvrir

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Par Julie Perreault

Pour Me Liane Roy-Castonguay, directrice générale d’Accroche-cœur, centre de pédiatrie sociale en communauté Gaspésie Sud, opter pour des études en droit allait de soi.

Non pas qu’elle provenait d’une longue lignée de juristes. Mais la profession lui apparaissait comme un milieu de travail correspondant à ses propres valeurs d’équité et de justice. Elle savait qu’en choisissant cette carrière, elle serait en mesure de contribuer à rendre la société plus juste, et son parcours le démontre bien.

Me  Liane Roy-Castonguay

Directrice générale d’Accroche-cœur

Partir pour mieux revenir

Après avoir terminé ses études collégiales, la future avocate choisit d’effectuer son parcours universitaire à l’Université de Sherbrooke. «  Je suis une fille de région. Étant native de Mont-Joli, pour moi, cela m’apparaissait évident que j’allais poursuivre mes études dans une université hors des grands centres urbains. Sherbrooke représentait cela pour moi  : à la fois un milieu académique stimulant et à proximité de la nature  », explique-t-elle. Par la suite, Me  Roy-Castonguay complète des études supérieures à l’Université Laval avant d’entamer sa carrière.

Fidèle à ses convictions, elle se joint d’abord au bureau d’aide juridique à Rimouski à titre de stagiaire en droit. Après avoir œuvré pour diverses organisations parapubliques, elle fait ensuite le saut dans l’univers communautaire. En 2013, elle intègre le Centre de justice de proximité du Bas-Saint-Laurent (devenu Info Justice Bas-Saint-Laurent) en tant que juriste et directrice générale par intérim. Cette expérience l’amène à accepter un poste de directrice générale au Centre de justice de proximité Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (devenu Info Justice Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine).

Au soutien des droits des enfants

C’est durant cette même période que Liane Roy-Castonguay décide de s’impliquer auprès du conseil d’administration d’Accroche-cœur.

«  J’ai été vice-présidente sur le conseil d’administration lors de l’implantation du centre. Je trouvais que c’était une plus-value pour le secteur de Gaspésie Sud d’avoir un centre de pédiatrie sociale. C’est une tout autre approche. C’est vraiment une communauté qui se place autour de l’enfant pour offrir des services tout en respectant les droits de l’enfant. Cette conception différente m’a interpellée.  »

Me Liane Roy-Castonguay

En 2022, l’avocate choisit de laisser sa place au sein du conseil d’administration. Dans l’intervalle, elle poursuit son travail de directrice jusqu’à son départ en 2023. Mais, comme le dit l’adage, lorsqu’une porte se ferme, une autre s’ouvre. Elle décroche, quelques mois plus tard, un poste d’enseignante au collégial, plus précisément en techniques juridiques au Cégep de la Gaspésie et des Îles.

Entretemps, l’organisme dans lequel elle avait mis tant d’énergie connaît une belle croissance. Mais la directrice en poste quitte ses fonctions… Voyant l’offre d’emploi et toujours aussi convaincue de la mission d’Accroche-cœur, Me  Roy-Castonguay communique avec ses anciens collègues qui accueillent sa candidature avec joie.

Une manière différente de mettre ses aptitudes juridiques au service de la population

Voilà maintenant plus d’un an que l’avocate occupe son nouveau poste. Si son quotidien n’est plus entièrement consacré au droit, son bagage et ses compétences de juriste sont néanmoins mis à profit pratiquement tous les jours. «  En tant qu’avocats, nous sommes appelés à faire beaucoup de recherche, d’analyse et de rédaction. Ces aptitudes me servent énormément dans mon travail. Dans mon quotidien, je dois m’assurer, notamment, que mon conseil d’administration est bien outillé et informé, que les procès-verbaux sont bien rédigés, etc.  », cite en exemple Me  Roy-Castonguay.

Cependant, son rôle comporte aussi un volet important de gestion. Malgré une formation universitaire en droit qui couvre une pluralité de matières, cette dernière concède que ce n’est pas parce qu’on est un bon juriste qu’on est automatiquement un bon gestionnaire. «  Il faut être très prudent et humble, car dans un rôle comme le mien — et dans les personnes morales sans but lucratif avec de plus petites équipes —, il y a souvent plusieurs chapeaux à porter. Dans mon cas, ce n’est pas toujours évident de gérer les deux volets et les standards d’excellence qui se rattachent au fait d’être membre du Barreau du Québec  », explique cette dernière.

Mais l’avocate y arrive tout de même et voit dans sa rigueur juridique un atout qui l’a aidée et l’aide toujours dans son quotidien professionnel. «  En ce qui concerne notre centre, nous sommes une entité communautaire qui offre des services professionnels psychosociaux, médicaux, etc., ce qui ajoute un niveau de complexité avec les obligations de confidentialité et l’accès aux dossiers, notamment. Mon bagage en droit me permet de mieux gérer ce “grand chapeau“ de conformité et de référer lorsque nécessaire  », souligne la juriste.

En somme, le droit a été et demeure le fil conducteur professionnel de la carrière de Me  Roy-Castonguay. Si, de prime abord, on associe l’image de la pratique à celle d’avocats et d’avocates assis derrière un bureau, le droit demeure tout de même un univers de possibilités, comme le résume cette dernière.

«  Je ne sais pas comment est perçu le domaine du droit par les jeunes générations. Mais ce que je leur dirais, c’est  : allez découvrir, soyez curieux. Il y a des matières que j’ai adorées à l’université et détestées sur le terrain. Aussi, ce n’est pas parce que ça ne fonctionne pas ici et maintenant que ça ne fonctionnera pas ailleurs. En droit, il y a tout un éventail de possibilités. Il suffit d’aller découvrir.  »

Me Liane Roy-Castonguay
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